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Après avoir abordé les discographies de pas mal d'artistes et de groupes, place à leurs singles ! Premiers à se plier à cette épreuve, les Wings de Paul McCartney !

01Give Ireland Back To The Irish/Give Ireland Back To The Irish (instrumental version) (1972) : Cette première livraison single officielle des Wings, quelques mois après la sortie de leur premier opus (Wild Life, fin d'année 1971, un disque vraiment bon, mais très étonnant, enregistré à l'arrache, et pas représentatif de ce que sera le son des Wings ; le disque fut assassiné par la presse à sa sortie), fera parler d'elle. Première apparition du guitariste Henry McCullough, d'origine irlandaise, ancien du Grease Band de Joe Cocker (il a joué avec lui à Woodstock). Cette chanson sortie dans un single sans vraie pochette (elle est jaune, trouée ou pas, mais sans illustration) est une des rares chansons engagées de Macca, il n'est pas spécialiste et coutumier du fait. Elle parle, comme le Sunday Bloody Sunday de Lennon & Yoko la même année sur leur Some Time In New York City (et comme la chanson du même nom que U2 fera en 1983 sur War), du terrible Bloody Sunday, cette manifestation pacifiste, en Irlande du Nord, à Londonderry, qui fut réprimée dans le sang par la police britannique, plusieurs morts. Give Ireland Back To The Irish ('Rendez l'Irlande aux Irlandais') est sans concession, et critique vertement le gouvernement britannique, et la chanson sera interdite d'antenne à la BBC, pour éviter les emmerdes. Henry McCullough, lequel est d'origine irlandaise comme je l'ai dit, aura même quelques soucis, il se fera agresser, bref, ça a été assez loin. Une très bonne chanson (qui sera en bonus-track sur la réédition CD de Wild Life). La face B est une version instrumentale, musicalement un peu différente (plus celtique et calme) de la chanson, ce qui, pour un single Apple, est assez rare, et même unique.

02Mary Had A Little Lamb/Little Woman Love (1972) : Pour éviter les emmerdes et la censure, les Wings, pour leur deuxième single, offrent une comptine pour enfants, écrite par le couple McCartney (et surtout par Paul) pour leur fille Lily. Une chanson sympa mais pas grandiose, Paul lui-même, par la suite, estimera que ce n'est vraiment pas ce qu'il a fait de mieux, et on imagine difficilement la réaction des fans au moment de la sortie de cette chanson pas rock du tout, très bucolique, sortie sous une pochette sublime et bien dans le ton (une pièce de collection pour fans, que je suis content d'avoir). La face B de ce Mary Had A Little Lamb aux vocalises un peu niaises est une chanson un peu plus enlevée, pas vraiment rock, disons un peu folk-rock, du nom de Little Woman Love. C'est pas mal aussi, mais, là aussi, pas inoubliable. Les deux chansons seront en bonus sur la version CD de Wild Life, laquelle est aujourd'hui difficile à trouver.

03Hi, Hi, Hi/C Moon (1972) : Les Wings ont fait fort, en 1972 : trois singles (dont 5 chansons) et de longues sessions d'enregistrement pour un Red Rose Speedway qui sortira en début 1973. Ce single, le dernier de 1972, fera tout autant parler de lui que les deux autres. La première des deux chansons, Hi, Hi, Hi (dont on trouve une version live sur Wings Over America en 1976), est un rock bien trippant, nerveux et old school, court et efficace comme un coup de boule, et qui sera interdit d'antenne par la BBC, car on estimera que la chanson parle de drogue (le titre fut perçu comme une allusion au fait qu'on plane haut en prenant de la drogue, high étant un terme d'argot pour ça, et le titre est phonétiquement identique), sans oublier un passage qui fut perçu comme une allusion sexuelle (on y entendra Get you ready for my body gun, au lieu de Get you ready for my polygon, et même la vraie ligne de texte est un peu ambigüe). La face B, elle, C Moon, est une sorte de reggae bien sympa, qui marchera bien, et dont le titre est une allusion subtile au Wooly Bully de Sam The Sham & The Pharaohs : dans cette chanson, on y entend la phrase Let's not be L 7, ce qui signifie Let's not be square (L et 7, ensemble, forment un carré, 'square' en anglais, qui signifie aussi 'coincé'/'ringard'). Un C et une lune ('moon') forment un cercle, de la même manière ! Très bonne chanson. Les deux seront sur la réédition CD de Red Rose Speedway, désormais dure à trouver.

