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Et c'est reparti pour un tour : encore une compilation de John Lennon sur le blog. Après Shaved Fish (1975), après The John Lennon Collection (1982), après Legend (1997), après Working Class Hero : The Definitive (2005), place à Gimme Some Truth. Contrairement aux autres best-ofs cités, celui-ci, de 2010, et publié à l'occasion de la réédition, en remastérisé, du catalogue solo de John Lennon (disques avant-gardistes de 1968/69 et albums posthumes exceptés, sauf Milk And Honey qui fut réédité avec les autres), est un coffret, en l'occurrence, de 4 CDs bien remplis (70 minutes chacun, sauf le dernier, un chouïa moins d'une heure). Ce n'est bien évidemment pas le premier coffret anthologique concernant Lennon : en 1990, un gros coffret de 4 CDs, intitulé sobrement Lennon, était sorti, et avait vocation d'être une intégrale, même si ce n'était heureusement pas indiqué tel quel sur le boîtier (pourquoi 'heureusement' ? parce que c'était tout sauf une intégrale, vu le nombre de morceaux qui manquaient : des albums comme Mind Games ou Some Time In New York City n'étaient représentés que par trois ou quatre de leurs morceaux...). Par la suite, en 1998, un lourd coffret intitulé Lennon Anthology est sorti, reprenant le principe de la fameuse Anthology des Beatles : pas un vrai best-of, mais un florilège de morceaux inédits, ou peu connus, ou surtout, des versions inédites, démos studio, versions live (rares : Lennon ne fera pas beaucoup de concerts durant sa carrière solo, et peu d'entre eux furent enregistrés, donc ça limite), alternatives (comme I'm Losing You, issu de Double Fantasy, mais dans une autre version, enregistrée avec le groupe de hard-rock FM Cheap Trick). Là aussi, si je ne m'abuse, 4 CDs. Et on arrive donc à 2010, et à ce coffret 4 CDs que je me suis payé, tout récemment (le coffret est encore chaud, chez moi, ah ah ah), pour la modique (et peu fréquente, pour un coffret de la sorte) somme de 20 €, j'ai fait une vraie affaire surtout que le coffret était encore emballé, avec, à l'intérieur, la petite carte indiquant un code secret pour aller sur un site web consacré à Lennon (hélas, la validité du code allait jusqu'à 2012...mais bon, je le savais déjà).

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Verso du coffret

Ce coffret est une sorte de bande-annonce pour un gros coffret (Signature) sorti en même temps, et regroupant vraiment l'intégrale studio rééditée, les albums qui sont, évidemment, disponible aussi séparément. Un best-of simple, sorte de version 'best-of du best-of' de ce coffret, sortira aussi en même temps, Power To The People - The Hits. Même design sobre (pour le lettrage, le fond blanc). Gimme Some Truth, quant à lui, il faut vraiment que je commence à en parler maintenant car après tout c'est lui que j'aborde, est un objet conseillé à la fois aux fans de Lennon, c'est à dire à celles et ceux qui possèdent déjà les albums, et aux néophytes, qui ne le connaissent pas bien, qui ne savent, de lui, que deux-trois chansons comme Imagine, Woman ou Instant Karma ! (We All Shine On). Les premirs apprécieront de se promener dans l'univers de leur chanteur préféré (ou en tout cas, d'un chanteur qu'ils adorent, pour le moins) en prenant des chemins de traverse (et quand la nuit est tommbée, sur la voie ferrée, on sera bieng loin de la villeu - couché, Francis - qui n'a pas compris la vanne ?), et les autres découvriront ici le must du must du meilleur du binoclard, certains de ses albums étant même, ici, dans le désordre, représentés en intégralité (John Lennon/Plastic Ono Band, Rock'n'Roll), et d'autres, en quasi-totalité, à un ou deux titres près (Imagine, moins un titre ; Walls And Bridges, moins 2, en comptant Ya Ya, qui ne dure qu'une minute et ne compte pas vraiment, et que l'on trouve aussi, en une version plus classique, sur Rock'n'Roll). Et pour les autres, on a le meilleur du meilleur des albums. De plus, chacun des 4 disques (des pochettes cartonnées simples s'ouvrant parle haut, accompagnées d'un livret, le tout dans le coffret en forme de fourreau, rien de révolutionnaire) est thématique et titré : un disque sur les chansons engagées, un autre sur les relations de Lennon avec les femmes de sa vie (sa mère, Yoko, May Pang), un autre, plus généraliste, sur le ressenti de Lennon sur sa vie, son entourage, et un dernier, consacré au bon vieux rock'n'roll (avec notamment tout l'album de reprises du genre, Rock'n'Roll de 1975, dans le désordre). On peut donc soit écouter les disques dans l'ordre, soit décider de n'écouter que la portion lennonienne qui nous branche le plus à ce moment (du genre tiens, je me referais bien un peu de Lennon engagé et contestataire, ou bien le Lennon amoureux de Yoko, tendre et passionné, c'est bien aussi). Chacun des CDs contient 18 titres, ce qui en fait donc 72 en tout, pour environ 270 minutes (soit 4h30) de musique en tout.

