George-Harrison

Après McCartney (période Wings seulement - pour le moment !) et Lennon, place à un troisième Beatles pour ce...troisième article résumant les discographie 45-tours : George Harrison ! Le fameux Quiet Beatle, probablement mon favori des quatre. J'ai volontairement inclus ici les chansons de sa période Traveling Wilburys (supergroupe de folk/pop/rock fondé en 1988 avec Jeff Lynne, Roy Orbison, Tom Petty et Bob Dylan). On commence :

1My Sweet Lord/Isn't It A Pity  (1970) : Premier single (issu de All Things Must Pass, triple album légendaire), et premier succès pour Harrison, même si, par la suite, un procès pour plagiat lui ssera intenté, Harrison aurait eu la main un peu lourde sur une référence à la chanson He's So Fine des Chiffons (chanson datant de 1963). Il abordera cette affaire dans une de ses chansons, en 1976, This Song. My Sweet Lord est, sinon, une splendeur absolue, dont le mantra Hare Krishna fera les beaux jours des radios à l'époque. Rien à dire, d'autant plus que la face B, aussi issue de l'album, est le long (plus de 7 minutes ! assez rare sur une face de single, d'un seul tenant !) et grandiose, et triste aussi, Isn't It A Pity. Un single parfait. A noter qu'en 1982, ce single sera réédité à l'identique (étiquette de label et bandeau 'dance for ever' excepté) dans une série de 45-tours à succès, aux côtés de Louis Prima, Canned Heat, Camillo, Gene Vincent, les Shadows et les Rolling Stones (en tout, 16 singles de 16 artistes différents, Harrison étant le dernier de la série).

2What Is Life/Apple Scruffs (1970) : Sous sa pochette représentant Friar Park (la propriété de Harrison, et son futur studio d'enregistrement personnel, FPSHOT), du moins pour l'édition américaine (l'édition européenne reprend le visuel du single précédent, avec une teinte orangée), ce deuxième single, et dernier issu d'All Things Must Pass, est une autre belle réussite ; j'avoue que la face B, Apple Scruffs (une ode aux fans des Beatles, qui étaient surnommés ainsi, du moins, après la création d'Apple Records), est un des rares morceaux de l'album qui ne me branche pas trop, je trouve son harmonica dylanesque assez irritant. Sympathique chanson quand même. What Is Life (face A) est, elle, dantesque, un tube popisant, le genre de truc qu'on a dans la tête pendant toute une journée. Surproduit (Phil Spector !) mais ça en rajoute un peu au charme.

3Bangla Desh/Deep Blue (1971) : En 1971, le premier concert collectif à vocation humanitaire est organisé, en faveur du Bangladesh, pays d'Asie, frontalier de l'Inde, en proie à la famine et à une guerre civile. C'est Ravi Shankar, fameux musicien originaire de ce pays, qui en est à l'origine, il demandera de l'aide à son ami George Harrison, lui demandera de l'aider à organiser un concert pour apporter des fonds pour son pays. Harrison accepte illico, contacte ses amis, les concerts (il y en aura deux, au Madison Square Garden de New York, le même jour : après-midi et soirée) sont faits, filmés, enregistrés (un triple live sortira, immense succès). Parallèlement, avant le concert, Harrison enregistrera une chanson pour la cause bengali, ce Bangla Desh (qui sera évidemment joué au cours des concerts) mythique. Une grande chanson. La face B, Deep Blue, absente de tout album studio d'Harrison, est une complainte triste comme un jour sans pain, sur la mort de sa mère. Mélancolique, vraiment triste, mais sublime.  A noter que, et c'est d'ailleurs curieux, Bangla Desh est, en version studio, sur le The Best Of George Harrison sorti en 1976, et difficile à trouver en CD désormais, mais sur aucun autre best-of d'Harrison ; et jusqu'à il n'y à pas si longtemps, on ne la trouvait nulle part ; désormais, au même titre que Deep Blue, elle est en bonus-track sur la version CD de Living In The Material World, son album de 1973.