04My Love/The Mess (1973) : Issue de l'album Red Rose Speedway (1973), My Love est une sublime chanson que Paul interprète toujours sur scène, une ode à sa femme adorée, Linda. On ne la présente plus (la chanson), c'est une pure splendeur, un des meilleurs morceaux de l'album et du groupe. La face B est totalement différente, il s'agit d'un rock bien charpenté, assez nerveux, trépidant, qui s'appelle The Mess ('le bordel') et qui a été enregistré live au cours d'un des concerts de la tournée 1972 (Wings Over Europe). Il semblerait d'ailleurs que ça soit le seul témoignage enregistré de manière officielle, sur disque d'époque, de cette tournée. Un excellent morceau, que j'adore ! On le retrouve en bonus sur la version CD (hélas épuisée depuis quelques années) de l'album Red Rose Speedway.

05Live And Let Die/I Lie Around (1973) : En 1973, Roger Moore incarne 007 pour la première fois. Le film, Vivre Et Laisser Mourir, immense succès, devra une partie de son succès au fait qu'il est, en effet, enthousiasmant, plaisant, divertissant comme on aime ; mais il devra aussi une partie de son succès à sa bande-son, signée George Martin, avec, en chanson de générique, cette chanson des Wings, Live And Let Die, qu'on ne présente plus depuis longtemps. Réutilisée en France dans les années 80 comme générique d'une émission politique (L'Heure De Vérité), toujours chantée sur scène par Macca, vraie tuerie, elle sortira donc en single et cassera la baraque. La face B, I Lie Around, interprétée en grande partie par le guitariste principal du groupe, Denny Laine (ancien Moody Blues), est une très bonne chanson, peu connue, qui sera placée sur la vrsion CD de Red Rose Speedway, en bonus-track. Live And Let Die, elle, sera dès 1978 sur la compilation Wings Greatest, qui fut éditée en CD autrefois, et on la trouve aussi sur les autres best-ofs de Macca. Et sur diverses compilations concernant James Bond !

06Helen Wheels/Country Dreamer (1973) : Parallèlement à Band On The Run, les Wings offrent ce 45-tours hors-album, même si la première chanson se trouve, curieusement, sur la version américaine de l'album (entre No Words et Picasso's Last Words (Drink To Me) précisément), ce qui, je trouve, est con, car ça brise un peu la cohérence de l'album. Cette chanson, c'est donc Helen Wheels, rock nerveux à la Chuck Berry, bien efficace, que j'adore (mais, vraiment, j'ai du mal à me la situer au sein de Band On The Run et je suis content qu'elle ne soit pas sur l'album original vendu en Europe et édité en CD). Son titre viendrait d'un véhicule (type Jeep) que le couple Macca possédait et avait baptisé ainsi, en jeu de mots amusant avec 'Hell on wheels' ! Bien sympa, cette chanson présente en bonus-track sur les versions CD (ancienne et la 2010) de Band On The Run est un des rocks les plus réussis du groupe. La face B, Country Dreamer (aussi sur les rééditions CD de l'album en bonus), est une ballade countrysante bien agréable comme Macca sait en faire de temps à autre. On en redemande, d'ailleurs, et ce single est clairement une des meilleures livraisons du groupe, un essentiel même.