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La première partie de ce best-of est donc consacrée au Lennon engagé, et le CD est titré Working Class Hero. Avec 71 minutes au compteur, c'est le plus long des disques, mais pas de beaucoup, les deux suivants ne faisant qu'une minute de moins (c'est plutôt bien calibré, donc). Chansons engagées, donc, et on ne s'étonnera pas que le disque démarre par Working Class Hero, chanson sur le prolétariat, magnificence absolue reprise par Marianne Faithfull et David Bowie (via Tin Machine) pour ne citer qu'eux. Toutes les chansons de ce premier disque sont de la période 1969 (Give Peace A Chance)/1974 (Steel And Glass, refonte de How Do You Sleep ? s'en prenant vertement, sans jamais le citer, à Allen Klein, ancien manager des Beatles, fin de carrière du groupe), même si I Don't Wanna Face It, morceau de l'album posthume Milk And Honey de 1984 (sessions 1980 de Double Fantasy) est coincé au milieu. Un morceau bien réussi avec sa guitare saisissante. Mais le gros de ce premier CD est issu de la période 1970/71, avec notamment, Working Class Hero inclus, 5 des 11 titres de l'album John Lennon/Plastic Ono Band (notamment Remember, Isolation, God) et pas moins de 3 extraits d'Imagine dont le fameux morceau-titre et le très engagé et répétitif (mais hypnotique) I Don't Wanna Be A Soldier Mama, I Don't Wanna Die, avec le génial saxophone de King Curtis. Et Gimme Some Truth, évidemment, avec la virulente guitare de George Harrison. Some Time In New York City, le mal-aimé, est représenté, sur le coffret, par seulement 3 titres, et deux d'entre eux sont là, Sunday Bloody Sunday (une des rares apparitions vocales de Yoko sur le coffret : elle est bien présente dans les choeurs de la chanson, hélas pour la chanson), chanson inspirée par le massacre des manifestants pacifistes de Londonderry, en Irlande du Nord, en 1972 (U2, 11 ans plus tard, fera sa propre chanson, du même nom, sur le sujet, et en même temps que Lennon, McCartney, avec ses Wings, fera Give Ireland Back To The Irish), et le génial Woman Is The Nigger Of The World, une des premières, si ce n'est la première, chanson féministe de l'histoire du rock. Mind Games (1973) est représenté, ici, via Only People et, plus curieux, Meat City, chanson très speedée et rigolote qui aurait tout aussi bien pu être placée sur le dernier disque, consacré au rock'n'roll. Et puis, on a les singles : Happy X-Mas (War Is Over), Instant Karma ! (We All Shine On), Power To The People, Give Peace A Chance. Les premiers de Lennon, en gros, et parmi ses chansons les plus contestataires, alors comment ne pas les mettre ici ? Surtout qu'elles sont remarquables. C'est d'ailleurs le cas de quasiment tout le premier CD (Only People et Sunday Bloody Sunday exceptées), ces chansons sont remarquables. Bref, ce premier disque est franchement superbe, on l'écoute sans déplaisir. Notons que comme pour les trois autres, l'ordre des morceaux est totalement aléatoire, aucun ordre, donc ni chronologique, ni alphabétique, ni rien. On se balade vraiment dans l'univers lennonien, via quatre secteurs bien définis (les disques thématiques), mais mis à part ça, c'est un vrac plutôt agréable.