4Give Me Love (Give Me Peace On Earth)/Miss O'Dell (1973) : Deux ans (à peu près) qu'aucun single n'était sorti, de George Harrison. Celui-ci est constitué d'une chanson de l'album de 1973 Living In The Material World (la face A) et d'une chanson absente des albums, mais présente sur la version CD dudit album de 1973. La face A est Give Me Love (Give Me Peace On Earth), un régal acoustique tout en douceur, une chanson sur la foi, l'espérance en un meilleur avenir, une des meilleures chansons d'un album ma foi franchement bon, mais un peu trop axé sur la religion (hindouïste), le prosélytisme même. La face B est une chanson du nom de Miss O'Dell, et il suffit de l'entendre pour se rendre compte qu'apparemment, Harrison a bien apprécié de l'enregistrer : il ne cesse de se marrer tout du long, alternant fou rire et fou rire ! Ce qui est assez rare, même si Harrison avait un solide sens de l'humour, était fan des Monty Python et de Peter Sellers notamment ; mais il n'était pas trop du genre à faire des chansonnettes rigolotes, ce qui est le cas ici ; pas une grande chanson, sinon, même si ce n'est pas à chier non plus...

5Ding Dong, Ding Dong/I Don't Care Anymore (1974) : Quand Harrison s'essaie à la chanson de Noël...Sorti à peu près à l'époque, Ding Dong, Ding Dong sera, contre toute attente, un bide commercial, ça avait beau être une chanson de Noël (entièrement écrite par Harrison, et pas une reprise d'un standard), ça avait beau sortir à l'époque, ça n'a pas suffi. Placé sur l'album Dark Horse qui, lui aussi, sera défonçé par la presse, ce morceau a été enregistré par Harrison alors qu'il souffrait de la voix (comme quasiment tout Dark Horse). La chanson est pas mal, je l'aime mieux qu'avant. La face B, absente des albums, est le très folkeux/dylanien I Don't Care Anymore, bonne petite chanson sur laquelle Harrison, aussi, souffre de la voix. 1974 n'était vraiment pas son année. 1975 sera difficile aussi.

6 bDark Horse/Hari's On Tour (Express) (1974) : Deuxième et dernier single de Dark Horse, cette chanson, la chanson-titre justement, aura droit à deux faces B différentes selon le continent de publication. Aux USA, ce fut I Don't Care Anymore (face B du précédent single), et en Angleterre, avec la pochette écrite ci-contre, ce fut l'instrumental Hari's On Tour (Express). Un instrumental bien sympa, curieusement placé en ouverture de l'album, et enregistré avec le groupe de jazz/rock Express de Tom Scott. La face A, c'est donc Dark Horse, chanson magnifique, une des plus belles de George, mais qui, hélas, fut enregistrée (comme quasiment tout l'album éponyme) par un George Harrison atteint d'une belle laryngite des familles, voix explosée, rauque, pénible à entendre des fois. Ca tue un peu le morceau, qui reste tout de même mélodiquement génial. Un single peu connu, issu d'un album très décrié.

7You/World Of Stone (1975) : Single sans grand retentissement commercial, idem pour l'album dont ses deux chansons sont issues, cet Extra Texture (Read All About It) que j'adore, que je trouve vraiment sous-estimé, mais que pas mal de monde (et Harrison y compris, quelques années plus tard) estimera être le pire de ses albums des années 70, voire même le pire tout court. Insuccès critique et commercial absolu, cet album renferme pourtant de grandes chansons, deux d'entre elles sont là : You (réenregistrée en 1975, mais datant à la base de 1971) est un morceau bien tonique, exubérant, très en décalage avec le reste de l'album cependant. Une chanson qui met la patate en entrée d'album. World Of Stone, sa face B, est une chanson assez lente, magnifique, tristounette, plus représentative du climat général de cet album à la pochette orangée. Un de mes singles préférés du bonhomme, clairement.

