John-Lennon

Place maintenant à la discographie singles du plus mythique des Beatles, le premier à nous avoir quitté ; pas le plus productif des quatre, pas le plus commercial, mais probablement le plus attachant : John Lennon ! A noter que je n'aborderai pas ici les quelques (rares) singles promotionnels sortis dans les années 90 et 2000 pour lancer les nouveaux best-ofs (type réédition de Imagine ou de Happy X-Mas (War Is Over)) ca ça ferait doublon avec les singles originaux et ils sont vraiment peu nombreux et pas faciles à trouver !

apple13_aGive Peace A Chance/Remember Love (1969) : Premier single de Lennon, crédité, comme les suivants, au Plastic Ono Band. Une chanson un peu trop longue (quasiment 5 minutes) et ultra répétitive, le mantra All we are saying is give peace a chance étant environ 99% de la chanson, une chanson enregistrée live dans une chambre d'hôtel canadienne (Montréal, si je ne m'abuse) avec plein de monde autour pour faire les choeurs. Give Peace A Chance est malgré ça une chanson mythique, un classique, qu'il ne faut pas écouter trop souvent car ça peut rendre fou, mais c'est une des chansons les plus emblématiques de John Lennon. La chanson était créditée Lennon/McCartney car le groupe n'était pas encore séparé, et pour des raisons légales, Lennon ne pouvait pas se créditer tout seul (par la suite, ça sera le cas, la chanson sera créditée Lennon seul sur les best-ofs). La face B est signée Yoko (ça sera aussi le cas de 6 des 7 singles suivants, et de ceux de la période 1980/1984), et est tout aussi répétitive, Remember Love. Ce n'est pas atroce, mais ce n'est pas glorieux non plus, même si Yoko est moins irritante que de coutume.  

PlasticOno-TurkeyCold Turkey/Don't Worry Kyoko (Mummy's Only Looking For Her Hands In The Snow) (1969) : La guitare tronçonneuse d'Eric Clapton, membre du Plastic Ono Band (mouture éphémère ayant participé au festival Rock & Peace de Toronto avant de se séparer), rythme cette chanson acerbe sur la drogue et la désintoxication, cold turkey ('dinde froide', allusion à la chair de poule) étant un terme d'argot de camé pour parler de l'effet de manque. Cold Turkey est une tuerie bien rock, virulente, agressive, Lennon y braille parfois plus qu'il ne chante. Excellent, sous sa pochette glauque (les têtes, en rayons X, du couple). La face B, de Yoko, est agressive aussi, dans un tout autre registre : Don't Worry Kyoko (Mummy's Only Looking For Her Hands In The Snow) (quel titre à la con) est une atrocité braillée par Yoko, on dirait un chat qu'on encule et égorge en même temps. Seul point positif, ça dure dans les 4 minutes. Oui, c'est du positif : les versions live proposées sur Live Peeace In Toronto 1969 et sur le disque live de Some Time In New York City (1972) atteignent ou dépassent les 12/16 minutes ! C'est le morceau le plus mythique de Yoko, pour de mauvaises raisons. Tout ce qui fait qu'elle est haïe est présent ici.

John-Lennon-Instant-Karma-401545Instant Karma !/Who Has Seen The Wind ? (1970) : Le single-express, écrit rapidement, enregistré rapidement dans l'après-midi même du jour de la composition, envoyé à la presse le lendemain, dans les bacs quelques jours plus tard, en même pas une semaine. Du jamais-vu ou presque. Ce qui peut expliquer la production, très bonne mais un peu 'fine', le morceau n'ayant pas été peaufiné des plombes en studio. Instant Karma ! (sous-titré We All Shine On) est un régal, une des plus belles et mythiques chansons de Lennon, tout a été dit à son sujet. La face B est de Yoko, Who Has Seen The Wind ?, c'est plutôt  moyen, pas nul, mais on ne l'écoutera pas souvent. Au fait, j'ignore (n'ayant pas cherché sur le Web) où on peut trouver ces chansons en format CD, sans doute sur des éditions CD, en bonus-tracks, des albums de Yoko, mais ceux-ci ne doivent pas être faciles à trouver...

