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Enfin, tous les albums de Led Zeppelin (albums studios, je précise) sont réédités en remastérisé, avec bonus-tracks ! C'est en effet le 31 juillet dernier (il y à donc vraiment peu de temps) que les trois derniers albums du groupe qu'il restait sont enfin sortis en plusieurs versions : une 'classique' avec le disque de l'album et le disque bonus (le fameux companion disc comme il est indiqué) et une édition collector monstrueuse en gros coffret avec le disque en CD, le disque en vinyle, un bon gros livret, des photos et documents divers et variés, le disque bonus et, il me semble, un DVD (voire deux). Le prix de chaque coffret étant d'environ 100/120 €, et mon budget étant plus serré qu'un cul de jeune détenu apeuré venant d'être enfermé dans la même cellule que trois gros bras affamés et teigneux, je n'ai hélas en ma possession aucun des 9 coffrets (un par album studio ; le double live The Song Remains The Same, réédité avec titres supplémentaires et son amélioré en 2007, n'a pas été réédité à nouveau), ce que je regrette, surtout concernant celui de Physical Graffiti. Mais je possède chaque album dans sa version double (je les possède aussi dans leurs anciennes éditions CD, et pour 7 d'entre eux - en comptant le live parmi eux -, en vinyle), et comme j'avais abordé ici, à trois reprises, les disques bonus de ces rééditions, au fur et à mesure des vagues (la première, pour les trois premiers albums, en juin 2014 - la seconde, vers octobre/novembre, pour les deux albums suivants ; la dernière, pour Physical Graffiti, en février dernier), voici donc le quatrième et ultime article abordant ces disques bonus des rééditions zeppeliniennes : celles de Presence (1976), In Through The Out Door (1979) et de CODA (1982). Chaque album se présente dans un boîtier digipack multi-volets (sauf un, j'en reparle plus bas), avec la reproduction, en négatif, du recto de pochette au verso (et, dans l'ensemble, une reproduction de l'intérieur de pochette dans l'intérieur du boîtier), avec un livret de photos. Seul reproche, comme pour les autres rééditions : aucun texte dans le livret, pas de notes de pochettes qui auraient pu, si elles avaient existé, être signées Jimmy Page... C'est dommage, dans l'ensemble, comme je l'avais déjà dit auparavant dans les autres articles sur les rééditions.

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Il y à des choses à dire, et autant commencer par Presence, car c'est, après tout, le premier des trois albums quil restait à rééditer. Concernant l'album en lui-même, je n'en parlerai pas ici, il a été très correctement remastérisé, et on notera juste qu'entre l'ancienne édition CD et celle-ci, 19 secondes supplémentaires ont été rajoutées (l'ancien CD fait 44,30 minutes, celui-ci, 44,49 !). Mais on ne s'en rend pas compte à l'écoute, évidemment. Pour le boîtier, la seule chose de négative à dire, c'est qu le verso de pochette originale (la photo des deux enfants dans une salle de classe, avec leur vieille maîtresse d'école et le fameux 'monolithe' que l'on retrouve partout sur l'artwork de pochette) n'est pas reproduit dans le livret et/ou boîtier, mais on a bien les photos de l'intérieur de pochette (et on a plein de photos du groupe sur scène en 1977, pendant la tournée de l'album). Le disque bonus, le companion disc, est un des plus courts du catalogue des rééditions, aussi bien pour le nombre de morceaux (pour le coup, c'est celui qui en offre le moins) que pour sa durée : il dure, en effet, 31 minutes, et ce, pour seulement 5 titres. C'est un des cas, pour les rééditions, où on aurait très bien pu mettre les titres bonus sur le même CD que l'album original (c'est aussi le cas pour les disques bonus de Led Zeppelin II et de Houses Of The Holy, ainsi que pour CODA, même si pour CODA, c'est encore un peu différent, mais j'en reparle plus bas), mais bon, pour des soucis de linéarité, il fallait un disque à part pour les bonus. L'enregistrement de l'album ayant été fait assez vite, et dans des conditions difficiles (se référer à mon article sur l'album Presence, et à Internet en général, pour en savoir plus), il y à donc peu de rajouts sur ce disque bonus. Un seul morceau, sur les 5, est inédit : un instrumental remarquable, très doux et calme, à base de piano (ça s'emballe un peu vers la fin, mais rien de heavy) et long de plus de 6 minutes intitulé, étrangement, 10 Ribs & All/Carrot Pod Pod (Pod). Le reste de ce companion disc à la qualité audio excellente ne propose que des prises alternatives et rough mixes de 4 des 7 titres de l'album. Pour Royal Orleans, c'est une version alternative interprétée par je ne sais trop qui (Page ? Bonham ? Jones ?), mais pas par Plant. Une voix éraillée, comme caricaturale, surtout au début. On a l'impression que le groupe s'est amusé, ici (musicalement, c'est pareil au morceau final : seule la prise de voix change), mais le résultat est un peu, comment dire...marrant, mais parfois pénible. Pour For Your Life, Hots On For Nowhere, c'est assez similaire au résultat final. Et on a Achilles Last Stand, nommé ici de son ancien titre Two Ones Are Won. Les paroles sont, il me semble, identiques. En fait, si on excepte quelques variations dans le solo de guitare et les vocalises de Plant vers la fin, cette version est grosso merdo identique à l'originale, tellement, même, que je me suis demandé si je ne m'étais pas fait refiler le disque de l'album à la place du disque bonus (cette version alternative d'Achilles Last Stand ouvrant le disque bonus, comme la version originale ouvre Presence) ! Bref, dans l'ensemble, ce disque bonus est décevant, car un seul morceau vraiment inédit, le reste ne proposant que des version vraiment très similaires aux versions définitives (sauf Royal Orleans, mais cette version n'est pas terrible). A la place, j'aurais aimé quelqus titres live issus des concerts de la tournée 1977... bon, pour ça, je possède plusieurs bootlegs, donc ça va...