8This Guitar (Can't Keep From Crying)/Maya Love(1976) : Quelques mois après la sortie d'Extra Texture (Read All About It), Harrison livre encore un single, mais sur ses deux chansons, seule la première en est issue : This Guitar (Can't Keep From Crying), dont le titre est une allusion plus qu'évidente à sa chanson While My Guitar Gently Weeps (sur le Double Blanc des Beatles en 1968), est une chanson admirable, assez triste, musicalement grandiose. Harrison y chante à merveill, qui plus est ; il chante, en tout cas, bien mieux que sur la face B, Maya Love, issu de Dark Horse, et qui fait partie des chansons les moins enthousiasmantes de l'album (sans toutefois être ratée ; elle est un peu longue), même si, sur ce morceau, on n'entend pas trop la voix éraillée par la laryngite qui, sur Dark Horse, est l'apanage de quasiment tous les morceaux...

9This Song/Learning How To Love You (1976) : Un single peu connu, la chanson n'ayant pas été un grand succès à sa sortie. Les deux chansons sont issues de Thirty-Three & 1/3, premier album de George sur son propre label Dark Horse Records (fondé en 1974, tirant son nom de l'album et de la chanson du même nom de 1974 aussi, mais pour des raisons contractuelles, Harrison ne pourra pas y sortir ses disques avant la fin d'Apple Records, en 1975), album tirant son nom de l'âge d'Harrison au moment de son enregistrement (33 ans et demi) et de la vitesse réelle d'écoute d'un album (33 tours et demi). This Song, qui aborde le plutôt douloureux cas du plagiat involontaire du He's So Fine des Chiffons pour My Sweet Lord, est une tentative quasiment désespérée, de la part de George, d'en parler avec légèreté, alors que cette affaire lui a plutôt causé du souci, et il l'a plutôt mal prise. Bonne chanson assez énergique. En face B, le sublime Learning How To Love You, une douceur qui achevait l'album avec délicatesse et une forte envie de revenez-y.

10Crackerbox Palace/True Love (1977) : Encore un beau doublé de chansons issues du très réussi Thirty-Three & 1/3 de 1976 : si True Love, en face B, est une reprise d'un standard de Cole Porter (une reprise assez méconnaissable, mais loin d'être ratée, très loin de là, même), la face A est, elle, signée Harrison, et s'appelle Crackerbox Palace. Sous ce titre assez étonnant ('le Palais de la boîte de crackers') se cache une chanson qui semble parler d'une propriété qui appartenait à un acteur américain, mort en 1960, qui se faisait appeler Lord Buckley. A Cannes, en 1975, Harrison rencontrera un homme, George Grief, qui se trouva être le manager de cet acteur qu'Harrison appréciait beaucoup. Grief invitera Harrison à visiter la propriété de Lord Buckley, qui s'appelait Crackerbox Palace, et se trouvait à Los Angeles. La chanson est amusante, assez enlevée, elle aurait pu être un tube. Mais elle ne sera pas un succès retentissant dans l'ensemble. Dommage...

Its_what_you_valueIt's What You Value/Woman Don't You Cry For Me (1977) : Un single peu connu, qui n'est pas sorti partout apparemment, et qui, tout aussi apparemment, n'eut pas droit à une pochette digne de ce nom, mais à une simple enveloppe blanche trouée au centre. Deux chansons issues de Thirty-Three & 1/3, deux des meilleures chansons du lot d'ailleurs, et, chose amusante, les deux ouvertures de faces de l'album, mais en inversé, Woman Don't You Cry For Me (assez funky), qui ouvre l'album, étant ici la face B du 45-tours. It's What You Value, face A du single donc, une chanson baignée par un piano assez sautillant et une atmosphère assez décontractée malgré des paroles parfois profondes, est une chanson vraiment sympathique. Très réussi. Tout comme tout l'album, qui a permis à Harrison de revenir un peu en forme, après deux disques mal reçus et par la presse, et par le public (mais très loin d'être aussi mauvais qu'on le dit).