26Mother/Why (1970) : Le couple, en fin d'année (décembre) 1970, sort un couple d'albums à la pochette et au titre similaires, enregistrés en même temps avec les mêmes musiciens (Ringo Starr à la batterie, et Billy Preston) : John Lennon/Plastic Ono Band et Yoko Ono/... (la pochette est identique dans les deux cas, mis à part la position du couple et le verso). Ce single propose une chanson issue de l'album de John en face A, et une issue de celui de Yoko en face B. Mother, de Lennon, est une tuerie absolue, ici présente en version raccourcie de deux minutes, ce qui amoindrit son impact quand même. Mais rien à dire, sinon, une grande chanson déchirante. Why, de Yoko, est, comment dire, euh...on passe ?

John-Lennon-Power-To-The-Peop-215730Power To The People/Open Your Box (1971) : Un single comptant parmi les premières vraies chansons engagées de Lennon, il clame ici qu'il faut donner le pouvoir au peuple, une chanson simple, simpliste même (les paroles sont des plus répétitives, des choeurs répètent en quasi-permanence Power to the people, power to the people, power to the people, power to the people right on), mais efficace, et contrairement à Give Peace A Chance, ce n'est pas trop long, dans les 3 minutes. J'aime assez cette chanson engagée et qui reste bon enfant. On évitera de trop s'appesantir sur la face B, la face Yoko, Open Your Box étant limite terrifiante d'abomination musicale, une de ses pires chiures, et ce n'est pas peu dire. Je crois qu'elle se retrouvera sur un de ses albums, Fly (sous son titre japonais : Hirake) sorti en 1971, album qui avait la mauvaise idée d'être...argh...double (et de la durée du Double Blanc des Beatles, de plus)...

imagesCAKA1POWImagine/It's So Hard (1971) : On ne présente plus cette chanson, Imagine, issue de l'album du même nom (sa face B aussi). Chanson mythique, pacifiste, humaniste, ce que vous voulez, c'est une pure splendeur trop courte (3 minutes tout rond). Chose assez ahurissante, ce single ne sortira pas en Angleterre. Il faudra en effet attendre 1975 pour que la Perfide Albion se décide à publier Imagine en 45-tours (la face B sera différente), et ce 45-tours de 1971 est sorti aux USA. La face B est It's So Hard, chanson très courte (moins de 2,30 minutes), très éloignée d'Imagine, car très virulente, rock, avec le saxophone de King Curtis (qui décèdera quelques jours plus tard, agressé à son domicile par un cambrioleur qu'il avait surpris dans ses 'oeuvres') et la voix, quelque peu brouillée, pleine d'écho (production de Phil Spector...) de Lennon. Une chanson correcte, mais qui ne figure vraiment pas parmi les meilleures de Lennon, et le moins que l'on puisse dire, c'est que le saxophone de King Curtis participe pour beaucoup à la rendre plus intéressante ; en fait, il la sauve, tout simplement !

Happy_Xmas_War_is_OverHappy X-Mas (War Is Over)/Listen, The Snow Is Falling (1971/1972) : Pourquoi deux années différentes entre les parenthèses ? Tout simple : ce single est sorti en décembre 1971 aux USA, mais des soucis divers (commerciaux, notamment) feront qu'il ne sortira, en Angleterre et Europe, que 11 mois plus tard, en novembre 1972 donc. Avec un tracklisting inchangé. La face A est une chanson de Noël à la Lennon/Yoko, avec un beau message antimilitariste dans le cadeau (la guerre est finie, si vous le souhaitez), chanson enregistrée à New York (le couple venait alors de s'y installer, définitivement) avec les enfants d'une chorale de Harlem, que l'on voit d'ailleurs sur les photos recto et verso de la pochette du single. La chanson, présente sur tous les best-ofs de Lennon, est une merveille, que j'ai mis du temps à aimer, mais c'est désormais le cas, et bien le cas. La face B, Listen, The Snow Is Falling, est signée Yoko, comme d'hab', et contrairement aux autres singles, c'est, pour le coup, une bien belle chanson, douce, reposante, et surprenante : oui, Yoko sait, quand elle le veut, faire de belles chansons (Born In A Prison sur Some Time In New York City en 1972), la preuve ici ! Bref, un single des plus essentiels.

