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Coup de coeur perso. GROS coup de coeur perso. L'autre jour, je me balade dans mon magasin culturel préféré (Le Grand Cercle, dans le centre commercial Art De Vivre à Eragny, dans le 95), et au rayon CD/Vinyles (ils en ont plein, des rééditions évidemment)/DVD-Blu-Ray, une musique, en fond sonore, me prend aux tripes, vient me chatouilles les couilles, et finit sa course en plein dans le coeur. Je fonce vers le stand de l'accueil des vendeurs du rayon, en leur demandant ce que c'est, et le vendeur me montre ce disque (visuel plus haut, évidemment). La pochette m'intrigue, cette vue (par Yann Arthus-Bertrand) d'une ville engloutie par la neige et la végétation, qui semble déserte (et en effet, la ville en question, Pripyat, est en Ukraine, à côté de la sinistrement célèbre centrale nucléaire de Tchernobyl, on comprend donc qu'elle soit devenue morte). Le nom de l'album est, justement, The Ghosts Of Pripyat. Le nom de l'artiste, malgré un macaron collé sur le disque (guitariste de Marillion, son premier opus solo, un géant de la guitare, bla bla bla) qui me donne des infos, ne me dit rien du tout : Steve Rothery. Oui, c'est le guitariste de Marillion, groupe de rock progressif mythique des années 80/90, auteurs d'albums tels que Misplaced Childhood ou Marbles, qui ont excellente réputation dans le genre. Mais je n'ai quasiment jamais rien écouté de Marillion, connaissant son chanteur, Fish, et son look et sa voix ne me donnent pas envie d'aller plus loin pour le moment. J'ignorais le nom de leur fameux guitariste. Je le connais, maintenant, et ô combien !

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The Ghosts Of Pripyat, enregistré avec la participation amicale de Steven Wilson (guitariste de Porcupine Tree) sur un titre, et de Steve Hackett (guitariste de Genesis de 1971 à 1977) sur deux titres dont celui, aussi, avec Wilson, est un disque entièrement instrumental, et dédié à la guitare et aux ambiances progressives. Un peu moins d'une heure de musique, pour 7 titres, le plus long atteint presque 12 minutes (Old Man Of The Sea, avec Wilson et Hackett) et est, à lui seul, une tuerie. C'est par ailleurs ce morceau que j'ai entendu dans le magasin, anecdote. Les musiciens jouant sur ce disque sont, outre Rothery (guitare et claviers) : Dave Foster (guitare), Yatim Halimi (basse), Leon Parr (batterie) et Riccardo Romano (claviers). Ces noms ne vous disent peut-être rien du tout, si c'est le cas, moi aussi ! Mais ils sont de très bons musiciens (sur la photo ci-dessus, issue du livret CD, Rothery est le premier à gauche). Ensemble, ces mecs font front autour de la gigantesque guitare de Rothery, qui sait se faire très heavy par moments (Summer's End, le final de White Pass), incroyablement pinkfloydienne dans d'autres (Morpheus, Kendris, le morceau-titre). Comme je l'ai dit, tout le disque est instrumental. Ca tombe bien, dans un sens, car nul besoin, ici, de paroles pour mettre en relief la musique. Tout passe par le son de cette guitare. Les morceaux n'ont pas été composés en allusion à Pripyat, ville sacrifiée à cause de Tchernobyl (les quelques photos du livret font froid dans le dos), sauf le dernier, The Ghosts Of Pripyat, mais une ambiance particulière plane tout du long. C'est difficilement descriptible.

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Il suffit d'écouter pour comprendre. Des morceaux comme Old Man Of The Sea, Morpheus, Summer's End ou Kendris se passent de commentaires. Bien que long, bien que constitué de morceaux longs, The Ghosts Of Pripyat est un régal total. Pour amateurs de guitare électrique, c'est un album qu'il faut absolument écouter. Personnellement, j'ai bien du mal à me lasser de Old Man Of The Sea, je sais, je reviens toujours à ce titre, mais c'est vraiment une incroyable montée en puissance, un morceau qui démarre calmement, et se termine en totale apothéose. Dans ses meilleurs moments (et ils sont légion), cet album, ce premier opus solo de Steve Rothery, fait penser à Pink Floyd, à leur album The Endless River notamment (car lui aussi est instrumental ; sauf un titre), et ce n'est vraiment pas la pire référence que l'on puisse trouver, l'album du Floyd étant franchement immense dans son genre. Bref, The Ghosts Of Pripyat est un grand disque de guitare, un grand disque tour à tour calme et féroce, un chef d'oeuvre !

Morpheus

Kendris

Old Man Of The Sea

White Pass

Yesterday's Hero

Summer's End

The Ghosts Of Pripyat