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Un groupe australien ? Il y en à. AC/DC, Midnight Oil, INXS, Bee Gees, Rose Tattoo, Men At Work (oh, you come from a land down under ? Where women blow and men plunder ?), Airbourne, Wolfmother, Nick Cave & The Bad Seeds (et avant eux, The Birthday Party)... Il y à aussi Pond. Ah, eux, ils ne sont pas aussi connus, n'est-ce pas ? J'avoue ne connaître que deux albums d'eux : Beard, Wives, Denim de 2012 (leur quatrième album), qui ne m'a pas vraiment plu, et cet album-ci, sorti en 2015, leur sixième et antépénultième à ce jour (ça veut dire avant-avant-dernier), que j'ai acheté au moment de sa sortie parce que sa pochette m'a totalement tapé dans l'oeil. Disque du mois de Rock'n'Folk à sa sortie (c'est là que je l'ai découvert), il s'appelle Man It Feels Like Space Again et je l'ai tellement adoré (et je l'adore encore) que je l'ai acheté en vinyle dans la foulée du CD. Sa pochette ? Elle reprend le style, le concept, d'un des plus fameux albums de tous les temps, Cheap Thrills (1968) de Big Brother & The Holding Company, référence tellement évidente que la chronique de Rock'n'Folk n'en parlait absolument pas (le terme 'psychédélique' revenait évidemment souvent dans le texte), un peu l'air de dire vous le savez, on le sait, tout le monde le sait, alors pourquoi en parler ? et en effet, la référence est évidente, avec ces vignettes (à noter qu'en vinyle, les vignettes sont en partie en die-cut, en découpage, et imprimées sur la sous-pochette)...

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En 45 minutes, Man It Feels Like Space Again est un torrent de space-rock psychédélique et électro produit par Kevin Parker (Tame Impala, dont le Lonerism de 2012 est monumental, au passage piéton), compatriote des petits gars de Pond. C'est le troisième album, d'affilée, qu'il produit pour eux, sans participer (du moins, ici) à l'écriture des morceaux. Il apporte clairement sa touche, ceci dit. L'album est un régal de rock psychédélique moderne qui, de Waiting Around For Grace au morceau-titre (une pièce montée de plus de 8 minutes qui, après 20 écoutes, vous proposera toujours un petit quelque chose de nouveau), est un voyage musical intersidérant. C'est clairement un des albums de 2015, peut-être même l'album de 2015, du moins pour moi. La ballade Holding Out For You, le folkisant Medicine Hat, le funky Zond qu'il est impossible d'écouter le cul vissé sur une chaise sans ressentir le besoin de sauter comme un taré dans tous les coins de la maison... J'ai bien du mal à en parler, de cet album, tellement il fut un coup de coeur personnel à sa sortie, tellement il l'est toujours (pas besoin de l'écouter souvent, en ce qui me concerne, il est enregistré à vie dans mon cerveau ; mais je l'écoute quand même de temps en temps)...

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Man It Feels Like Space Again ("mec ! On se croirait dans l'espace à nouveau !"), n'en déplaise à ses effets de production électrorock modernes, sonne vraiment comme un album de la grande époque psychédélique de 1967/68. Que ce soit Heroic Shart, Sitting Up On Our Crane (ce morceau, sublime...), Elvis' Flaming Star ou le morceau-titre (définitivement le sommet de l'album par sa richesse), rien à jeter sur les trois quartts d'heure décidément trop courts de cet album sensationnel et envoûtant. Désolé pour cette chronique plus courte que de coutume, mais là, je sèche... C'est tellement bluffant...

FACE A

Waiting Around For Grace

Elvis' Flaming Star

Holding Out For You

Zond

Heroic Shart

FACE B

Sitting Up On Our Crane

Outside Is The Right Side

Medicine Hat

Man It Feels Like Space Again