john-lennon-woman-is-the-nigger-of-the-worldWoman Is The Nigger Of The World/Sisters, O Sisters (1972) : Some Time In New York City, en 1972, est un double album (un disque studio, un disque live dans l'ensemble inécoutable avec des extrait d'un concert de Zappa auquel Lennon et Yoko participera en 1971 au Fillmore East) à la pochette parodiant les unes de journaux (ce single aussi), et au contenu essentiellement constitué de chansons d'actualité. Problème : rien ne vieillit plus vite que ce genre de chansons, l'actualité évoluant sans cesse, et qui a envie, aujourd'hui, d'entendre Lennon et Yoko s'égosiller sur une émeute carcérale réprimée dans le sang, ou exiger la libération d'un activiste (qui sera libéré par la suite, en plus) ? L'album est sympa après plusieurs écoutes, malgré les chansons de Yoko, souvent redoutables, comme Sisters, O Sisters, ici la face B du single (une chanson assez insupportable), et une production trop luxuriante signée Phil Spector. L'album (que j'avoue vraiment aimer désormais, ce ne fut pas le cas pendant longtemps) sera un bide commercial et critique absolu, il sera assassiné par la presse. Ce single, Woman Is The Nigger Of The World (une des meilleures chansons de l'album, si ce n'est la meilleure...avec le Born In A Prison de Yoko, hé oui !), qui sera l'objet de controverse à cause de l'utilisation du terme 'nigger', sera lui aussi un bide commercial. Dommage, car c'est vraiment une bonne chanson, plusieurs best-ofs la reprennent. Mais cette année 1972 sera difficile pour le groupe, à tous niveaux, et cet album, définitivement le mouton noir de la discographie de Lennon (un disque crédité au couple plutôt qu'à Lennon solo, d'ailleurs).

imagesCA2HDG8HMind Games/Meat City (1973) : Alors totalement sonné par le bide commercial et critique de son précédent album et single, Lennon, qui commence à être en partance (Yoko le sentira, et sentira que leur couple bat de l'aile, et afin d'y remédier, ordonnera à Lennon de séparer leur couple pendant un temps, afin de faire le point ; après l'enregistrement de cet album de 1973, Mind Games, il partira, pendant environ un an, à Los Angeles avec son assistante personnelle, May Pang). Mind Games, qui sera accueilli assez froidement (et qui n'est pas un grand cru, mais un disque quand même pas mal, que Lennon a produit lui-même), est lancé par sa chanson-titre, sortie donc en single. La chanson est une des meilleures de l'album et de Lennon en général, une prouesse vocale poignante. La face B est un rock nerveux, jubilatoire, saignant et peu subtil, Meat City. Pas mal du tout, mais j'aurais vu autre chose comme face B, disons One Day (At A Time) ou I Know (I Know), aussi issus de l'album, personnellement...

imagesCAXAXA3GWhatever Gets You Thru The Night/Beef Jerky (1974) : Walls And Bridges, l'album enregistré par un Lennon seulâbre à Los Angeles en 1974 (enregistré pendant les sessions chaotiques de Rock'n'Roll, qui, lui, ne sortira qu'en 1975), est une de ses plus éclatantes réussites. Ce premier single promotionnel en offre le hit-single Whatever Gets You Thru The Night, que Lennon chante avec Elton John. La chanson sera l'objet d'un pari entre les deux, Elton soutenant à Lennon qu'il devait la sortir en single car elle avait l'étoffe d'un tube, et Lennon, peu convaincu, dira OK, si elle cartonne, je la chante à un de tes concerts (je ne sais pas ce qui était prévu dans le cas où la chanson aurait été un bide). Le 30 novembre 1974, Elton est n concert à New York, au Madison Square Garden, et au cours de ce concert, et ça sera sa dernière apparition sur scène, Lennon chantera la chanson avec lui, ainsi que deux anciennes chansons du répertoire des Beatles, I Saw Her Standing There (marrant, car c'est une chanson essentiellement de McCartney) et Lucy In The Sky With Diamonds. Un EP sortira en 1981, proposant ces trois chansons, et on les trouve aussi sur une compilation d'Elton, je crois. Grande chanson bien exubérante. La face B est un instrumental génial issu de l'album, intitulé Beef Jerky, un dess rarissimes instrumentaux de Lennon, si ce n'est le seul.