07Jet/Let Me Roll It (1973) : Premier des singles promotionnels de Band On The Run. Le choix fut des plus faciles pour ce premier single : Jet est en effet une des plus grosses tueries de l'album, un régal glam-rock à la production lourde, à l'ambiance survoltée, qui a toujours été interprétée en live par Macca, généralement vers le début de concert, afin de bien foutre la patate en intro. Un morceau qui me semble contenir des allusions aux Beatles (Sergeant Major) et à Bowie (little lady suffragette). On ne s'en lasse pas. De même que la face B, Let Me Roll It, qui démarre comme un slow dégoulinant et se poursuit en un blues vaguement torturé, au riff de guitare monumental et à la voix sous influence (apparemment, ce fut involontaire de la part de Macca, qui s'en rendra compte plus tard) Lennon. Une autre grande chanson, rien à dire, c'est du grand art !

08Mrs. Vandebilt/Bluebird (1973) : Mon single préféré de cette période. Deux immenses chansons, issues de Band On The Run. La première est une ritournelle pop sautillante au refrain tapageur, entêtant, en vocalisees type Sept Nains partant de la mine : ho, hey ho ! ho, hey ho ! Mrs. Vandebilt est un chef d'oeuvre que Macca n'interprètera live que très tardivement, en 2009. Un de mes morceaux préférés du mec. La face B, qui aurait mérité une sortie en face A elle aussi, est la ballade Bluebird, au climat un peu exotique (les percussions, le saxo de Tom Scott), une pure splendeur au titre en référence probable au Blackbird que Macca avait fait en 1968 au sein des Beatles. Impossible de s'en lasser, c'est la perfection absolue que ce doublé de chansons !

09Band On The Run/Zoo Gang (1974) : On ne présente plus la première chanson, tuerie en plusieurs temps qui ouvre le monumental album du même nom, de 1973. Band On The Run est toujours chantée par Macca, toujours avec succès. La face B, elle, est inhabituelle, étrange, et pour tout dire, pas grandiose du tout : Zoo Gang. Enregistré à Paris, c'est la bande-son, totalement instrumentale, d'une émission de TV baptisée The Zoo Gang, britannique, une mini-série ayant peu marché. Le morceau se trouvera sur la première (désormais épuisée) réédition CD de Venus And Mars, on la trouve aussi sur la réédition 2010 (le disque bonus dans l'édition collector) de Band On The Run. C'est une pièce pour collectionneurs avertis, ceux qui veulent tout avoir et écouter de leur idole. Ce single ne sortira qu'en Europe, car, aux USA, on lui préfèrera, en face B, un autre morceau (voir plus bas).

10Band On The Run/Nineteen Hundred And Eighty-Five (1974) : La version américaine du single précédent, qui remplace donc Zoo Gang par Nineteen Hundred And Eighty-Five, issu de l'album Band On The Run. Cette version ricaine, plus facile à trouver, est également meilleure, la face B étant absolument démentielle (et la face A, on le sait, l'est aussi). Le dernier single issu de cet album à succès. Un des meilleurs du groupe, vu la qualité des deux chansons.

11Junior's Farm/Sally G (1974) : Encore un 45-tours hors-album, comme, d'ailleurs, le suivant. Un des rares témoignages enregistrés des Wings avec le batteur Geoff Britton (certains morceaux de Venus And Mars sont avec lui à la batterie, mais il quittera le groupe durant les sessions et sera remplacé par Joe English), ce doublé de chansons est un des meilleurs singles du groupe, et leur seule livraison originale de 1974 (en ce qui concerne les chansons, car, vous allez voir avec le single suivant, qui date pourtant, lui aussi, de 1974). Junior's Farm, présent sur Wings Greatest (best-of de 1978) et Wingspan (compilation de 2001), est un rock efficace, enjoué, le genre de morceau qu'on n'oublie pas une fois écouté. Sally G, en face B, est tout autre, c'est une belle petite ballade country bien reposante, un peu comme Country Dreamer d'un autre single. Ambiance un peu western. Les deux chansons sont désormais, aussi, sur le disque bonus de la réédition 2014 de Venus And Mars, mais autrefois, Sally G était sur celle de Wings At The Speed Of Sound. Quant à Junior's Farm, il était donc sur Wings Greatest, best-of qui fut édité en CD, donc on ne le retrouvera pas en bonus-track d'une réédition avant l'an dernier !