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In Through The Out Door, maintenant. Visuellement, c'est assez différent des autres rééditions, il faut commencer par là. L'album, à l'époque (1979), fut vendu dans une surpochette de papier kraft (avec titre et, au dos, liste des morceaux), et la pochette, simple, proposait une vue d'un homme accoudé à un comptoir de bistrot un peu cradingue. En fait, six vues différentes, pour six pochettes différentes, l'acheteur, au moment de prendre le disque dans sa pochette kraft, ne sachant pas quel visuel il allait avoir. Pour le CD, non seulement le kraft fut viré, mais une pochette fut sélectionnée, et une seule. C'est aussi le cas pour cette réédition, mais on a repris la surpochette de kraft. Dans cette pochette, on a le boîtier cartonné simple de l'album original, le boîtier cartonné simple (en pochette négative, visuel ci-dessus) du companion disc, et entre les deux, le livret. C'eest donc le seul cas où on a deux pochettes au lieu d'une, pour la réédition du catalogue (je ne compte pas Physical Graffiti, pour lequel fut reproduit, en CD, l'artwork original). Là encore, je ne parlerai pas du disque original, si ce n'est pour dire qu'il a été aussi correctement remastérisé que le reste. Le disque bonus propose, pour une durée similaire à l'album original (soit 42 minutes), 7 titres, soit autant que l'album. Ce qui n'est pas étonnant, car le disque bonus ne fait que proposer des versions alternatives des 7 morceaux de l'album, dans le même ordre ! Si certains titres peuvent paraître trompeurs (The Hook pour All My Love, The Epic pour Carouselambra, South Bound Piano pour South Bound Saurez, Blot pour I'm Gonna Crawl), dans l'ensemble, on a affaire ici à la même chose que l'album. Durées similaires (comme je l'ai dit, les deux disques font, à quelques secondes près, la même durée) et vraiment peu, très peu de distinction à faire entre l'original et le rough mix ou version alternative. Les paroles sont les mêmes, on a l'impression d'écouter deux fois de suite (si on écoute l'album et ensuite le disque bonus) le même album. Quand on sait que cet album n'est pas du tout le meilleur du groupe (si on excepte CODA, disque de chutes de studio, c'est même leur pire album), on gémit un peu... Il n'y à que pour The Epic (Carouselambra) qu'à la rigueur, on a des différences, vers la fin. Niveau qualité audio, c'est très bon, parfois un peu moins bien que pour l'album original, mais quand même de bonne qualité. Niveau offre, ce disque bonus, en revanche, est un bon gros foutage de gueule, et clairement le moins intéressant de l'ensemble du catalogue des rééditions... Cette réédition 2015 n'est à conseiller donc qu'aux fans hardcore de Led Zeppelin. Pour les autres, si vous avez l'ancieen CD, restez-en là.