CD 1 - Working Class Hero

Working Class Hero/Instant Karma ! (We All Shine On)/Power To The People/God/I Don't Wanna Be A Soldier Mama, I Don't Wanna Die/Gimme Some Truth/Sunday Bloody Sunday/Steel And Glass/Meat City/I Don't Wanna Face It/Remember/Woman Is The Nigger Of The World/I Found Out/Isolation/Imagine/Happy X-Mas (War Is Over)/Give Peace A Chance/Only People

woman

On arrive gentiment au deuxième CD, basé sur les relations féminines de Lennon (sa mère, sa femme), et tout sobrement, ce disque est intitulé Woman. 70 minutes pour 18 titres, donc, et qui regroupe des chansons qui, pour 10 d'entre elles, sont de la période 1973/1980 (incluant aussi l'aalbum posthume de 1984, enregistré en 1980). Bien évidemment, Mother, tuerie émotionnelle issue de John Lennon/Plastic Ono Band (1970), ouvre le bal, chanson parlant aussi bien de ses parents (surtout sa mère Julia, qu'il n'a pour ainsi dire pas connue car elle le confiera, bébé, à sa soeur et ne le retrouvera que bien plus tard ; elle est morte en 1958, dans  un accident de la circulation) et de Yoko, qu'il appelait Mother dans l'intimité. De ce premier album dont 5 titres étaient déjà présents sur le premier disque, on a aussi, sur Woman, My Mummy's Dead (50 secondes déchirantes sur la mort de sa mère, une vraie catharsis), Love, Hold On et le féroce (musicalement parlant ; c'est même limite inaudible parfois) et pourtant tendre dans ses paroles Well Well Well, soit 5 chansons aussi (la dernière des 11 chansons de l'album sera sur le disque suivant). Autres albums bien représentés ici, Double Fantasy, via Woman, évidemment, mais aussi (Just Like) Starting Over, I'm Losing You et l'ode à Sean Beautiful Boy (Darling Boy), plus Grow Old With Me, chanson déchirante et magnifique issue de Milk And Honey (l'album posthume). Mind Games est représenté via You Are Here et son climat un peu hawaïen, chanson que j'ai mis du temps à aimer, mais c'est désormais le cas, et par le sublime et trop peu connu Out The Blue ; Imagine est représenté via le plutôt horripilant Oh Yoko ! et les sublimes Oh My Love et Jealous Guy. Walls And Bridges, enfin, disque d'un Lennon exilé volontaire à Los Angeles, loin de sa Yoko, disque du fameux lost weekend de dérives, est représenté via Nobody Loves You (When You're Down And Out), Bless You et le fantastique et onirique #9 Dream. Encore une fois, on a donc du lourd ici, de grandes chansons, des classiques ; on a certes, encore une fois aussi, une paire de chansons un peu en-dessous du reste (pour ma part, Oh Yoko ! et Well Well Well), mais pas de quoi crier au scandale. J'aurais, mis à part ça, placé le sublime Beautiful Boy (Darling Boy) sur le disque suivant, et mis à la place Forgive Me (My Little Flower Princess), morceau issu de Milk And Honey  (thématiquement, ça aurait mieux collé) et qui, d'ailleurs, brille par son absence sur ce coffret. Ou alors, histoire de le remplacer par une chanson du troisième disque, What You Got (de Walls And Bridges), dans laquelle Lennon se lamente d'avoir temporairement perdu sa Yoko. Mais c'est chipoter que de dire ça, car ce second disque est, dans son genre, aussi réussi que le premier !