12Walking In The Park With Heloise/Bridge On The River Suite (1974) : Deux morceaux instrumentaux étonnants, sortis sous l'appellation The Country Hams, mais il s'agit bien des Wings. Un petit single pour collectionneurs, au style suranné, un peu kitsch mais vraiment sympa. On notera une pochette très réussie, et, surtout, le fait que le premier morceau, Walking In The Park With Heloise donc, est une très ancienne composition signée non pas de Paul McCartney, mais...de son père, James ! Le fiston lui rend donc un bel hommage ici (l'autre morceau, quasiment aussi réussi, est, lui, signé du groupe). Ces deux morceaux se trouvaient sur la réédition CD, autrefois, de Wings At The Speed Of Sound (1976), elles sont, désormais, sur le disque bonus de la réédition CD 2014 de Venus And Mars (1975), ce qui est plus logique vu l'année de sortie du single)

13Listen To What The Man Said/Love In Song (1975) : Venus And Mars sort en 1975, et le premier de ses singles promotionnels sera cette chanson, Listen To What The Man Said, qui sera N°1 aux USA, un des plus gros, des plus colossaux succès du groupe. Je dois dire que je n'en ai jamais été un grand fanatique, je la trouve un peu énervante, mais la joie de vivre distillée dans cette chanson est communicative, et le saxophone de Tom Scott est assez entraînant. Bonne petite chanson. Love In Song (issue aussi de l'album, comme toutes les faces B des singles promotionnels de l'album, d'ailleurs) est, elle, une de mes préférées de Venus And Mars, une pure petite splendeur douce comme une pluie d'été, production sublime. Magnifique.

14Letting Go/You Gave Me The Answer (1975) : Un blues lent et torture, ode à Linda, en face A, et une des meilleures chansons de l’album Venus And Mars : Letting Go. Malgré la réussite totale de la chanson, ce single sera hélas un bide commercial, ce qui peut sembler difficile à comprendre, car c’est vraiment une chanson puissante. Laface B est une rigolarderie kitschouille du nom de You Gave Me The Answer, chantée par un Macca se prenant pour un crooner des années 30/40, avec passage rétro au centre. Court, et heureusement, car ce n’est pas immense (pas mauvais non plus).

15Venus And Mars - Rock Show/Magneto And Titanium Man (1975) : En guise de face A, le doublé Venus And Mars/Rock Show, bien abrégé, car des quasi 7 minutes de la version album, on a ici moins de 4 minutes (format oblige), ce qui, forcément, tue un peu l'ambiance. Mais c'est quand même pas mal du tout, même si on préfèrera la version complète. La face B est Magneto And Titanium Man, chanson amusante, trépidante, au rythme sautillant et aux paroles débiles inspirées par les superhéros des comics américains. Pas la meilleure de l'album, ni de Macca et des Wings en général. Bon, c'est quand même pas mal, mais ce single est moins percutant que de coutume.

16Silly Love Songs/Cook Of The House (1976) : Premier des deux singles promotionnels du très démocratique (chaque member du groupe chante au moins une chanson) Wings At The Speed Of Sound. En face A, le très tubesque et vraiment génial Silly Love Songs, chanson écrite par Macca pour protester gentiment contre ceux qui lui reprochaient de n’écrire que des chansons niaises et sur l’amour. Le refrain de cette chanson est volontairement niais et caricatural, et dans l’ensemble, c’est jubilatoire. Cook Of The House, en face B, est une chanson écrite par Paul pour Linda, qui la chante donc, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est médiocre. Je ne veux pas critiquer Linda, surtout qu’elle est morte depuis, mais cette chanson est clairement celle qu’il faudrait retirer au répertoire du groupe (et pas seulement à l’album), et elle constitue aussi, par voie de fait, la pire face B de single du groupe. Rigolo, mais vraiment mauvais.