220px-Blow_Away_45Blow Away/Soft Touch (1979) : Premier des quatre singles issus de l'album George Harrison de 1979 (album fait après un petit hiatus de trois ans au cours desquels Harrison s'est consacré à sa famille - sa nouvelle femme Olivia, leur fils nouveau-né Dhani - et à lui-même, se passionnant notamment pour le sport automobile de Formule 1), c'est un doublé efficace, deux chansons très différentes l'une de l'autre, mais fonctionnant tout aussi parfaitement. Blow Away est une chanson ultra pop, presque un hit, ça aurait pu devenir un vrai tube, et c'est le genre de truc qu'on a toute la journée dans la tête si on y pense le matin au réveil. J'adore. Soft Touch, avec sa ligne de guitare carillonnante et enivrante, est une petite douceur comme cet album nous en offre pas mal, le ton général de cet album sans titre et à la pochette bucolique étant assez calme, zen, apaisé et apaisant. Un de ses meilleurs opus.

220px-George_Harrison_-_Love_Comes_to_Everyone_single_coverLove Comes To Everyone/Soft-Hearted Hana (1979) : Encore un single qui sortira, je crois, sous pochette neutre, ce qui est dommage (non seulement les pochettes blanches neutres s'usent plus rapidement, mais ça fait moche et con, au rabais). Les deux chansons sont de purs joyaux. Love Comes To Everyone, qui ouvre l'album de 1979, est en face B. On y retrouve, même si ce n'est que pour l'intro, la fameuse guitare d'Eric Clapton, et le ton général de la chanson est des plus magiques. Ca faisait depui 1971 que Clapton n'avait pas oeuvré sur un disque de son ami Harrison. Le fait qu'en 1974, la femme d'Harrison, Patti, partit vivre avec Clapton (ils étaient amoureux secrets depuis un petit moment), avec qui elle se mariera (et divorcera ensuite), noircira quelque peu l'amitié entre les deux hommes, mais, au final, pas longtemps, les deux hommes étant au-dessus de ça. La face B, Soft-Hearted Hana, semble parler d'une expérience faite par Harrison, à Hawaïï (où pas mal de l'album fut composé), une ingestion de champignons hallucinogènes. Assez sympathique chanson, pas la meilleure de l'album, mais l'album ne contient aucune mauvaise chanson.

12Blow Away/Love Comes To Everyone (1979) : Un 45-tours français un peu hybride, qui reprend la face A du premier et la face A du second (qui en devient la face B).  Soit, donc, Blow Away et Love Comes To Everyone. Je ne reviens pas dessus, je viens d'en parler, deux immenses chansons, et, donc, un immense single. Celui que je possède (pour le moment) de cet album d'Harrison, de plus !

220px-Faster_7Faster/Your Love Is Forever (1979) : Un 45-tours aujourd'hui difficile à se procurer, et assez particulier, car il sortira en picture-disc (l'image ci-contre est la face A du picture-disc). Hommage aux grandes stars de la F1 de l'époque, Nicky Lauda, Jackie Stewart (avec qui Harrison devint ami, tout comme il se passionna, dès 1977, pour ce sport automobile, écumant les Grands Prix, une photo dans la pochette intérieure de l'album de 1979 le voit aux côtés de Jackie Stewart), Faster, dédiée à ces deux champions de l'époque, est un régal qui ouvrait la face B de l'album avec une force et une efficacité redoutables. Effets sonores (bruits de moteurs de F1 à toute berzingue), orchestrations de cordes pour agrémenter le tout, cette chanson est sublime. Your Love Is Forever, en face B, est une chanson calme, pépère même, mais vraiment superbe elle aussi, dans un tout autre registre.

13All Those Years Ago/Writing's On The Wall (1981) : 8 décembre 1980 : John Lennon est abattu au bas de son immeuble new-yorkais, le Dakota Building. Stupeur, tristesse, écoeurement global. Quelques mois plus tard, au cours de l'enregistrement de son album qui sortira en 1981, Somewhere In England, Harrison compose et enregistre (avec l'aide de Ringo Starr à la batterie, et des contrepoints vocaux discrets mais bien là de Paul McCartney) cette chansons en hommage à Lennon, All Those Years Ago. Un an plus tard (pour la publication, pas l'enregistrement), Macca fera, lui, Here Today. Probablement la meilleure chanson de cet album au demeurant assez moyen et qu'on a du mal à retenir, All Those Years Ago est une merveille douce-amère sur le temps passé. Harrison s'y réessaiera en 1987, en mode ironique et comique, avec When We Was Fab, mais pour le moment, le temps est au deuil et à l'affliction. Grande chanson. La face B, Writing's On The Wall, aussi issu de l'album, n'est, elle, pas terrible. Pour être plus précis, c'est le genre de chanson dont on a toujours du mal à se souvenir de la mélodie, et qui, vraiment, ne marque pas les esprits...

