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Aaaah, ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé de Ringo Starr sur le blog, non ? Comment ça, ça ne vous manquait pas ? Bande de... non, enfait, vous avez raison. D'autant plus que j'avais abordé ses meilleurs albums (de loin), à savoir ses premiers (sauf le tout premier, Sentimental Journey, qui n'est pas terrible ; mais qui fut abordé ici quand même), Beaucoups Of Blues, Ringo et Goodnight Vienna. Plus une compilation d'époque (Blast From Your Past), plus une triple compilation de son All-Starr Band des années 80/90/2000 (The Anthology...So Far), plus un long article résumant son entière discographie solo (All-Starr Band inclus)... Bref, j'avais quand même abordé du Ringo ici. Pas beaucoup de Ringo, mais le meilleur de sa discographie. Reste donc à aborder le pire, et là, désolé s'il y à des fans de Ringo ici (et personnellement, je ne suis pas fan, mais je suis très respectueux de ce mec hautement sympathique, et puis c'est un ex-Beatles, quand même), mais quand on parle du 'pire de Ringo', il y à l'embarras du choix. Quel album allais-je aborder ? Bad Boy (1978), une chiure innommable faite par un ex-batteur en plein alcoolisme ? Ringo The 4th, le précédent (1977), disco/dance, avec une pochette d'un goût immonde ? Stop And Smell The Roses (1981), fait juste après la mort de Lennon, par un Ringo encore mal en point, et qui est affligeant de sa pochette à ses morceaux ? Old Wave (1983), qui fut très très mal distribué (euphémisme : c'est en fait comme s'il ne le fut pas du tout,vu ses ventes...), et a bidé comme c'est pas possible en grande partie à cause de ça (mais je vous rassure : il est quand même mauvais, donc il aurait bidé même en étant aussi bien distribué que d'ordinaire) ? Ou bien Starr-Struck (1988 ; ou 1989, je ne sais plus trop), deuxième compilation de Ringo, regroupant le meilleur de la période 1976/1983 ?

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Dans le genre, il y avait vraiment le choix. Le mien s'est porté sur un album sorti en 1976, et qui s'appelle Ringo's Rotogravure. En plus, c'est dans la continuité des albums que j'avais abordé, car ce disque suit, en effet, la compilation Blast From Your Past (1975), qui fut le dernier album de Ringo (et le dernier album  tout court !) à être sorti sur le label Apple à l'époque. Cette compilation très courte marquait en quelque sorte la fin d'une époque pour Ringo, sa meilleure, celle du succès et d'albums réussis (ou, au pire, vraiment écoutables). Après, le déluge. Qui démarre lentement, mais sûrement, avec Rotogravure, en 1976, album sorti sous une pochette à la fois amusante et gênante, Ringo, une loupe sur l'oeil, regardant malicieusement le possesseur du disque. Au dos, une photo d'une porte considérablement taguée, celle des locaux d'Apple Records. Dans la pochette était glissé, à l'époque, un petit cadeau : une petite loupe permettant de lire sans se forcer les inscriptions, écrites souvent en très petit, sur la porte ! Je possède le vinyle, sans la loupe, mais je ne m'attendais pas à la trouver dedans, donc, je ne suis pas trop frustré... On se souviendra de Ringo's Rotogravure pour deux choses : cette loupe, et le fait qu'il fut le début de la fin pour Ringo, son premier bide dans une longue et pénible série. Pourtant, l'album a été enregistré avec une série de musiciens de grand talent, tous des potes, tous réunis autour de l'ex-Beatles : Peter Frampton, Eric Clapton, Dr. John, John Lennon, Harry Nilsson, le couple Paul & Linda vous-savez-qui-n'est-ce-pas... En 34 minutes (et 11 titres, même si le dernier, Spooky Weirdness, 1,25 minute de petit bordel sonore sans queue ni tête, n'est pas officiellement crédité sur le vinyle), l'album propose un titre écrit par McCartney, un autre écrit par Lennon, un par Clapton, un autre par George Harrison (qui ne participe pas à l'album), respectivement Pure Gold, Cookin' (In The Kitchen Of Love), This Be Called A Song et I'll Still Love You. Aucune d'entre elle ne figure d'exception dans la liste de chansons médiocres présentes sur ce disque. On y trouve même une reprise (de Bruce Channel), Hey ! Baby, qui est amusante, mais sans plus, et une chanson sortira en single (en fait, deux : Hey ! Baby aussi sortira en single), A Dose Of Rock'n'Roll, qui est des plus affligeantes.

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Entre la chanson mariachi Las Brisas, le Cryin' insupportable, You Don't Know Me At All et Pure Gold, c'est peu dire, au final, que cet album, qui reproduit quelque peu la formule gagnante plein de stars autour de l'ex-Beatles+production étincelante de Ringo (1973) pour la seconde fois (après un Goodnight Vienna (1974) moins réussi que Ringo, mais tout de même vraiment bon), est raté. Aucune chanson, sauf à la rigueur la reprise de Hey ! Baby (on sent que Ringo s'est éclaté à la faire ; en fait, on sent qu'il s'est éclaté à faire tout le disque, entouré de ses potes, qui apparaissent sur l'intérieur de pochette - ci-dessus), ne surnage dans ce marasme, qui est donc le premier mauvais disque de l'ex-batteur. Il fera encore pire avec ses trois albums suivants, et surtout Ringo The 4th et Bad Boy, mais là, ça commence vraiment à devenir pénible, et je ne conseille ce disque (quasiment introuvable en CD à l'heure actuelle) qu'à celles et ceux qui veulent vraiment tout découvrir de la carrière solo de Ringo Starr et sont donc prêt(e)s à tout pour ça. Ce n'est vraiment pas bon du tout, parfois même embarrassant. A noter que la production est signée Arif Mardin (qui a notamment bossé avec Willie Nelson), on se demande ce qu'il est venu foutre dans cette galère...

FACE A

A Dose Of Rock'n'Roll

Hey ! Baby

Pure Gold

Cryin'

You Don't Know Me At All

FACE B

Cookin' (In The Kitchen Of Love)

I'll Still Love You

This Be Called A Song

Las Brisas

Lady Gaye

Spooky Weirdness  (non crédité sur la pochette)