17Let 'Em In/Beware My Love (1976) : Deuxième et dernier single promotionnel de Wings At The Speed Of Sound. Deux chansons signées Paul, deux monstres absolus par ailleurs. Let ‘Em In est une magnificence pop/rock à l’ambiance pépère, à la mélodie entêtante, on n’oublie pas la chanson une fois écoutée, elle reste longuement en tête. 5 minutes de splendeur. Beware My Love, sur la face B, est d’un tout autre genre, c’est assez heavy, musclé, une chanson grandiose (ma préférée de l’album), interprété à la perfection par un Macca totalement survolté. Le final est dantesque, et cette chanson est une des meilleures faces B de singles du groupe. Superbe.

18Maybe I'm Amazed/Soily (1977) : Deux morceaux grandioses, issus du triple album live Wings Over America de 1976. La première est le genre de chanson qu'on ne présente plus, Maybe I'm Amazed, issue, à la base, de McCartney (1970), le premier opus solo de l'ex-Beatles. Cette version live surmultiplie le côté envoûtant et émouvant de cette grande chanson que Macca chante toujours en live de temps à autre. Sublime. La face B, Soily, est un rock limite hard-rock, trippant, achevant l'album, qui ne fut jamais mis en album en version studio, mais qui date des sessions de Red Rose Speedway, le groupe le chantait souvent en live durant leurs concerts (une version datant de 1974, issue du film-concert One Hand Clapping, est sur le disque bonus de la réédition CD 2014 de Venus And Mars). Cette version live de l'album de 1976 est absolument tuante, un des meilleurs moments de Wings Over America, et une conclusion monstrueuse.

19Seaside Woman/B-Side To Seaside (1977) : Un peu particulier, ce single hors-album, peu connu (et pièce de collection) : il est crédité à Suzy & The Red Stripes, et il s'agit de deux chansons interprétées par Linda (et que Paul mettra bien des années plus tard, en 1998, sur Wide Prairie, l'album posthume de chansons de Linda, morte d'un cancer peu de temps avant au cours de la même année), deux chansons au style reggae, la première datant de bien des années avant leur sortie en 45-tours (Seaside Woman était déjà jouée live par le groupe en 1972). Pas immense, mais quand même assez sympa, pour collctionneurs et oreilles curieuses !

20Mull Of Kintyre/Girls' School (1977) : Un des singles les plus vendus dans le monde, et le plus vendu en Angleterre, du moins, pendant de nombreuses années. C'est un fait, on ne présente plus Mull Of Kintyre, chanson au climat écossais, inspiré par un site situé non loin de la ferme où vivait le couple McCartney depuis de nombreuses années. Une chanson tout simplement immense, avec ses cornemuses, son ambiance acoustique/feu de camp. Un régal total que l'on retrouvera sur Wings Greatest, compilation de 1978, et sur les autres best-ofs de Macca. Très rock, très différent donc, Girls' School, sur la face B, est moins grandiose, mais vraiment efficace, je l'aime beaucoup. On la retrouvera sur la version CD de London Town (il me semble d'ailleurs que ça sera aussi le cas de Mull Of Kintyre). A noter sur le single était, comme certains des Beatles, avec deux faces A, en réalité, mais Mull Of Kintyre a littéralement écrasé Girls' School au finish.

21With A Little Luck/Backwards Traveller - Cuff Link (1978) : Premier des trois singles de l'album London Town (1978). Cette chanson de face A, qui se retrouvera, plus tard dans la même année, sur le best-of Wings Greatest, c'est With A Little Luck, merveille pop au climat éthéré, à la douceur agréable, aux claviers enivrants. Rien à dire, c'est sublime. La face B offre un doublé (3 minutes en tout : 1 et 2 minutes respectivement) issu également de London Town : Backwards Traveller et Cuff Link. La première est une chansonnette ultra courte, une sorte de petit bouche-trou sans attrait musical majeur, mais c'est sympa. Cuff Link, instrumental, le suit sans pause, et est très intéressant, avec ses climats à la fois synthétiques et imprégnés d'une guitare délivrant un riff cyclique vraiment entêtant. Une des faces B de singles les plus atypiques du groupe.