14Teardrops/Save The World (1981) : Deuxième single issu de Somewhere In England, on a ici droit à deux chansons assez enlevées, mais encore une fois, hélas, d'un niveau très différent l'une de l'autre. Teardrops est une chanson bien énergique, sympa comme tout, pas un sommet absolu, mais une des meilleures de l'album (vous dire, encore une fois, son niveau global ; pour moi, les deux disques expérimentaux et instrumentaux de 1968/1969 exceptés, c'est le moins bon album d'Harrison), ça s'écoute sans déplaisir, sans honte, c'est vraiment pas mal. Save The World, sur la face B, est une chanson assez correcte, mais dont le message humaniste est un peu lourd ; et, surtout, le refrain est raté. Une conclusion d'album (car elle se trouve en final de l'album, oui oui) plutôt lourdaude.

15Wake Up My Love/Greece (1982) : En 1982, Harrison sort Gone Troppo, disque très décomplexé (de sa pochette à l'ambiance de la majeure partie de ses morceaux), qui ne bénéficiera d'aucune promotion (Harrison, déçu par la manière dont fonctionnait l'industrie du disque à l'époque, refusera de faire de la pub). Le disque, vraiment moyen (et contenant quelques chansons absolument infâmes), sera désarticulé par la presse, et sera un bide commercial absolu, il n'entrera même pas dans les charts. Pour un ex-Beatles, ce genre d'exploit négatif est assez peu courant ! Harrison ne fera plus rien (en parlant d'album) jusqu'à 1987. L'album contient quand même de bons trucs, et je le trouve, oui, meilleur que Somewhere In England. Parmi les bonnes chansons, les deux de ce single : Wake Up My Love, avec ses synthés tapageurs (joués, souvent mais pas tout le temps, par Harrison), ouverture d'album sympathique comme tout, et Greece, un instrumental vraiment remarquable, j'insiste sur ce point. Bref, tout sauf honteux, ce petit single promotionnel, le premier, de l'album !

220px-I_really_love_you_georgeI Really Love You/Circles (1983) : Sorti uniquement aux USA, ce single à pochette apparemment neutre est constitué de la seule reprise de l'album, I Really Love You (une chanson, à la base, d'un groupe vocal américain, The Stereos, et datant de 1961), et d'une chanson datant, pour l'écriture, des sessions du Double Blanc des Beatles, Circles. Si Circles est au final clairement une des meilleures de l'album (on y notera la participation de Billy Preston et de l'organiste de Deep Purple, Jon Lord), une chanson lente et climatique qui achève idéalement Gone Troppo, I Really Love You, elle, ne peut être qualifiée que de plaisanterie. Certes, c'est amusant, léger, mais, aussi, franchement nanardesque. Ce single bancal ne marchera d'ailleurs pas du tout !

220px-Dream_away_45Dream Away/Circles (1983) : Je le précise quand même, mais au vu de la pochette, vous devriez vous en douter : ce single ne sortira qu'au Japon. On y retrouve Circles en face B, je n'en reparlerai pas ici. La face A est Dream Away, aussi issue de Gone Troppo (d'ailleurs, sur l'album, elle se trouve juste avant Circles sur le disque, comme sur le single), une chanson issue, aussi, de la bande-son du film Bandits, Bandits... de Terry Gilliam, sorti en 1981, et sur lequel Harrison a posé des billes en producteur (sa société de production est Handmade Films, et produira notamment Shanghaï Surprise avec Madonna, ou Porky's Revenge ; pas mal de ces films seront hélas des bides). Dream Away est une chansonnette sympa, mais dont le refrain en forme de paroles sans queue ni tête est au final extrêmement agaçant, horripilant ; tellement horripilant que la chanson entière devient limite une épreuve, certains jours, selon son humeur !