CD 2 - Woman

Mother/Hold On/You Are Here/Well Well Well/Oh My Love/Oh Yoko !/Grow Old With Me/Love/Jealous Guy/Woman/Out The Blue/Bless You/Nobody Loves You (When You're Down And Out)/My Mummy's Dead/I'm Losing You/(Just Like) Starting Over/#9 Dream/Beautiful Boy (Darling Boy)

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Voici maintenant, avec ses 18 titres et encore une fois 70 minutes, le troisième disque du coffret, centré sur la vie domestique de Lennon et ses vues du monde, un thème bien plus généraliste. Ce troisième disque est titré Borrowed Time. Abordant tout le spectre de la carrière de Lennon, de 1969 (on y trouve le deuxième single solo de Lennon, le virulent Cold Turkey, avec la guitare de Clapton, sur son addiction à l'héroïne) à 1984 (trois extraits de Milk And Honey, datant de 1980 mais sortis quatre ans plus tard sur l'album posthume : Borrowed Time qui donne son nom au disque, chanson relaxante au climat doucement reggae ; I'm Stepping Out ; et le fantastique Nobody Told Me, qui fait penser à Instant Karma ! parfois), ce disque est dans l'ensemble un tantinet moins bluffant que les deux précédents, mais là aussi, c'est un peu chipoter que de dire ça, car la qualité est quand même bien là, bien présente. Le disque s'ouvre sur Mind Games, issue de l'album du même nom (représenté, sur ce troisième disque, par le léger Intuition, aussi), une chanson comptant parmi les plus grandes de Lennon, tout simplement (la voix !). Look At Me est le dernier titre de John Lennon/Plastic Ono Band qu'il restait à proposer pour que tout le disque soit au complet sur Gimme Some Truth, c'est chose faite, le morceau étant placé vers la fin du disque. Some Time In New York City se voit représenté pour la troisième et dernière fois avec New York City, excellente. Imagine est représenté, ici, par trois morceaux : Crippled Inside, How ? et le violent (envers Paul McCartney, jamais cité, mais le trait est lourd, très lourd) How Do You Sleep ? (au final, seul It's So Hard, sans doute le morceau le moins bon d'Imagine, manque sur le coffret). Double Fantasy est représenté via Cleanup Time (chanson sympathique sur un Lennon découvrant les joies de la vie domestique, il cessera toute activité musicale entre 1975 et 1980 pour se concentrer sur sa famille) et Watching The Wheels. Mais, sur ce troisième disque, c'est Walls And Bridges qui est le mieux représenté, via 5 morceaux, soit la moitié des morceaux de l'album présents sur le coffret : Whatever Gets You Thru The Night (le fameux hit avec Elton John), Scared, What You Got, Old Dirt Road et Surprise, Surprise (Sweet Bird Of Paradox) (au final, si on excepte la courte reprise amusante de Ya Ya faite avec son fils Julian - alors âgé de 11 ans environ - à la batterie, seul Going Down On Love, qui aurait franchement pu se trouver là à la place du dernier cité, manque à l'appel). Vaguement foutoir car plus généraliste, à la thématique moins évidente, ce troisième disque n'en demeure pas moins réussi, les chansons que l'on y trouve étant, dans l'ensemble, vraiment belles, efficaces, des classiques pour pas mal d'entre elles.