LennonNumber9Dream#9 Dream/What You Got (1975) : Deuxième single issu de Walls And Bridges, c'est un disque tout aussi majeur que le précédent, sans doute même plus encore. Si la face B, What You Got, est un rock teigneux et sombre (Lennon semble se morfondre sur lui-même, se sentant loin de sa Yoko ; il vivait alors séparé d'elle, à Los Angeles, en fin 1973/courant 74, période assez tourmentée de sa vie, le Lost Weekend), dans lequel Lennon hurle qu'on ne sait pas ce qu'on a avant de l'avoir perdu, la face A, elle, est une splendeur onirique basée sur un rêve que Lennon faisait souvent, tournant autour du chiffre 9 (un chiffre qui reviendra souvent dans sa vie), #9 Dream. Une pure magnificence. Et la face B est franchement une belle réussite dans le genre basique mais efficace.

12041Stand By Me/Move Over Ms. L. (1975) : En 1973/74, Lennon enregistre, difficilement, en deux temps, d'abord sous la houlette de Phil Spector puis, rapidement, en s'autoproduisant, Rock'n'Roll, un disque constitué de reprises de standards du genre (un disque conçu en majeure partie pour règler un contentieux juridique avec Morris Levy, un ayant-droit de Chuck Berry qui avait estimé que le Come Together de Lennon, au sein des Beatles, plagiait une chanson de Berry, You Can't Catch Me, que Lennon reprend d'ailleurs sur l'album). Ce single de 1975 proposant le même visuel que l'album en pochette en est le disque promotionnel. En face B, une grandiose reprise du regretté Ben E. King : Stand By Me, chanson mémorable, et cette reprise est très connue et se retrouve sur quasiment tous les best-ofs de Lennon. En face B, Move Over Ms. L. est une chansons très rock'n'roll, basique et nerveuse, efficace, qui ne se trouve sur aucun album studio de Lennon (à la base, elle aurait du être sur Walls And Bridges), et que l'on trouvera, en 1988, sur la version CD de la compilation posthume The John Lennon Collection (mais pas sur la version originale vinyle de 1982). Et sur aucune autre compilation, sauf le coffret Lennon Anthology de 1998. Une très bonne chanson que Lennon offrit, en 1975, à Keith Moon, batteur des Who, pour son album solo, mais qu'il enregistra donc lui-même aussi.

imagesCA3AAWKSBe-Bop-A-Lula/Move Over Ms. L. (1975) : Autre single issu de Rock'n'Roll, plus facile à trouver, et proposant Be-Bop-A-Lula, reprise de Gene Vincent, une très bonne reprise, nerveuse, fidèle à l'original. La face B est inchangée. Un très bon petit single à la pochette identique à celle de l'autre single et de l'album de 1975.

r6009_aImagine/Working Class Hero (1975) : Tout simplement le single britannique, sorti donc quatre ans après le single américain, et qui remplace, en face B, It's So Hard par le plus connu et réussi Working Class Hero (qui ne fait pas partie du même album contrairement à l'ancienne face B). Un single aussi 'couru' que l'original. Marrant que la chanson ne soit pas sortie en single britannique dès 1971 et que ce pays mettra quatre ans à rattraper ce retard !