IdwtdiI Don't Want To Do It/Queen Of The Hop (1985) : Après ce single sorti en 1985, et ayant très peu marché, plus rien jusqu'à 1987. Issue de la bande-son de Porky's Revenge, film produit par Harrison, I Don't Want To Do It est une chanson signée Bob Dylan, datant de 1968, que Dylan avait offerte à Harrison en 1970 pour son All Things Must Pass, mais qu'Harrison ne mettra pas sur l'album au final. Il ne l'enregistrera pour de bon, même, qu'en 1984, sous la houlette de Dave Edmunds en tant que producteur. Chanson correcte, sans plus, que l'on retrouve sur le best-of Let It Roll de 2009. La face B est une autre reprise (enfin, il me semble), Queen Of The Hop, interprétée par Edmunds. Correct aussi, sans plus. On oubliera gentiment ce single.

16Got My Mind Set On You/Lay His Head (1987) : Cinq ans après le naufrage commercial et critique de Gone Troppo, Harrison décide de revenir aux affaires. Pas seul : il ramène dans ses valises Eric Clapton, Ringo, Elton John, Jim Keltner, Ray Cooper, Gary Wright, Jim Horn...et Jeff Lynne, un musicien/producteur de génie, membre de l'Electric Light Orchestra (groupe de pop/rock symphonico-progrssif anglais ayant eu beaucoup de succès dans les années 70/80). Lynne ne quittera dès lors plus la trajectoire d'Harrison, produisant l'album, ainsi que son disque posthume de 2002, sans parler des Traveling Wilburys dont je reparle plus bas. Ce nouveau disque, sorti en 1987 sous une pochette bien dans l'air de son temps (design un peu moche), s'appelle Cloud Nine, allusion évidente à une chanson des Temptations. L'expression signifie, en anglais, quelque chose comme le septième ciel.  La chanson-titre n'est cependant pas une reprise, mais un morceau original. Une seule reprise est sur le disque, et en l'occurrence une reprise d'une chanson peu connue d'un certain Rudy Clark, chanson datant des années 50 : Got My Mind Set On You. Cette reprise, qui modifie complètement le morceau, sera un tel succès qu'elle relancera littéralement la carrière d'Harrison (l'album aussi, car il assure totalement), et pas mal de monde ignore sans doute qu'il s'agit d'une reprise. Une chanson mythique, que tout le monde a entendu au moins un millier de fois. La face B, Lay His Head, absente de l'album, date des sessions 1980 de Somewhere In England. Elle fut rejetée à l'époque. Dommage, elle est nettement meilleure que 50% de l'album concerné, sorti en 1981...

17When We Was Fab/Zig Zag (1988) : Deuxième single promotionnel, et ma chanson préférée de l'album. Et aussi une de mes grandes préférées de George Harrison. Et d'un Beatles en général. Et en général. Sous sa pochette signée Klaus Voormann, et reprenant justement le design de la pochette du Revolver (1966) des Beatles qui fut dessinée par le même Klaus Voormann (ce dernier a repris le visage d'Harrison jeune, et l'a redessiné, plus âgé), When We Was Fab est une chanson qui aborde, avec ironie, humour et nostalgie (et la ligne rythmique d'I Am The Walrus : la batterie, jouée ici par Ringo Starr, évidemment), le temps où Harrison était un Beatles, le temps passé, le bon vieux temps. Des orchestrations de cordes très Blue Jay Way dans l'âme, un ton très amusé, un piano entêtant, des choeurs parfaits et discrets, cette chanson est une tuerie dans le genre. En face B, Zig Zag, instrumental sympa ne faisant pas partie de l'album, et issu de la bande-son de Shanghaï Surprise (1986), film qui fut produit par la société de cinéma d'Harrison, Handmade Films, et qui fit un flop commercial (le film). On trouve ce morceau sur la réédition CD de Cloud Nine, en bonus-track.

