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Après un Agents Of Fortune remarquable en 1976, Blue Öyster Cult était attendu au coin du bois, avec des torches enflammées et des fourches bien pointues, au cas où ils se vautreraient en beauté. Car, avec son hit absolu (Don't Fear) The Reaper, cet album avait vraiment été un colossal succès, le plus imposant du groupe jusque là (disque de platine), et le groupe en sera tout retourné, ne pensant pas, un jour, connaître un tel succès et ne s'estimant pas du tout comme un groupe pop. Blue Öyster Cult entre donc en studio afin d'accoucher du successeur d'Agents Of Fortune, successeur qui sortira en 1977 sous une pochette aux couleurs chaudes (en contrepartie des couleurs sombres et froides, bleu nuit et gris foncé, du précédent opus) les représentant, assis à une table ronde dans un décor intérieur de salle de lecture (au dos, les membres sont debouts, des lasers leur sortant des mains et yeux, voir plus bas). Long d'une quarantaine de minutes, pour 10 titres dont deux futurs tubes, l'album porte le nom de Spectres. Le personnel est inchangé : Donald (Buck Dharma) Roeser à la guitare et au chant sur certains titres ; Eric Bloom au chant et à la guitare ; Allen Lanier aux claviers ; et les frangins Bouchard, Joe (basse, chant) et Albert (batterie, chant). Toujours sous la houlette du producteur Sandy Pearlman, le Cult livre ici un disque attendu, espéré, ce n'est jamais facile de succéder à un best-seller.

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Bilan ? Le disque s'ouvre sur une tuerie qui sera dès lors un jalon du groupe en concert : Godzilla. Rythmique pesante comme le pas du fameux lézard radioactif nippon venu foutre sa merde à Tokyo, guitares en pagaille, chant (de Bloom) efficace, ce morceau ouvre idéalement un album que l'on s'attend dès lors plus ou moins à trouver heavy comme pas deux. Mais le BÖC ne va jamais là où on veut qu'il aille, et si certains autres titres de l'album (Searchin' For Celine, et l'autre hit R.U. Ready 2 Rock qui, sous son titre raccourci digne des futures chansons de Prince, sera lui aussi un classique live) sont du pur hard-rock bien trippant et vibrant, dans l'ensemble, Spectres poursuit la voie d'Agents Of Fortune : la diversification. I Love The Night, chanté par Roeser, est une ballade douce, mélancolique, magnifique ; Death Valley Nights n'est pas loin dans le même genre, et Golden Age Of Leather est assez recherché. Nosferatu est un régal et un morceau absolument monstrueux (rien que le titre !) en guise de conclusion. Je ne suis pas fan de Fireworks et de Celestial The Queen, mais dans l'ensemble, le bilan cet album est, donc, assez positif.

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Bref, si vous cherchez du mauvais Blue Öyster Cult, c'est raté, et je ne puis que vous conseiller d'attendre encore deux ans : en 1979, en effet, sortira Mirrors, un disque reprenant la formule gagnante d'Agents Of Fortune et de Spectres (lequel, lui, reprend la formule gagnante d'Agents Of Fortune, avec moins de bonheur, mais quand même un résultat plus qu'honorable), formule dès lors totalement éculée (et consistant en un ton bien plus pop/rock que heavy dans l'ensemble, et assez hétéroclite), du réchauffé total, et pour le coup, ce Mirrors (que j'aborderai ici prochainement) sera un ratage. Spectres, quant à lui, n'est pas une réussite totale, mais j'avoue bien plus l'apprécier désormais qu'autrefois. J'apprécie mieux son côté un petit peu bordélique. Pas le meilleur album du groupe pour autant, il marchera assez bien, Godzilla sera un tube, et reste à l'heure actuelle une des chansons les plus connus du groupe, et une des préférées des fans. L'album, apparemment, est même devenu, à la longue, un des préférés des fans de Blue Öyster Cult.

FACE A

Godzilla

Golden Age Of Leather

 Death Valley Nights

Searchin' For Celine

 Fireworks

FACE B

R.U. Ready 2 Rock

Celestial The Queen

 Goin' Through The Motions

I Love The Night

Nosferatu