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Le premier album live de Paul McCartney date de fin 1976, c'est le fameux triple Wings Over America fait avec ses Wings, justement, et qui sera un succès commercial retentissant. En fait, ce live sera un tel succès qu'il écrasera quelque peu les ventes de la première compilation de Macca (Wings Greatest, sorti en 1978), car on considèrera, quelque part, que le triple live est une bien meilleure compilation, ce qui n'est pas faux. Il faudra ensuite attendre 1990 pour que Macca ressorte un live. Là aussi, ça sera un triple, dans sa version vinyle (que je me suis chopé récemment, en état impeccable, avec le livret en papier glacé ; seul reproche à faire : une pochette simple, plus épaisse que de coutume mais tout de même simple, pour glisser trois disques dans leurs sous-pochettes de papier épais et un livret, c'est peu, vraiment peu), et la version CD est double (on notera qu'il existe aussi une version simple CD, et double vinyle il me semble, sous-titrée 'Highlights', proposant le meilleur du show, et cette version CD simple est à l'heure actuelle facile à se procurer sur le Net, par rapport à la double). Ce live, c'est bien entendu Tripping The Live Fantastic, et il propose, dans sa version complète (le triple vinyle et le double CD n'ont aucune différence de durée), pas moins de 2h20 de concert, respectivement 19 et 18 titres (37 en tout). Le tout, avec une qualité audio exceptionnelle.

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De même que Wings Over America (et de même que les deux albums live suivants de Macca, Paul Is Live en 1994 et Back In The World en 2002 - live dont il existe aussi une version purement ricaine, Back In The U.S., au contenu quasiment identique), Tripping The Live Fantastic ne propose pas un concert entier, mais un assemblage (très bien mixé, car mis à part dans des endroits où Macca cite le nom de la ville où il se produit - un Bonsoir, Paris ! dans l'intro de Rough Ride, par exemple - on a l'impression que tous les morceaux sont issus du même show) de plusieurs concerts de la tournée mondiale de promotion de son Flowers In The Dirt. Un album qui, on l'a vu hier quand je l'ai réabordé ici, compte parmi les plus belles réussites du bassiste gaucher, a été un très très gros succès, et lui a tout simplement permis de remonter la pente après une moitié de décennie 80 assez compliquée. Pour cette tournée mondiale qui l'a fait passer par l'Europe (Paris, Rotterdam, Dortmund, stade de Wembley à Londres, Munich, Madrid, Gothenburg), l'Amérique (Detroit, Miami, Montréal, Toronto, Cincinnati, Los Angeles, Rio de Janeiro) et l'Asie (Tokyo ; Macca revient au Japon 10 ans après y avoir été arrêté et emprisonné une semaine pour détention de marijuana), l'ex-Beatles est entouré des musiciens de cet album de 1989, justement : Paul 'Wix' Wickens (claviers), Hamish Stuart (basse et guitares acoustique et électrique, chant sur Ebony And Ivory en duo avec Macca, et je précise que Stuart n'est pas black malgré le choix de le faire chanter avec Macca sur cette chanson anti-racisme qui fut autrefois faite par Paul et Stevie Wonder), Robbie McIntosh (lead guitar), Chris Whitten (batterie, percussions), Linda (claviers, choeurs), et Macca lui-même, en plus du chant, tient basse, guitares et claviers, selon les morceaux. 

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Whitten en veste à pois ; Stuart avec le T-shirt Ooh-her ; McIntosh juste derrière Paul ; Wickens avec le chapeau

