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Définitivement la moins connue et appréciée des périodes de la carrière de David Bowie, cette période 1988/1992, alias période Tin Machine... Période pendant laquelle Bowie lâcha complètement (enfin, sauf une tournée mondiale en 1990) sa carrière solo pour se consacrer à un groupe qu'il fonda avec les frangins Tony (basse) et Hunt (batterie) Sales (qui, en 1977, jouèrent sur le Lust For Life d'Iggy Pop produit par Bowie), et le guitariste Reeves Gabrels (lequel continuera de jouer avec Bowie durant toutes les années 90), ce fameux Tin Machine. Le premier album du groupe, éponyme, est sorti en 1989, et est à l'heure actuelle le seul à être encore disponible dans le commerce traditionnel, car le seul à avoir été réédité dans la série des albums de Bowie (et, d'ailleurs, en tant qu'album de Bowie, pas de Tin Machine). C'est un excellent album, très rock (Tin Machine est un pur groupe de rock, un retour aux sources pour Bowie), avec quelques chansons absolument grandioses : I Can't Read, Under The God, Crack City, Baby Can Dance, Prisoner Of Love, Run... En 1991, toujours sous la houlette du producteur Tim Palmer (oui, j'ai oublié de le dire, mais c'est lui qui a produit le premier opus du groupe !), Tin Machine publie son deuxième album studio, sobrement intitulé Tin Machine II. La pochette est nettement moins sobre, on voit une rangée de quatre statues antiques de type Kouros, nues (comme toute statue antique qui se doit), les choses de la vie certes molles, mais bien en vue (cette pochette sera censurée, on s'en doute, dans certains pays, où on floutera les bites des statues). Cet album et le suivant (un live de 1992, qui sera le dernier album de Tin Machine avant que Bowie ne revienne à sa carrière solo en 1993, définitivement) n'est pas disponible dans le commerce à l'heure actuelle, ou alors, en occasion sur le Net ou en magasins spécialisés, des anciennes éditions d'époque. Sans doute parce que cet album et le suivant ont été édités sur le label Victory Music, et pas sur EMI...

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Reeves, Tony et Hunt, Bowie

La période Tin Machine fut plutôt bien accueillie par la presse à l'époque (le Live : Oy Vey, Baby de 1992 fut même élu Disque du Mois de Rock'n'Folk à sa sortie), mais commercialement parlant, ce ne fut pas la panacée, et on ne s'étonnera donc pas qu'elle soit aussi peu connue de nos jours (une fois Tin Machine fini, Bowie ne chantera plus jamais aucun titre de cette période, sauf I Can't Read une fois ou deux, en live ; c'est regrettable). A sa sortie, Tin Machine II fut bien accueilli, mais ne marchera pas des masses, moins que le premier opus qui, lui aussi, ne cassera pas la baraque. Long de 49 minutes, cet album très bien produit et très rock est pourtant meilleur que le premier, lequel était déjà une belle réussite dans son genre, pas parfait (une reprise un peu trop tapageuse du Working Class Hero de Lennon, et deux-trois chansons un peu anodines), mais franchement loin d'être honteux. Mais là, c'est vraiment du bon boulot. On notera que Hunt Sales, le batteur, chante à deux reprises ici, sur Stateside (le morceau le plus long de l'album avec 5.30 minutes, assz bluesy, enfin, bluesy pour Tin Machine et Bowie, bien entendu) et sur le nettement plus court et franchement génial Sorry (Stateside, quant à lui, est très très bon). Le reste, c'est Bowie, qui tient guitare, claviers et saxophone, selon les occasions (la guitare principale, c'est Gabrels). Au programme de cet album, de vrais morceaux de choix qui ne sont connus que des fans de Bowie : Baby Universal (bien cintré en ouverture !), le très pop One Shot, le remarquable You Belong In Rock'n'Roll, le fantastique Amlapura, les simplistes mais efficaces Shopping For Girls et A Big Hurt, le sublime Goodbye Mr. Ed, et une reprise, If There Is Something, chanson du répertoire de Roxy Music (issue de leur premier album, de 1972), qui, très nerveuse, est vraiment géniale. Seule You Can't Talk est un peu anodine, et encore... A noter qu'un morceau caché d'une minute, instrumental, à base de guitare et de saxo, est en final de l'album, en treizième piste : Hammerhead.

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Verso du livret CD

Accompagné d'une tournée mondiale du nom de It's My Life Tour (allusion au verso de pochette de l'album), Tin Machine II est donc un album plus abouti que le précédent opus, ce qui ne l'empêche pas d'être, globalement, ultra méconnu et même franchement négligé, les gens ayant généralement tendance à passer de Never Let Me Down (1987) à Black Tie White Noise (1993), quand ils écoutent Bowie et/ou découvrent sa discographie. Bien sûr, le fait que cet album et le suivant (le live, que j'aborde prochainement) ne soient, aujourd'hui, pas évidents à trouver dans le commerce y est pour quelque chose, mais Internet, ça existe, les mecs. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore cet album (et cette période de Bowie en général), et qui ont envie de prendre le temps d'essayer de le trouver quelque part (Web, magasin spécialisé en occasions...), vous ne le regretterez pas. Ne révolutionnant rien, cette période de Bowie lui a cependant permis de revenir aux bases, du rock pur et dur, à mille lieues des dérives pop/dance de la période 1983/87, période dans l'ensemble abominable. Le retour aux affaires en solo, pour Bowie, aura lieu en 1993, suite à la fin de Tin Machine, le batteur du groupe, Hunt Sales, ayant des problèmes de came et le groupe devenant ainsi difficilement gérable. Bowie mettra deux ans avant de revenir au niveau vraiment remarquable qu'il a sur Tin Machine II. Et donc, en final de cette période, un an après cet album, en 1992, sortira un live que j'aborde bientôt, live bien représentatif, d'ailleurs, car on y trouve 4 morceaux par album de Tin Machine (soit, oui, 8 en tout).

Baby Universal

One Shot

You Belong In Rock'n'Roll

If There Is Something

Amlapura

Betty Wrong

You Can't Talk

Stateside

Shopping For Girls

A Big Hurt

Sorry

Goodbye Mr. Ed

Hammerhead