RC

Vous connaissez le fameux adage ne pas juger un livre en fonction de sa couverture ? Il semble avoir été inventé pour cette pochette, car il faut l'admettre, la pochette de cet album de Johnny Winter, Raisin' Cain, est pour le moins redoutable dans le genre. Criarde dans ses teintes, ridicule quant aux postures de Johnny et des deux zigotos (deux de ses musiciens sur l'album, il me semble que c'est Jon Paris - basse, guitare, harmonica - et Bobby Torello - batterie), elle est franchement horrible, et elle ne donne surtout pas envie d'écouter le disque qui y est enfermé. Ca serait faire une grosse connerie, car cet album sorti en 1980, le premier opus 80's (pas sa meilleure période, mais pas honteuse pour autant) de Johnny Winter, et le dernier album de Winter que j'aborderai ici pour le moment (du moins, le dernier album que j'aborderai en première chronique, car il n'est pas exclu que je réaborde Second Winter), est vraiment bon. Meilleur que sa pochette, ce qui n'est pas difficile, mais vraiment, vraiment bon. Il offre 43 minutes (et 11 titres) de blues-rock, aussi bien des reprises (et quelles reprises, vous allez voir !) que des morceaux originaux composés pour Johnny. L'album est produit par Dave Still (qui joue du tambourin sur l'album) et Johnny Winter, et il sera son dernier disque pour le label Blue Sky (sur lequel il est depuis la seconde moitié de 1974). Il ne refera un album qu'en 1984 (pour le label Alligator), ça sera Guitar Slinger.

raisincain_back1

Raisin' Cain propose pas mal de reprises : Rollin' And Tumblin' (un classique du blues repris notamment par Eric Clapton, popularisé par Muddy Waters en 1950), Like A Rolling Stone (la fameuse chanson de Dylan, grandiose reprise), Bon Ton Roulet (popularisé par Clifton Chenier), New York, New York (pas la chanson de Liza Minelli, mais une chanson signée Rob Stoner, qui fut écrite pour Bob Dylan en 1975), The Crawl (de Lonnie Brooks)... C'est un album vraiment sympathique comme tout, qui ne fait cependant pas oublier les terribles Second Winter, Johnny Winter And, Saints & Sinners ou John Dawson Winter III, mais c'est du blues-rock assez nerveux, assez proche du hard-rock parfois (quoique certains des précédents opus de Winter étaient plus orientés hard que Raisin' Cain). Des morceaux comme Mother-In-Law Blues, Sittin' In The Jail House, Rollin' And Tumblin', Wolf In Sheep's Clothing, les plus lents Don't Hide Your Love et Walkin' Slowly, assurent vraiment, la production est efficace, les musiciens, excellents. Dans l'ensemble (et pardon pour cette courte chronique, plus courte que de coutume), Raisin' Cain est un bon petit cru de Johnny Winter, pas son sommet, mais si vous aimez le guitariste (qui, définitivement, manque depuis sa mort en juillet 2014), ça devrait, logiquement, bien vous plaire !

FACE A

The Crawl

Sittin' In The Jail House

Like A Rolling Stone

New York, New York

Bon Ton Roulet

Rollin' And Tumblin'

FACE B

Talk Is Cheap

Wolf In Sheep's Clothing

Don't Hide Your Love

Mother-In-Law Blues

Walkin' Slowly