Un groupe solide qui tiendra encore quelques années (après la tournée New World de 193/1994, immortalisée par Paul Is Live, Macca se séparera de quelques uns d'entre eux) et qui assure du début à la fin sur ce triple live (bien qu'il soit plus facile à trouver en simple CD, et même en double CD, qu'en triple vinyle, c'est sous ce format que je me réfère en pensant à Tripping The Live Fantastic) parfait de bout en bout...même s'il est vrai que, sensibilité personnelle, les nombreuses reprises de vieux rock'n'rolls (Matchbox, Crackin' Up, Twenty Flight Rock, Ain't That A Shame) ne sont pas mes moments préférés sur ce live. On sent que Paul s'éclate à les faire (après tout, en 1988, il a fait un disque entier de ce genre, pour les Russes, et au sein des Beatles, il chantait Long Tall Sally, notamment), ses musikos aussi, mais je préfère entendre ses chansons (en solo ou avec les Beatles, car évidemment, le live en possède plein : 15 (plus Matchbox qui, à l'époque, était chantée par Ringo), et parmi elles, que du lourd : notamment Hey Jude (précédée d'une intro rigolote laissant à penser que le morceau interprété serait un boogie haletant), The Fool On The Hill, Yesterday, Get Back, The Long And Winding Road, I Saw Her Standing There, Birthday (que Paul ressortira en single afin de commémorer la date de l'anniversaire de Lennon, je parle de sa naissance et pas de sa mort, il est né en octobre 1940), Let It Be, Can't Buy Me Love...et surtout, en final du concert, un moment intense : le final du medley d'Abbey Road : Golden Slumbers/Carry That Weight/The End. Je n'imagine tout simplement pas la réaction des gens entendant ça pour la première fois, en live, au cours d'un des concerts de la tournée. And in the end, the love you take is equal to the love you make. Immenses frissons. Les concerts se finissaient ainsi (le live propose, en final, Don't Let The Sun Catch You Crying, morceau studio inédit, loin d'être négligeable au demeurant).

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La période Wings n'est pas négligée, mais reste tout de même la portion congrue (trois titres : Jet, Band On The Run et Live And Let Die, trois titres que Macca a joué à chaque concert ou presque, depuis son retour scénique en 1976), Macca n'en était pas encore à réhabiliter cette période de sa carrière qui, personnellement, est ma préférée depuis son départ des Beatles. Par la suite, il se risquera (au grand plaisir des fans) à en jouer de plus en plus au fil de ses tournées (même chose pour les morceaux des Beatles qui, désormais, représentent largement plus de la moitié de ses shows). Niveau carrière solo, en revanche, entre Coming Up (à la sauce moderne, avec inclusion de samples new jack), Maybe I'm Amazed, Ebony And Ivory et morceaux issus de Flowers In The Dirt (Put It There, Rough Ride, Figure Of Eight, My Brave Face, This One et le grandiose We Got Married), on a de quoi faire. Dans l'ensemble, entre une production remarquable (pour l'époque - 1990 - ce live sonne super bien, rien à dire de négatif), un setlist intéressante qui fait la part belle à une belle nostalgie (beaucoup de monde allait voir Macca en live rien que pour le plaisir d'entendre les chansons des Beatles), des musiciens et un Paulo en grande forme et une durée super généreuse (et ce qui ne gâche rien, le vinyle est de la même durée : tout tient sur trois disques, les morceaux n'ont pas été raccourcis contrairement à ce qui se faisait parfois à l'époque), Tripping The Live Fantastic est presque (car Wings Over America reste le summum pour moi) le meilleur live de Macca. Seule ombre au tableau : que la version 'Highlights' (un simple CD) soit à l'heure actuelle plus facile à trouver que la version intégrale. J'espère que McCartney rééditera ce live dans son Archive Series, et si c'est le cas, en version complète ! A noter que la version double CD (en gros boîtier fatbox) contient deux livrets, avis aux amateurs si vous en trouvez un exemplaire en brocante, convention ou sur le Net !

FACE A

Showtime

Figure Of Eight

Jet

Rough Ride

Got To Get You Into My Life

Band On The Run

Birthday

FACE B

Ebony And Ivory

We Got Married

Inner City Madness

Maybe I'm Amazed

The Long And Winding Road

Crackin' Up

FACE C

The Fool On The Hill

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band

Can't Buy Me Love

Matchbox

Put It There

Together

FACE D

Things We Said Today

Eleanor Rigby

This One

My Brave Face

Back In The U.S.S.R.

I Saw Her Standing There

FACE E

Twenty Flight Rock

Coming Up

Sally

Let It Be

Ain't That A Shame

Live And Let Die

If I Were Not Upon The Stage

Hey Jude

FACE F

Yesterday

Get Back

Golden Slumbers/Carry That Weight/The End

Don't Let The Sun Catch You Crying