ted-nugent-double-live-gonzo-front-1-2

Ah la la la la la la, je sens que ça va encore polémiquer sur le blog, dans les commentaires, avec cet article (une réécriture d'une ancienne chronique publiée en 2015 et qui, déjà, avait sucsité de la controverse). Mais vous savez quoi ? Fuck les cons

Même si Ted Nugent en est un, de con. Oh, oui. Un bon gros con bien velu et épais qui pense avec son flingue, un all-American connard s'il en est, le genre de mec qui, quand il calanchera, n'occasionnera pas une crise de larmes de ma part, juste une pensée du style il a quand même sorti des albums à tomber le cul par terre sur une assiette de clous rouillés, le Nuge, dans les années 70, c'est vraiment pas rien, mais bon, cette pensée sera temporaire, vite remplacée par l'indéniable fait que, super musicien ou pas, ce mec est un connard. Je ne vais pas revenir sur ses déclarations racistes, conversatrices, misogynes, fascistes, on n'est pas là pour ça. C'est pour ça, le fuck les cons : les mecs qui viennent ici pour gueuler arrêtez de parler de ce connard, boycottons ses albums, je leur répond de ne pas tout mélanger. Si vous aimez le hard-rock qui bute sa race, impossible de détester les albums 70's de Nugent. Et notamment celui-ci, un double live sorti en 1978 et baptisé Double Live Gonzo !, sans doute l'ultime sommet du bonhomme. Ancien leader des Amboy Dukes, Nugent a commencé sa carrière solo en 1975 avec Ted Nugent (Stranglehold, Stormtroopin', Motor City Madhouse), qui est une pure tuerie. Puis Free-For-All en 1976, très bon, et Cat Scratch Fever en 1977, remarquable. Notons au passage que Nugent ne chante pas partout sur ses albums. En fait, il chante un peu, mais c'est surtout Derek St. Holmes qui pousse la chansonnette, jusqu'en 1978. Après, oui, c'est le Nuge (prenez l'album de 1977 : sur le morceau-titre, Sweet Sally et Wang Dang Sweet Poontang, c'est Nugent, mais sur les autres titres, c'est St. Holmes). Il n'est pas rare d'ignorer ce fait,  que Nugent ne chante pas totalement sur ses premiers albums. 

TN1

Sur ce live aussi, d'ailleurs. Sorti quelques mois avant Weekend Warriors (1978, premier album sur lequel Nugent chante tout), il a été capté en divers concerts de la tournée de l'album précédent et de celle de Free-For-All, et Derek St. Holmes est encore là. Il brille de mille feux par son absence sur la moindre photo de la pochette, qui est à la gloire du Nuge' seul. Qualité audio excellente tout du long des 85 minutes, ce live est toujours double en CD, ce qui, vu son titre qui fait explicitement allusion au fait qu'il soit double, est bien. Non, parce qu'un album avec un titre pareil et qui serait sur un seul CD, ça ferait bizarre. 11 titres en tout, ici, certains sont vraiment longs, je pense à Stranglehold, long de 11 minutes (la version originale studio ne fait que 3 minutes de moins, ceci dit), et surtout à Hibernation, long de 17 minutes. On trouve ici deux morceaux alors totalement inédits, Yank Me, Crank Me et Gonzo, joués live mais sans doute jamais enregistrés en studio. On y trouve aussi une reprise (déjà jouée à l'époque des Amboy Dukes) du Baby Please Don't Go de Big Joe Williams, bien dévastée comme il se doit, et deux extraits de Cat Scratch Fever, seulement deux chansons de cet album imparable (le meilleur de Nugent ? Sa plus grosse vente, avec ce live, en tout cas, il me semble) : le morceau-titre, d'une subtilité peu commune (oui, c'est de l'ironie) et Wang Dang Sweet Poontang, introduite par un discours prononcé en mode go-fast. 

TN2

Pendant 85 minutes, c'est un authentique programme de démolition de vos oreilles (si vous n'avez pas d'acouphènes, je vous recommande, pour en avoir, d'écouter ce disque à plein potard, au casque, régulièrement ; résultat garanti sur facture, vous ferez un ORL heureux), un monstre de live de hard-rock, un des plus trippants du genre avec le Motörhead 1981. Aucun répit, nulle part, pas de ballade, pas de moment de tendresse, pas d'intermède acoustique, Ted Nugent et sa bande encule le public par les oreilles pendant presque une heure et demi de sauvagerie musicale, d'une férocité jubilatoire. Dans le genre, c'est un must-have. Et tant pis si le personnage n'est pas recommandable. Moi, je m'en contrefous, du Nugent non-musical. Sa musique est totalement essentielle à tout fan de hard-rock, elle !

FACE A

Just What The Doctor Ordered

Yank Me, Crank Me

Gonzo

Baby Please Don't Go

FACE B

Great White Buffalo

Hibernation

FACE C

Stormtroopin'

Stranglehold

FACE D

Wang Dang Sweet Poontang

Cat Scratch Fever

Motor City Madhouse