CD 3 - Borrowed Time

Mind Games/Nobody Told Me/Cleanup Time/Crippled Inside/How Do You Sleep ?/How ?/Intuition/I'm Stepping Out/Whatever Gets You Thru The Night/Old Dirt Road/Scared/What You Got/Cold Turkey/New York City/Surprise, Surprise (Sweet Bird Of Paradox)/Borrowed Time/Look At Me/Watching The Wheels

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Voici enfin le dernier CD du coffret, et bien qu'il contienne autant de morceaux - soit 18 - que les autres, il est nettement plus court, avec seulement 58 minutes au compteur. On ne s'est pas fait chier avec ce disque intitulé Roots, car la pochette de ce disque est tout simplement celle de l'album Rock'n'Roll de 1975 (immense photo prise à Hambourg, vers 1961 ou 1962, les personnages en flou sont les autres Beatles), album représenté ici en intégralité, soit ses 13 titres dans le désordre. Les 5 morceaux qui ont été rajoutés sont Tight A$ (issu de Mind Games), l'instrumental Beef Jerky (issu de Walls And Bridges, un instrumental grandiose), une version live du classique Hound Dog issue du Live In New York City sorti en 1986 (un live enregistré au Madison Square Garden en 1972), une version live du Yer Blues des Beatles, issue du Live Peace In Toronto 1969 du Plastic Ono Band, et enfin, un morceau rare, issu de l'album posthume d'inédits Menlove Ave. sorti en 1986, Here We Go Again, unique composition signée Lennon et Phil Spector, et datant, si je ne m'abuse, des sessions 1973 (rapidement avortées) de Rock'n'Roll (sessions que Lennon reprendra un an plus tard, sans Spector), une chanson splendide, sublime, grandiose, magnifique, les mots me manquent. Le reste, donc, c'est, dans le désordre mais il s'agit bel et bien des mêmes versions, tout l'album Rock'n'Roll, enregistré en 1973/74 et sorti en 1975, peu avant que Lennon (alors papa de Sean depuis peu, et ayant bien évidemment retrouvé Yoko depuis plusieurs mois) ne décide de stopper sa carrière. Je ne vais pas citer touts les 13 chansons, je vais juste en citer quelques unes, les plus évidentes : Stand By Me (immense reprise de Ben E. King), You Can't Catch Me (de Chuck Berry, chanson à l'origine de l'album : le Come Together des Beatles, écrit par Lennon évidemment, la plagiait pas mal, et le possesseur des droits de la chanson, Morris Levy, intentera un procès à Lennon, procès au bout duquel un arrangement à l'amiable, consistant à faire un disque de reprises, sera trouvé, ce qui explique l'existence de Rock'n'Roll), un court mais incisif Medley : Rip It Up/Ready Teddy et un Just Because sublime. J'avoue avoir un faible pour Do You Wanna Dance, morceau à la base de Bobby Freeman. A la base, je n'aimais pas trop Rock'n'Roll, mais avec le temps, cet album est devenu un de mes grands préférés de Lennon. Dire, donc, à quel point j'aime ce dernier disque du coffret est inutile. Je trouve juste idiot d'avoir oublié de mettre dessus Move Over Ms. L., morceau issu des sessions de Walls And Bridges, sorti en face B de single (Stand By Me et Be-Bop-A-Lula, il servit de face B pour ces deux singles) à l'époque, offert aussi à Keith Moon pour son album solo, mais jamais mis sur album, concernant la version de Lennon (et présent uniquement sur la version CD, 1989, de la compilation The John Lennon Collection, nulle part ailleurs). Ceux qui ont organisé le tracklisting du coffret auraient pu mettre ce morceau rare à la place de Tight A$ ou de la version live de Yer Blues. Mais encore une fois, j'exagère, car ce dernier disque est vraiment bon, et ce coffret Gimme Some Truth, vraiment passionnant et recommandé à tout le monde.

CD 4 - Roots

Be-Bop-A-Lula/You Can't Catch Me/Medley : Rip It Up - Ready Teddy/Tight A$/Ain't That A Shame/Sweet Little Sixteen/Do You Wanna Dance/Slippin' And Slidin'/Peggy Sue/Medley : Bring It On Home To Me - Send Me Some Lovin'/Yer Blues (Live)/Just Because/Bony Moronie/Beef Jerky/Ya Ya/Hound Dog (Live)/Stand By Me/Here We Go Again