22I've Had Enough/Deliver Your Children (1978) : Le single le moins connu du triplé concernant London Town.I've Had Enough est un rock nerveux, à la Who, qui achevait efficacement la face A de l'album. Pas ma chanson préférée de l'album ni des Wings, je la trouve d'ailleurs un petit peu poussive, mais dans le genre, c'est pas mal. Deliver Your Children, interprétée par Denny Laine, est une magnifique chanson au climat folk, une des meilleures de ce remarquable album. C'est elle qui aurait mérité la face A, malgré qu'elle ne soit pas signée McCartney et que, donc, dans un sens, les fans auraient difficilement compris qu'on la sorte en single. Mais musicalement parlant, elle est nettement supérieure (et totalement différente, surtout) !

23London Town/I'm Carrying (1978) : Dernier single promotionnel de l'album, avec sa chanson-titre, ce London Town absolument sublimissime, une de mes chansons préférées du groupe. Une ode à la ville de Londres, sa pluie sur ses quais embrumés... Une petite douceur interprétée en harmonies vocales par le couple McCartney et Laine, les trois seuls membres restants une fois le disque sorti, car McCulloch et English sont partis durant les sessions. Magnifique. La face B est également très belle, une petite douceur acoustique intitulée I'm Carrying, issue de l'album, chanson courte (2 minutes et des poussières) qui pisse pas loin, mais mérite amplement l'écoute.

24Goodnight Tonight/Daytime Nightime Suffering (1979) : La première livraison des nouveaux Wings est un doublé de chansons qui ne se retrouveront pas sur album (on les trouvera sur la version CD de McCartney II et de Back To The Egg, respectivement, les anciennes versions), deux chansons absolument grandioses. C'est un fait, si tout Back To The Egg avait été de ce niveau, l'album aurait été un des grands meilleurs du groupe et de McCartney en général. Au lieu de cela, il n'est que plutôt bon... Goodnight Tonight (une version longue de 7 minutes sortira, gros succès en France) est une sorte de disco-pop totalement enthousiasmante, un tube qui plus est, avec une ligne de basse absolument démentielle signée Paulo. Ode à la liberté des femmes, chanson féministe, Daytime Nightime Suffering, en face B, est au moins tout aussi grandiose, plus rock que disco (et même pas disco pour un sou, en fait !) et le genre de chanson qui mériterait d'être plus connue. Oui, je la préfère (de peu, cependant) à Goodnight Tonight, et pourtant, Goodnight Tonight assure !

26Old Siam, Sir/Spin It On (1979) : Premier single issu de l'album de 1979 Back To The Egg (dernier du groupe, et seul avec les musiciens Steve Holly et Laurence Juber), un album étonnant, un peu controversé, considéré par certains comme un des plus gros ratages de Macca, et par d'autres comme un disque sous-estimé, pas immense, mais méritant totalement plusieurs écoutes attentives (c'est mon cas). Old Siam, Sir est une chanson assez rock, au climat asiatique comme son titre le dit. Macca y chante d'une voix un peu arrachée, comme sur les chansons Oh ! Darling (Abbey   Road des Beatles) ou Monkberry Moon Delight (sur Ram). Musicalement, c'est assez réussi. Spin It On, en face B, est un rock nerveux, speedé, court et à l'arrache, quasiment du punk. Ce single ne sortira qu'en Europe et Royaume-Uni. Les deux chansons se retrouveront, aux USA, sur deux autres 45-tours, de la même année.

