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Je ne vous ferai pas l'affront de vous demander si la pochette de cet album vous rappelle quelque chose. Il est en effet des plus évidents que la pochette de cet album-ci est une allusion directe à celle de Rubber Soul. Mais ouiiiii, je me fous de votre tronche. En tout cas, si la pochette de ce live (oui, c'est un live) est une allusion à Abbey Road, son titre est un jeu de mots facile à deviner et faisant allusion à la fameuse légende urbaine auto-anéantissante de la prétendue mort de Paul McCartney, légende survenue en 1969 par le biais d'une émission de radio (un auditur un peu chtarbé appela la station, se retrouva en ligne avec l'animateur, et lui balança tout le shebang en live, on imagine la tronche de l'animateur). La pochette d'Abbey Road regorge(rait) d'indices, comme la plaque d'immatriculation de la voiture blanche, LMW 28 IF qui signifierait Living McCartney Would (be) 28 If (still alive), soit 'McCartney, s'il était encore vivant, aurait 28 ans'. L'âge de Macca en 1969. Sur la pochette de ce live sorti en 1994, Paul Is Live, on voit, sur la plaque d'immatriculation, 51 IS (soit 'Paul a 51 ans', son âge en 1993) ! Ca plus le titre ('Paul est live'/'Paul est vivant'), inutile de dire que Macca s'est fait plaisir. Surtout que la pochette ne le montre pas en train de traverser avec son groupe (il aurait pu choisir ça) mais en train de promener son chien, qui semble d'ailleurs le promener lui, en fait ! Ce chien est un des descendants directs de Martha, la chienne que Macca immortalisa en 1968 sur une chanson du Double Blanc, pour l'anecdote qui ne vous empêchera pas de dormir ce soir tant elle n'est pas du genre à se triturer les méninges pour en chercher un sens caché. 

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Paul Is Live, sorti en fin d'année 1993, est un live plutôt court : 77 minutes (pour 24 titres), soit suffisamment long pour tenir sur deux vinyles, mais suffisamment court pour ne tenir que sur un seul CD. C'est toujours triste, et limite scandaleux, surtout pour un album live sorti à l'ère du tout-CD, de n'être qu'un simple album. Inutile de dire que Paul Is Live ne propose pas l'intégralité d'un concert ! De toute façon, même double, ça n'aurait pas été le cas : comme Wings Over America et Tripping The Live Fantastic (et aussi Back In The World/Back In The U.S., sortis en 2002), Paul Is Live est un assemblage issu de plusieurs concerts de la tournée. Quelle tournée ? Le New World Tour, tournée promotionnelle de Off The Ground, son album de 1993, dont pas moins de cinq titres sont interprétés ici. Et pas les moins bons : Looking For Changes, C'Mon People, Hope Of Deliverance, Biker Like And Icon, Peace In The Neighborhood. Ce live a été capté essentiellement aux USA (Denver, San Antonio, Kansas City, Atlanta, Boulder, New York, Charlotte), un petit peu à Sydney, Australie aussi. Rien n'est issu de concerts européens ou asiatiques. Paul Is Live a deux particularités : celui de ne contenir aucun doublon (enfin, si, juste un : Live And Let Die, mais pas la même version évidemment) de titres avec Tripping The Live Fantastic. Et celui de se terminer sur quatre titres (dont un très court et non-musical, des intermèdes) enregistrés en soundchecks (répétitions scéniques d'avant-concert), dont les inédits Hotel In Benidorm et A Fine Day, et une reprise du I Wanna Be Your Man des Beatles.

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Pour l'absence (ou quasi-absence) de doublons, ça signifie que l'on ne trouve aucun des titres entendus sur Tripping The Live Fantastic, qui offrait tout de même la crème de la crème du best-of de Macca (avec et sans Beatles) : Band On The Run, Jet, Can't Buy Me Love, Let It Be, Hey Jude, We Got Married, Ebony And Ivory, Back In The U.S.S.R., Yesterday, Get Back, Coming Up, autant de morceaux qui sont absents, donc, de la setlist de Paul Is Live (mais qui furent pour beaucoup, n'en doutez pas, interprétés au cours des concerts de la tournée). Pourquoi ces absences étonnantes ? Pour ne pas offrir deux fois le même live, probablement. Macca n'aura cependant pas autant de scrupules pour ses deux albums live suivants, Back In The World (et son pendant Back In The U.S. sorti aux USA à sa place) en 2002 et Good Evening New York City (seul de ses lives à proposer un concert unique, et pas un assemblage) en 2009. Mais en 1993, il ne voulait pas donner l'impression de sortir le même live que son double de 1990, et c'est tout à son honneur. Surtout que, les musiciens étant les mêmes (sauf le batteur, Blair Cunningham, qui n'était pas de son groupe en 1990), l'interprétation est similaire. Donc, sur Paul Is Live, outre Live And Let Die (seul doublon) et les morceaux de Off The Ground, on a quoi ? Des morceaux de Macca solo, Wings inclus (My Love, Let Me Roll It), une ou deux reprises bien senties de rock'n'roll (Good Rockin' Tonight, Kansas City), et surtout, des morceaux des Beatles : Drive My Car, Magical Mystery Tour, Penny Lane (que Macca interprètera live pour la première fois en solo au cours de cette tournée, pour les deux dernières citées), All My Loving, Michelle, We Can Work It Out, Lady Madonna, Paperback Writer et Here, There And Everywhere. Du lourd, du très lourd, et dans des versions franchement excellentes.

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Ce live, bien que court, et bien que ne proposant pas les classiques Hey Jude, Let It Be, Band On The Run, Jet, Yesterday et Coming Up (le genre de morceaux que Paul chante systématiquement), est un excellent moment de pop/rock live, d'une qualité audio exceptionnelle, et d'une qualité musicale remarquable. Il ne sera cependant pas très bien accueilli à sa sortie, aussi bien par les fans qui se demanderont pourquoi sortir encore un live, et par la presse qui se posera à peu près la même question ! Ce n'est pas le meilleur live de Macca, sa courte durée et sa setlist frustrante (mais tout de même, Magical Mystery Tour, C'Mon People, Penny Lane...) l'empêchent de se hisser au niveau des deux précédents lives. Mais c'est vraiment un très très bon disque. Il est intéressant de noter que mis à part le premier disque de The Fireman (side-project de Macca, avec Youth), Strawberries Oceans Ships Forest sorti à la même époque en fin 1993, Paul Is Live sera le dernier album de Macca jusqu'à Flaming Pie en 1997. Entre temps, Macca, Ringo et Harrison, assistés de Jeff Lynne, bosseront comme des dingues sur le projet Anthology des Beatles (trois double-CDs, une série documentaire, et par la suite, un imposant livre), qui sortira entre 1995 et 1996. Macca aurait très bien pu sortir Flaming Pie plus tôt, mais ne voulait pas se mettre en concurrence avec son ancien groupe, les Beatles passeront en prem's. Il faudra donc attendre 1997 pour un nouvel album studio solo, mais quel album ! J'en reparle demain...

Drive My Car

Let Me Roll It

Looking For Changes

Peace In The Neighbourhood

All My Loving

Robbie's Bit (Thanks Chet)

Good Rockin' Tonight

We Can Work It Out

Hope Of Deliverance

Michelle

Biker Like An Icon

Here, There And Everywhere

My Love

Magical Mystery Tour

C'Mon People

Lady Madonna

Paperback Writer

Penny Lane

Live And Let Die

Kansas City

Welcome To Soundcheck

Hotel In Benidorm

I Wanna Be Your Man

A Fine Day