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Je suis un tantinet en retard pour le coup : la réédition du Physical Graffiti de Led Zeppelin est arrivée en février dernier, je ne l'aborde, pour son disque bonus, que fin avril, désolé... Pourtant, cette réédition collector, je l'ai reçue quasiment le jour de sa sortie, précommandée longtemps en avance, je n'ai donc aucune excuse ! Il existe plusieurs versions pour cette réédition : une simple (les deux disques de l'album, qui est double je le rappelle), collector (un disque bonus, soit 3 CDs, celle que j'ai), et méga collector (un coffret d'un peu plus de 100 euros avec les trois disques, plus le double vinyle, plus un livre, etc), sans parler du triple vinyle, commercialisé séparément (ayant déjà le vinyle en édition d'époque, je n'allais pas le racheter séparément, mais j'ai vraiment failli me payer le coffiot, malgré le prix ; sans doute le prendrai-je un jour en essayant de ne pas l'avoir trop cher, en occasion, sur le Net...mais peu d'espoir quand même). J'avais abordé ici, au moment de la sortie (en deux salves, une en juin, l'autre en octobre ou novembre 2014) des premières rééditions zeppeliniennes, les disques bonus respectifs de chacun des albums. Dans l'ensemble, il n'y avait vraiment pas de quoi se plaindre, c'était du bon taf : un live quasi complet, et de qualité sonore des plus acceptables, donné en septembre 1969 à l'Olympia, pour le premier album (ce fut pendant longtemps un bootleg) ; des pistes de travail, versions sans paroles ou avec un mix plus rude, pour les autres disques bonus, celui de Led Zeppelin II étant au final le moins intéressant, le plus court, mais compte tenu que l'album fut fait quasiment à l'arrache en divers studios, pendant la tournée U.S. du groupe en 1969, ce n'est pas étonnant, au final.

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Pour Physical Graffiti, il y avait de quoi s'interroger sur le contenu du disque bonus (ou companion disc, comme indiqué). L'album est certes double, il est cependant assez particulier, car la moitié environ de l'album est constitué de morceaux anciens, qui furent mis de côté pendant les sessions de Led Zeppelin IV et Houses Of The Holy, et réutilisés, tels qu'ils étaient (ils ne furent pas réenregistrés), pour combler un album qui, selon le groupe, n'était sans cela pas assez long pour faire un double, mais trop pour faire un simple, et le groupe ne voulait apparemment pas retirer du lot certains de leurs morceaux enregistrés récemment, en 1974, car ils ont eu déjà suffisamment de mal à les faire... Le disque bonus contient 7 titres, pour un total de 41 minutes. Soit à peu près la durée de n'importe lequel des deux disques de l'album (respectivement 39 et 43 minutes). Ce disque bonus est dans l'ensemble vraiment intéressant, on regrettera juste l'absence de Swan Song, un petit instrumental composé durant les sessions de l'album (et ayant donné son nom au label crée par le groupe en cette même année, sur lequel ils sortiront dès lors leurs albums, et sur lequel ils signeront Bad Company, Dave Edmunds ou les Pretty Things, leur Silk Torpedo, en 1974, sera même le premier album sorti sur Swan Songs Records, et une gargantuesque soirée sera organisée), instrumental que Page, une dizaine d'années plus tard, ressuscitera quelque peu sur un des albums de son groupe The Firm, qu'il montera avec Paul Rodgers, ancien chanteur de Free et Bad Company.

1401x788-Led-Zeppelin-1975---courtesy-of-Atlantic-Records

Dans l'ensemble, c'est du bon boulot, et en guise de conclusion de l'article (en attendant les rééditions de Presence, In Through The Out Door et même CODA), en voici un rapide tour d'horizon. Au programme de ce disque, 7 morceaux, donc, essentiellement des rough mixes de chansons, certaines avec leurs anciens titres. C'est ainsi que Brandy & Coke est un rough mix de Trampled Under Foot (durée équivalente), que Everybody Makes It Through (6,27 minutes, soit 2 minutes de moins que la version définitive) est une version embryonnaire d'In The Light, et que Driving Through Kashmir (durée équivalente) est une version en Rough Orchestra Mix de Kashmir, toutes très sympathiques. Sick Again est présent dans une très courte (2,20 minutes) version de travail datant de 1973 (Driving Through Kashmir aussi date de 1973), In My Time Of Dying dans une version rough mix quasiment identique à la définitive, et on a aussi les versions de travail, de respectivement 1972 et 1971, de Houses Of The Holy et Boogie With Stu. Dans l'ensemble, le son est très bon (il a été, évidemment, patiemment nettoyé par Page en studio), mais comme pour les autres disques bonus (sauf celui du premier album), il est conseillé essentiellement aux fans du groupe. On notera pour finir que, visuellement parlant, le design de cette réédition 2015 est aussi réussi que pour les autres rééditions, et même meilleur encore, Page ayant reproduit l'artwork de base (la pochette aux fenêtres découpées, les sous-pochettes avec les illustrations, la sous-pochette double avec les crédits), ce qui fait que, comme pour le vinyle, on peut modifier les fenêtres. C'est peut-être un détail, mais ça change du boîtier CD classique qui ne permettait pas ça (en revanche, une édition vinyl-replica, elle, le permettait) ! Et ultime précision : la réédition 2015 est sortie jour pour jour à la date de sortie de l'album original, soit 40 ans après.

Brandy & Coke

Sick Again

In My Time Of Dying

Houses Of The Holy

Everybody Makes It Through

Boogie With Stu

Driving Through Kashmir