JustLikeStartingOver(Just Like)Starting Over/Kiss Kiss Kiss (1980) : Quand Lennon entendit le Coming Up de Paul McCartney à la radio en début d'année 1980, il sera tellement emballé par la chanson que ça lui donnera envie de remettre le couvert, lui qui, depuis 1975, s'était volontairement retiré du monde de la musique, se consacrant à sa famille. Le résultat sera un disque de 14 chansons, dont 7 signées Yoko (et chantées par elle) et donc, 7 de lui, intitulé Double Fantasy. L'album sortira en novembre, Lennon sera assassiné par [je ne dirai pas son nom, il ne le mérite pas, qu'il crève en taule, et lentement et douloureusement si possible] trois semaines plus tard, le 8 décembre. Ce premier single promotionnel de l'album, proposant une chanson de Yoko en face B comme au bon vieux temps du POB, est sorti en fin octobre, avant l'album donc. Le dernier single sorti du vivant de Lennon... La face A est donc le tragiquement à côté de la plaque (sans le savoir, évidemment) (Just Like) Starting Over, dans lequel Lennon clame que tout va redémarrer pour lui, une nouvelle vie, une nouvelle carrière, et de fait, Double Fantasy aurait été le premier album d'un tout nouveau Lennon, qu'on ne connaîtra hélas jamais. Grande chanson que Jean-Louis Aubert semblera quelque peu reprendre (la mélodie, des accords) pour sa chanson Les Plages. La face B est Kiss Kiss Kiss, chanson très new-wave de Yoko, guitare saignante d'Earl Slick, chant énergique et intense (avec un peu de japonais en contrechant), la future veuve Lennon ne s'en sort vraiment pas mal du tout ici (mais il faut reconnaître que des 7 chansons qu'elle signe et chante, seule une est mauvaise, Yes, I'm Your Angel). Excellent single, donc.

sans-titreWoman/Beautiful Boys (1981) : Premier des singles posthumes. Sous sa très iconique pochette montrant un Lennon quadra, qui semble vraiment plus mâture, adulte que pendant sa période du Lost Weekend, on trouve deux extraits de Double Fantasy. Deux chansons qui se suivent, comme ce fut le cas des deux du single précédent (et du single suivant !). Woman est une splendeur totale, une douceur en hommage aux femmes, et surtout à Yoko, Lennon y fait un beau mea culpa personnel. Rien à dire. Beautiful Boys, sur la face B, est signée Yoko. Une chanson qui parle aussi bien de Sean que de John, ses deux enfants à elle, l'un est tout petit (dans les 5 ans), l'autre, un grand enfant ! Musicalement onirique, cette chanson est une des plus belles de Yoko, pas que sur l'album, non : en général. Là aussi, rien à dire.

Watching_the_Wheels_(John_Lennon_single_-_cover_art)Watching The Wheels/Yes, I'm Your Angel (1981) : Dernier des trois singles issus de Double Fantasy, celui-ci est le moins percutant des trois, d'abord parce que sa face B (de Yoko encore) est affreuse : Yes, I'm Your Angel, avec son chant insouciant, sa mélodie kitschouille, ses effets sonores ridicules, fait penser à une chanson de dessin animé Disney des années 50. La chanson est apparemment dédiée à Sean, pour son anniversaire, et parle de princesses, de princes, de fées, bref, bien gentillet... Les tralalalala de Yoko sont horripilants. Affreux. La face A est, elle, plus réussie (pas difficile), c'est Watching The Wheels, chanson ouvrant la face B de l'album. Une chanson bien efficace de Lennon, présente sur ses best-ofs. Pas le sommet de l'album, mais elle assure, c'est déjà ça.

Love_45Love/Gimme Some Truth (1982) : En 1982 sort la première compilation posthume (et la seconde après Shaved Fish en 1975) de Lennon : The John Lennon Collection. Une compilation un peu étrange, proposant quasiment toutes les chansons lennoniennes (sauf une) de Double Fantasy, et faisant l'impasse sur Certains classiques tels que Working Class Hero, Woman Is The Nigger Of The World et Out The Blue. Pour promouvoir le best-of (qui est toujours dans le commerce) on sortira en single une chanson ancienne, bien ancienne (la face B aussi, d'ailleurs), quasiment oubliée, et qui deviendra dès lors un hit : Love (issue de l'album John Lennon/Plastic Ono Band de 1970), chanson douce, démarrant en fade-in, s'achevant en fade-out, comme surgissant de nulle part et partant vers nulle part, une douceur au piano, interprétée par un Lennon comme apaisé (par rapport à l'ambiance générale de l'album). En face B, Gimme Some Truth, issu d'Imagine (1971), chanson bien différente, un rock (avec George Harrison à la guitare) engagé, teigneux, Lennon y est maladif de virulence envers certaines personnes. Deux grandes chansons. Deux facettes du même Lennon.