18This Is Love/Breath Away From Heaven (1988) : Troisième single promotionnel, et le seul des trois à proposer, sur sa face B, une chanson aussi présente sur Cloud Nine. En l'occurrence, Breath Away From Heaven, magnificence totale à la base issue de la bande-son du film Shanghaï Surprise, avec Madonna, qui fit un four comme je l'ai dit plus haut. Mais c'est une nouvelle version, réenregistrée, qui est sur l'album (Someplace Else aussi était à la base issue de la bande-son du film et fut réenregistrée pour l'album). Une chanson au climat asiatique, et totalement superbe. Quant à la face A, c'est le très pop This Is Love, qui fait furieusement penser aux chansons de l'Electric Light Orchestra de Jeff Lynne, la production de ce dernier est un peu chargée, mais vraiment efficace quand même. Une excellente chanson, bien qu'étant la moins percutante des trois chansons promotionnelles de l'album.

19Handle With Care/Margarita (1988) : Quand Harrison décida de publier This Is Love en single, il décida d'écrire une chanson toute neuve pour la face B. Ne sachant pas quoi faire, il convoqua son ami producteur Jeff Lynne (producteur de Cloud Nine) en studio, et en profita pour faire venir Bob Dylan, Tom Petty (du groupe de rock Tom Petty & The Heartbreakers) et le grand Roy Orbison (Oh, Pretty Woman, vous connaissez ?). Ce qui commença comme une sorte de jam improvisée entre ces cinq musiciens (dont trois pointures) aboutira à cette chanson, Handle With Care. Une chanson tellement immense que, rapidement, l'ordre sera de la sortir en face A de single et non pas en face B, elle est trop réussie pour être cantonnée à une face bien moins souvent écoutée que la A (Breath Away From Heaven, issu de Cloud Nine, sera donc placé en face B de This Is Love). Se renommant, comiquement, les Traveling Wilburys, et se donnant de faux noms de scène se terminant tous par Wilbury (Harrison est Nelson, Roy Orbison est Lefty...), le supergroupe décide d'enregistrer d'autres morceaux. Le single sortira en 1988 avec, en face B, Margarita. L'album, The Traveling Wilburys Vol. 1, sortira en 1988 aussi, les deux chansons s'y trouvent, le disque sera un gros succès (et est remarquable). Peu de temps après, hélas, Orbison décèdera d'une attaque cardiaque...

20End Of The Line/Congratulations (1989) : Hommage à Orbison, mort d'une crise cardiaque peu avant la sortie de ce single (il est mort en décembre 1988, ce single est sorti en février 1989 en Angleterre, et un mois plus tôt aux USA). Le clip vidéo de cette chanson, End Of The Line (une des meilleures de l'album des Traveling Wilburys) montre justement un rocking-chair se balançant, vide, hommage au chanteur à la voix d'or, que l'on entend sur le morceau. Une grande chanson, donc, et la face B, chantée essentiellement par Dylan, Congratulations, est franchement pas mal, sans pour autant atteindre le même niveau.

22Cheer Down/Poor Little Girl (1989) : Apparemment, il a existe aussi une version de ce single avec Crackerbox Palace (réédité pour l'occasion, la chanson datant de 1976) en face B, voir le visuel ! Bon, sinon, cette chanson ne fait pas partie de la partie Traveling Wilburys de George Harrison, mais est bien de Harrison seul (c'est même la dernière chanson de Harrison en solo qui sortira de son vivant), co-signée avec Tom Petty cependant, et qui s'appelle Cheer Down. C'est une chanson country/rock assez sympa dont le titre est une allusion à une expression utilisée par Olivia (femme de George) quand ce dernier devenait trop enthousiaste pour quelque chose, chanson qui fait partie de la bande-son du film L'Arme Fatale 2, de Richard Donner. Bonne petite chanson, assez peu connue désormais, mais qui sera un beau petit succès à sa sortie en 1989. Poor Little Girl, sur la face B, est moins marquante.