25Getting Closer/Baby's Request (1979) : Mon morceau préféré de Back To The Egg en face A, et, pour la face B, une variation entre l'Europe et les USA. Pour l'Europe, ce fut Baby's Request, chanson à l'ancienne, vieillotte, pas immense mais bien sympa, qui achevait agréablement l'album Back To The Egg (pour les USA, ce fut Spin It On, dont j'ai parlé plus haut, car ce fut la face B du précédent 45-tours !). Bref, une face B correcte (dans les deux cas) mais pas inoubliable, contrairement à la face A : Getting Closer est une tuerie, qui s'achève en apocalypse, un morceau hélas un peu trop court (3,20 minutes), mais qui ouvrait (après une intro instumental d'une minute) parfaitement l'album.

27Arrow Through Me/Old Siam, Sir (1979) : Single sorti uniquement aux USA et au Canada, pour remplacer, dans un sens, celui, plus haut, sorti seulement en Europe. La chanson de face B était d'ailleurs en face A sur ledit single européen, je n'en reparle pas ici. La face A, Arrow Through Me, issue de Back To The Egg, est une superbe chanson, une des meilleures de cet album assez controversé, le dernier des Wings. Une chanson presque disco, à la Goodnight Tonight, en plus langoureux, qui fait partie de mes préférées de cette période peu connue, et peu cartonneuse, des Wings.

114838bComing Up/Coming Up (Live)/Lunchbox - Odd Sox (1980) : Premier single des années 80, sorti après une période difficile pour Macca (incarcéré, brièvement, au Japon, pour possession de marijuana, la tournée asiatique des Wings sera dès lors annulée ; en 1979) et la sortie de son premier vrai album solo en 10 ans, McCartney II (disque assez expérimental et, pour tout dire, pas très réussi). Trois morceaux sur ce 45-tours. La première, c'est Coming Up, chanson issue de son album solo, chanson remarquable qui, selon la légende, aurait poussé Lennon a enregistrer à nouveau, tellement il fut emballé. Cette chanson date de 1979, de la dernière époque des Wings, et justement, le deuxième morceau, c'est une version live, issue d'un concert de 1979 à Glasgow (morceau présent sur l'ancienne édition CD de McCartney II, et peut-être aussi sur le disque bonus de la réédition 2009, mais là, je n'en suis pas sûr ; je ne l'ai pas), du même Coming Up, très bonne. Et déjà très proche de la future version studio que Macca a enregistré seul (comme tout l'album). Dernier morceau, un instrumental pas immense, mais écoutable, intitulé étrangement Lunch Box/Odd Sox, issu des sessions de Venus And Mars (et présent sur les deux versions CD, l'ancienne et la 2014, de l'album, en bonus-track).

29Spies Like Us/My Carnival (1985) : Je ne parlerai pas de la face A, chanson d'un générique de film plus ou moins oublié, comédie américaine des années 80. Non seulement la chanson n'est pas immense, mais elle ne fait pas partie du répertoire des Wings. My Carnival, elle, en face B, est un petit délire enjoué enregistré en 1974 (durant les sessions de Venus And Mars, on trouvera d'ailleurs cette chanson en bonus-track sur l'ancienne version CD de l'album, mais aussi sur la nouvelle, de 2014, sur le disque bonus) à la Nouvelle-Orléans, et on retrouve cette ambiance carnavalesque et bon enfant tout du long. C'est pas inoubliable, un peu répétitif, mais ça met l'ambiance, et c'est quand même loin d'être mauvais !

30Put It There/Mama's Little Girl (1990) : Pour ce dernier single concernant les Wings, c'est comme les deux précédents. La face A est issue du Flowers In The Dirt (1989) de Macca, belle chanson acoustique en hommage à son père. La face B est des Wings : Mama's Little Girl (qui sera présente en bonus sur la version CD de Wild Life, désormais épuisée) est une chanson datant des débuts du groupe, et qui sera achevée, mixée en 1987. Une chanson sympa, ballade acoustique que le public découvrira donc très tardivement. Une des chansons les moins connues du répertoire de McCartney, et pour cause. Ce n'est pas immense, mais rien de honteux, et ça va super bien avec Put It There !