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J'ai découvert Jackson Browne, il y à une vingtaine d'années, en...lisant un roman de Stephen King. Véridique ! C'est en lisant Christine (pas son meilleur roman, d'ailleurs, le film est mieux, mais je m'égare) que j'ai entendu parler de ce chanteur : on apprend qu'un des personnages secondaires, Moochie Welch (un des salopards s'en prenant au personnage principal, Arnie), s'est rendu, récemment, à un concert de Jackson Browne avec des amis, et qu'il a aimé. J'avais environ 13/14 ans, je n'avais pas Internet (en même temps, personne ne l'avait ou presque, c'était en 1995), je me suis demandé qui était ce chanteur. Un tour à la FNAC, et je trouve un CD de Jackson Browne : Running On Empty. Cet album, donc, sorti en 1977, et que je me suis par la suite, bieeeeeeeeeen des années après (pour tout dire : il y à 6 mois ! Vous dire si c'est bieeeeeeeeeen des années après !) procuré en vinyle. Je suis d'ailleurs content de l'avoir en vinyle, car on y trouve les paroles des chansons et un chouette petit livret de photos diverses et variées de Browne et de ses musiciens sur scène, alors que le livret CD est moche comme un cul de diarrhéïque mal essuyé, sans rien comme information hormis les titres et durées des chansons. Jackson Browne, c'est un des archétypes du son pop/rock à la californienne, un peu avant Toto, à peu près à la même époque que Steely Dan et Fleetwood Mac. Le mec arbore une coupe au bol, porte des tenues en jeans, était apparemment souvent en claquettes sur scène à en croire certaines photos du livret, et savait (sait toujours : il est toujours en activité) s'entourer de putain de bons musiciens, la crème de la crème du son rock californien d'alors : Russ Kunkel (batterie), Lee Sklar (basse), Danny Kortchmar (guitare, percussions), David Lindley (guitare, flûte, violon, steel-guitar, choeurs), Craig Doerge (claviers), Jon Douglas Haywood (basse). Lui-même, en plus du chant, tient guitare et divers claviers.

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Dos de pochette

Gros succès pour Jackson Browne, Running On Empty , qu'il a produit lui-même, date donc de 1977, est son cinquième album, et est un disque un peu à part : il est live, bien que tout ne soit pas enregistré en concert (on a des titres enregistrés dans des chambres d'hôtel, en coulisses ou dans le bus de la tournée). 41 minutes en tout, pour 10 titres, et il est précisé, sur la pochette (c'est d'ailleurs, avec les titres et durées, la seule chose du livret vinyle ayant survécu dans le livret CD), où et comment les morceaux furent faits. La moitié précisément des morceaux provient de concerts, le reste est, donc, enregistré live dans des conditions et environnements différents des habituels studios. A l'écoute de l'album, on s'en rend compte (des applaudissements ci et là, pas sur certains titres mais sur d'autres), mais ça ne choque pas, et au contraire : malgré ce côté un peu chabraque, Running On Empty, sans doute l'album le plus connu de Browne avec Late For The Sky (1975), est très cohérent, et sonne vraiment bien. Les chansons sont toutes dans le registre pop/rock un peu sucré, un peu countrysant aussi (style les Eagles, qui, comme Browne, se trouvaient sur le label Asylum Records, d'ailleurs), et parmi celles de l'album, certaines sont vraiment marquantes : Stay (qui est suit sans pause aucune le précédent morceau, The Load-Out, les deux sont live), Running On Empty (live aussi), Rosie (enregistré hors-scène), Cocaine (rien à voir avec la chanson de J.J. Cale)... Rosie est très connue, et sera adaptée en français, en 1989, par Francis Cabrel, sur son album Sarbacane. Non seulement Cabrel parviendra à conserver la douceur acoustique de la mélodie originale, mais, plus fort encore, il ne la dénaturera pas en ce qui concerne les paroles, il en conservera le sens, le sujet (une jeune femme sympathise avec un ingénieur du son pendant un concert, il tombe amoureux d'elle, mais elle, elle est venue pour les musiciens, pas pour lui), ce qui n'est pas toujours le cas quand on transcrit en français une chanson anglophone : des fois, on ne se casse pas le cul à garder le sujet de la chanson, on en fait autre chose, même si c'était surtout le cas pour les adaptations françaises des chansons dans les années 60 (époque yé-yé, toussa).

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Le vinyle : pochette, sous-pochette et livret (pas une photo perso)

Tout l'album n'est pas immense, on a deux chansons moins fortes que le reste, toutes deux situées en milieu de la seconde face : Love Needs A Heart et Nothing But Time. Mais ce n'est pas grave, le reste de l'album (Stay, You Love The Thunder, The Road, The Load-Out...) étant vraiment excellent. Sans pouvoir être qualifié de chef d'oeuvre (aucun album de Jackson Browne n'en est un, malgré que certains d'entre eux, notamment tous jusqu'à Hold On en 1980, sont au moins du niveau de ce Running On Empty), ce disque live qui n'en est pas totalement un (compliqué, hein ?) est ultra conseillé aux fans de pop/rock des années 70, notamment américaine (Fleetwood Mac de la même époque, Eagles, Steely Dan, etc). C'est vraiment un excellent album, que l'on trouve, de plus, souvent à bas prix (j'ai pu constater que sur Amazon, il était vendu aux alentours de 5/6 euro, ce qui, vous en conviendrez, est peu ; après, c'est peut-être rapport à la période des soldes, mais en général, je ne pense pas qu'on le trouve à un prix plus cher que 10/11 euros sr le Net), ce qui fait que vous pouvez vous y risquer sans problème.

FACE A

Running On Empty

The Road

Rosie

You Love The Thunder

Cocaine

FACE B

Shaky Town

Love Needs A Heart

Nothing But Time

The Load-Out

Stay