Nobody_Told_Me_(John_Lennon)_cover_artNobody Told Me/O'Sanity (1984) : Milk And Honey, disque de chutes de studio de Double Fantasy, proposant 12 chansons dont 6 de Lennon et 6 de Yoko (parmi elles, une écrite enregistrée après la mort de Lennon, le touchant et efficace You're The One), sort de manière posthume en 1984, sous une pochette issue de la même session photo que l'album de 1980. Premier single de cet album moins réussi (de loin) que Double Fantasy mais toutefois très correct, Nobody Told Me. Musicalement, j'ai toujours trouvé que cette chanson ressemblait fortement à Instant Karma !, sans doute est-ce moi qui me fait des idées, mais on sent bon l'autoplagiat, l'autoréférence, ici. Ca n'en demeure pas moins une chanson sympa, entraînante, bien chantée. La face B est signée Yoko, une chanson d'une minute et des poussières, O'Sanity, assez ratée, du Yoko dans son style des années 70, ce qui veut tout dire.

borrowed_time_picSleeveBorrowed Time/Your Hands (1984) : Ouvrant la face B de Milk And Honey, ces deux chansons, la première de Lennon et la seconde de Yoko, sont parmi les meilleures de l'album. Borrowed Time est  une chanson très réussie, sans doute pas la meilleure de Lennon sur l'album, mais c'est un rock sympa. Le Your Hands de Yoko est, lui, absolument tétanisant, une chanson enivrante, entêtante, au climat incroyable, et chanté à la fois en japonais et en anglais (les traductions des paroles en nippon). A noter, au fait, que les chansons de Double Fantasy, et celles de Milk And Honey, se répondent l'une à l'autre (d'où les sous-titres A Heart Play des deux albums), se qui explique que les singles promotionnels des deux albums proposent, à chaque fois, deux chansons qui se suivent sur les tracklistings des albums.

John-Lennon-Im-Stepping-Out-476332I'm Stepping Out/Sleepless Night (1984) : Dernier des singles promotionnels de l'album posthume Milk And Honey. Encore une fois un doublé Lennon/Yoko, et deux chansons se suivant sur le disque. I'm Stepping Out est un rock assez pop, énergique, vraiment réussi, qui ouvre l'album sur une note d'espoir (on se dit que l'album sera réussi ; la suite ne nous donnera pas raison, même si Milk And Honey est au final bien meilleur que ce que l'on en dit souvent), Lennon y est en forme sur cette chanson enregistrée, donc, durant les sessions de Double Fantasy. Sur la face B, le Sleepless Night de Yoko n'est hélas pas du même tonneau, c'est une chanson assez anodine, comme la moitié environ de ce qu'elle chante sur ce disque ; elle aura, en gros, gardé ses meilleures cartouches pour Double Fantasy...

EmhawwlhEvery Man Has A Woman Who Loves Him/It's Alright (1984) : Curieux single que celui-ci : la version chantée par John d'une des chansons de Yoko issues de Double Fantasy (une des meilleures chansons non seulement de la partie Yoko, mais de l'album en général), Every Man Has A Woman Who Loves Him. La version Yoko est meilleure, mais cette version masculine (on y entend quand même Yoko dans les choeurs) est pas mal. En face B, It's Alright, chanson vraiment pas connue et ayant la particularité d'être interprétée par Yoko et par Sean, le deuxième fils de John (celui qu'il a eu avec Yoko), qui avait alors 10 ans environ ! Une pochette des plus rebutantes pour ce single proposant deux raretés, absentes des albums et compilations officielles. Après, pas un single totalement réussi, mais c'est une petite pièce de collection pour fans !

jealous-guyJealous Guy/Going Down On Love (1985) : Après Love en 1982, voici un autre cas (et le dernier, si on excepte certains rares singles dans les années 90/2000) de single proposant du neuf avec du vieux : les deux chansons ici présentes ne sont certes jamais sorties en singles autrefois, mais elles sont quand même des plus connues, il suffit d'avoir les albums Imagine et Walls And Bridges pour les avoir : Jealous Guy (magnificence douce-amère à la production parfaite, au piano cristallin) en face A, Going Down On Love (une complainte enlevée, en plusieurs tempos, assez soul) en face B. Deux chansons géniales, là n'est pas la question, mais quel est l'intérêt de les sortir en single en 1985 ? Reste que ces deux chansons assurent et auraient mérité une sortie single en leurs temps.