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Enfin, le cas de CODA. Sorti en 1982 sous une des pochettes les plus abominables jamais faites (reproduite en négatif ci-dessus, c'est le verso du boîtier de la réédition), cet album n'en est pas vraiment un : c'est en réalité un disque de chutes de studio, 33 minutes (oui, il est très court) constituées de morceaux issus des sessions de 1970, 1972 et 1978 (plus un titre de 1976 enregistré à Montreux), des morceaux qui, à l'époque, ne furent pas utilisés soit parce que le groupe ne les estimait pas bons, soit par manque de place, soit parce que non finalisés (certains le seront en studio en 1981/82,pour être mis sur CODA). Encore une fois, je ne parlerai pas en détail de l'album : il a été bien remastérisé, comme les autres. Qualitativement, c'est dans l'ensemble assez médiocre, surtout sur sa seconde face (titres 5 à 8). Le disque bonus, en revanche, il y à des choses à dire. Enfin, les disques bonus, car il y en à deux. Champagne ! Mais en fait, non, pas champagne, car la durée de ces deux companion discs est de respectivement 30 et 33 minutes, ce qui signifie qu'en fait, un seul disque bonus aurait pu être utilisé au lieu de deux. La réédition de CODA est vendue aux alentours de 20 € au lieu des 16 ou 17 € pour les autres (Physical Graffiti, triple CD lui aussi car double album à la base, excepté, encore une fois), et cette hausse de prix n'est pas justifiée car ces deux disques bonus ne le sont pas. Là, c'est vraiment un gros coup de gueule de ma part (si on rajoute le fait que le second disque, glissé dans l'intérieur du volet central avec le livret, n'est pas évident à prendre sans risquer, un jour, d'user la pochette et de la déchirer, ça en rajoute au coup de gueule). Musicalement parlant, en revanche, ces deux disques (respectivement 8 et 7 titres) sont du Grand Art. Oui, OK, cette version alternative dite work in progress de Bonzo's Montreux, ou cette prise rough mix et instrumentale de Walter's Walk, sans oublier cette version alternative (et très similaire à l'originale) de We're Gonna Groove - trois morceaux issus de CODA - ne sont pas essentielles. Mais le reste... On a une prise rough mix de Everybody Makes It Through, futur In The Light, qui est excellente (la réédition de Physical Graffiti en proposait une autre, pas la même, je le précise, car plus courte) ; on a un rough mix remarquable de Bring It On Home qui est selon moi supérieur au morceau original, voilà c'est dit ; on a une prise rough mix de When The Levee Breaks, encore appelée If It Keeps On Raining ; on a un instrumental saisissant, St. Tristan's Sword, datant de 1970 ; on a surtout ces raretés que sont Sugar Mama, Baby Come On Home et Hey Hey, What Can I Do, ce dernier ayant été publié en 1970 en face B d'Immigrant Song (une ancienne édition CD de CODA, présente dans un coffret d'intégrale, le proposait). Last but certainly not least, le deuxième companion disc s'ouvre sur deux titres enregistrés en 1972 à Bombay, en Inde, avec l'orchestre symphonique local : Four Sticks (renommé Four Hands ; seul l'orchestre joue sur cette version instrumentale) et Friends (chanté). Sublimissime et culte. Voilà de quoi faire un peu pardonner le fait qu'on ait deux disques bonus pour la valeur d'un seul (64 minutes en tout, en deux disques). Voilà, aussi, de quoi faire pardonner le ratage du disque original, et le ratage du disque bonus d'In Through The Out Door, ainsi que la platitude du disque bonus de Presence et de Led Zeppelin II. Cette réédition de CODA est probablement la plus réussie, en gros, de l'entier catalogue réédité de Led Zeppelin, ce qui est paradoxal quand on sait que l'album concerné est leur pire !

Presence :

Two Ones Are Won (Achilles Last Stand)

For Your Life

10 Ribs & All/Carrot Pod Pod (Pod)

Royal Orleans

Hots On For Nowhere

In Through The Out Door :

In The Evening

South Bound Piano (Suth Bound Saurez)

Fool In The Rain

Hot Dog

The Epic (Carouselambra)

The Hook (All My Love)

Blot (I'm Gonna Crawl)

CODA :

CD 1

We're Gonna Groove (alternate version)

If It Keeps On Raining (When The Levee Breaks)

Bonzo's Montreux (alternate)

Baby Come On Home

Sugar Mama

Poor Tom (instrumental)

Travelling Riverside Blues

Hey Hey, What Can I Do

CD 2

Four Hands (Four Sticks) - Bombay 1972

Friends - Bombay 1972

St. Tristan's Sword (rough mix, instrumental)

Desire (The Wanton Song) - rough mix

Bring It On Home (rough mix)

Walter's Walk (rough mix, instrumental)

Everybody Makes It Through (In The Light) - rough mix