23Nobody's Child/Lumiere (1990) : Une reprise d'une chanson de Hank Snow, datant de 1949, et qui fut aussi reprise, en 1961, par Tony Sheridan accompagné des Beat Boys (futurs Beatles). Nobody's Child est ici reprise par les Traveling Wilburys, au nombre de 4 depuis la mort d'Orbison, et elle est sortie en single et album (pour l'album, c'est un disque collectif) à vocation humanitaire, au profit des enfants roumains orphelins. La Romanian Angel Appeal Foundation fut fondée par Olivia, femme d'Harrison, et sur l'album, on note les participations de Stevie Wonder, Elton John, Guns'n'Roses, Paul McCartney, Ringo Starr, Van Morrison, Eric Clapton, Paul Simon (en duo avec Harrison) et, donc, les Traveling Wilburys. Lumiere, la face B, est un morceau de Dave Stewart.

24She's My Baby/New Blue Moon (instrumental)/Runaway (1990) : Parallèlement à la sortie du deuxième et dernier album des Traveling Wilburys (qui, ironiquement, et aussi pour dire que la mort d'Orbison a laissé un trou dans le groupe, s'appelle Vol.3 malgré qu'il soit le deuxième), le groupe sort ce single, She's My Baby. Avc Gary Moore (en invité) à la guitare électrique principale, ce morceau, qui n'a évidemment rien à voir avec le morceau du même nom signé McCartney en 1976 (au sein de ses Wings), est une très bonne chanson, agrémentée de deux autres morceaux (pour une version collector du single) : New Blue Moon (issu aussi de Vol. 3, une chanson nettement moins percutante) et une reprise très réussie et sympa du Runaway de Del Shannon, morceau que Dave popularisera en France en 1974 sous le titre de Vanina. Pas mal.

25Wilbury Twist/New Blue Moon (instrumental)/Cool Dry Place (1991) : Dernier single des Traveling Wilburys, Wilbury Twist est un beau petit délire assez drôle, mais ne pissant vraiment pas loin, issu, tout comme Cool Dry Place situé en 'face B' (peut-on parler de face A et B quand on parle de single CD ?), de Vol.3, un album correct, mais nettement inférieur au premier du groupe. On y trouve aussi une version instrumentale, totalement inutile, de New Blue Moon. C'est vraiment accessoire, secondaire, mineur, pour fanatiques seulement, même si ça reste correct et, en tout cas, fendard.

27My Sweet Lord (2000)/Let It Down/All Things Must Pass (2002) : Un an environ avant sa mort (qui eut lieu en fin d'année 2001), Harrison décida de réenregistrer une de ses plus belles chansons, My Sweet Lord. Une nouvelle version qui, agrémentée de Let It Down et All Things Must Pass (toutes deux issues de l'album All Things Must Pass, dont est aussi issu My Sweet Lord, évidemment), sortira en single commémoratif, de manière posthume donc, en 2002. Mais on a pu, auparavant, écouter cette nouvelle version de My Sweet Lord (avec la choriste Sam Brown, fille du musicien Joe Brown, lequel, ami d'Harrison, collabora rapidement sur son album Gone Troppo) en tant que bonus-track de la réédition 2001 de l'album. Belle nouvelle version, qui ne modifie pas trop la nature du morceau mais le rajeunit quelque peu.

28Any Road/Marwa Blues (2003) : En 2002, sort Brainwashed, l'album studio ultime de George Harrison, qu'il était en train de concevoir (avec son fils Dhani, et avec son ami producteur/musicien Jeff Lynne) au moment de sa mort en 2001. Quelques mois après la sortie de cet album franchement bon, mais que l'on a énormément de mal à dissocier du fait qu'il soit posthume (comme pour tous les albums posthumes, qu'ils soient réussis ou non, on essaie toujours de se dire que l'album n'aurait peut-être pas sonné ainsi si l'artiste en question n'était pas mort pendant son enregistrement, etc, on y trouve une dimension différente...) sortira, curieusement, un single promotionnel deux-titres, Any Road et Marwa Blues (ce dernier, un instrumental). Deux excellents morceaux, deux des meilleurs de l'album. On notera surtout la performance de Dhani Harrison sur Any Road, à la guitare électrique. Très bon ; mais, personnellement, j'ai toujours eu du mal à pleinement apprécier Brainwashed, pour les raisons que j'ai citées plus haut : difficile de juger un disque posthume de la même manière qu'un disque sorti du vivant de l'artiste...