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En 1969, Fairport Convention sort Unhalfbricking et Liege & Lief, deux immenses albums (leurs deux meilleurs). Peu après, Ashley Hutchings (basse, un des membres fondateurs) et Sandy Denny (chant) s'en vont. Ils reviendront vers 1976. Le groupe restant, mené par le guitariste Richard Thompson (qui partira vers 1971 pour se lancer en solo, et connaîtra une belle carrière),sort, en 1970, son cinquième album, qui s'appelle Full House. Le titre est une allusion à un coup au poker, une combinaison de cartes. Je ne m'y connais pas suffisamment en jeux de cartes, surtout en poker, pour affirmer que la série de cartes (il y en à, comme vous pouvez le constater, cinq) du recto de pochette est un full house, mais je pense que non, les cartes faisant plus penser à celles du tarot que du poker (à noter qu'en 1972, un groupe de rock à tendance boogie/blues, le J. Geils Band, sortira un (très bon) live du nom de Live Full House, à la pochette représentant une série de cinq cartes à jouer, mais cette série ne sera pas un full house, elle, malgré le titre ; c'était pour l'anecdote idiote permettant de combler un peu le premier paragraphe de la chronique, merci bien, passons à autre chose et revenons à Fairport). Toujours pour parler de cartes et de la pochette, il faut ici dire, et après, promis, on parlera de la musique gravée sur les sillons de l'album, que la pochette de Full House propose, à l'intérieur, une série de vignettes accompagnées de textes signés Richard Thompson. Ces vignettes sont des cartes du même style que celles de la pochette, et les textes, assez amusants, semblent parler d'une compétition sportive fictive et un peu délirante. Vous avez du bol, vous qui (comme moi) n'avez pas le vinyle de l'album : dans le livret de la réédition CD 2001, ces vignettes et textes ont été reproduit(e)s à l'identique. Ainsi qu'un texte plus récent, sur la genèse de l'album, signé Simon Nicol (guitariste, un des membres fondateurs du groupe).

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Vinyle (verso)

Les musiciens de Fairport Convention (groupe ayant énormément changé de line-up durant sa longue carrière, laquelle n'est, il me semble, pas achevée, bien que ralentie par rapport aux anciennes années), sur Full House, sont : Simon Nicol et Richard Thompson (guitares, chant), Dave Mattacks (batterie, harmonium), Dave Pegg (basse, chant, mandoline), Dave Swarbrick (violon, viola, mandoline, chant), il y avait apparemment un prix de gros sur les Dave. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'absence de Sandy Denny se fait ressentir, sa voix chaude manque ici. Mais malgré cela, Full House est un excellent album, bien interprété, proposant 8 titres pour un total d'une quarantaine de minutes. On précisera qu'en fait, non, il n'y avait pas 8, mais 7 titres, ou plutôt, non, il y en avait 8, mais pas tout le temps... En fait, c'est compliqué : à la base, l'album était prévu pour avoir 8 titres, mais pour je ne sais quelle raison, Richard Thompson retirera Poor Will & The Jolly Hangman de l'album, alors que les pochettes étaient déjà parties à l'imprimerie. Résultat, l'album sortira avec 8 titres crédités, mais seulement 7 au compteur (la réédition CD incorpore ce titre manquant, les 40 minutes sont celles de l'édition 8-titres, sinon, l'album en durait 35 environ dans sa version tronquée). Pendant des années, les fans durent se demander ce qui avait bien pu se passer, d'autant plus qu'il semblerait que des premiers pressages avec les 8 titres furent faits, et commercialisés (et, évidemment, ils s'arrachent à prix d'or, j'imagine) ! Cette aventure du titre manquant est relatée (il n'aurait pas pu faire autrement !) par Nicol dans les notes de pochette de la réédition CD.

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Intérieur de pochette

On notera aussi que l'édition vinyle 7-titres possède un ordre différent pour les morceaux par rapport à la version 8-titres du CD, voir en bas d'article. Bon, l'album, mis à part ça, offre d'excellents moments, comme Sir Patrick Spens, Doctor Of Physick, Sloth (9 minutes et 20 secondes remarquables) ou, justement, Poor Will & The Jolly Hangman. Quatre morceaux sont des airs traditionnels revus par le groupe : Flowers Of The Forest, Flatback Caper, Dirty Linen et Sir Patrick Spens. Le reste est signé, à chaque fois, Thompson et Swarbrick, sans exception. On notera, parmi les bonus-tracks, un morceau (un air traditionnel revu par le groupe) au titre qui, de par sa longueur, laisse rêveur (j'aurais bien aimé qu'il se retrouve sur l'album original, rien que pour ça, car sinon, c'est un bon morceau, mais pas exceptionnel), pendant longtemps le plus long titre de morceau de l'histoire de la musique : Sir B. McKenzie's Daughter's Lament For The 77th Mounted Lancers Retreat From The Straits Of Loch Knombe, In The Year Of Our Lord 1727, On The Occasion Of The Announcement Of Her Marriage To The Laird Of Kinleakie. Ouf ! Pink Floyd et leur titre à rallonge sur Ummagumma peuvent aller se refringuer ! Pour finir, l'album n'est peut-être pas le sommet du groupe, mais ça reste un excellent opus, de la folk-rock teintée de celtique, vraiment charmante et passionnante. Je conseille, donc !

Edition vinyle tronquée :

FACE A

Walk Awhile

Dirty Linen

Sloth

FACE B

Sir Patrick Spens

Flatback Caper

Doctor Of Physick

Flowers Of The Forest

Edition CD :

Walk Awhile

Doctor Of Physick

Dirty Linen

Sloth

Sir Patrick Spens

Flatback Caper

Poor Will & The Jolly Hangman

Flowers Of The Forest