YES-TORMATO

Bon, il est temps de reparler un peu de Yes. Il y à deux albums d'eux qui n'avaient pas encore été abordés (il y en à en fait bien plus que deux, mais il y en à deux que je comptais aborder, voilà ce que je voulais dire par là), et celui-ci est donc l'un d'entre eux (l'autre est Drama, qui suit dans la discographie du groupe, et sera abordé ici prochainement). Sorti en une année assez difficile pour le rock progressif - 1978, année de sortie du Love Beach d'Emerson, Lake & Palmer, de ...And Then There Were Three... de Genesis, deux mauvais albums, surtout le premier le second étant juste inintéressant, à deux-trois chansons près -, il s'appelle Tormato. Ce n'est cependant pas ainsi que l'album devait s'appeler à la base. A la base, il avait comme nom Yes Tor. L'album fut rebaptisé Tormato, un jeu de mots, après que le groupe ait vu les épreuves du projet de pochette (un homme en costard, dont un ne voit pas la tête, jouant du tambour dans un paysage rocailleux, un tor) et que Rick Wakeman, le claviériste, ait lancé une tomate sur la pochette, manière de dire ce qu'il en pensait ! On mettra une tomate éclatée et pulpeuse sur la pochette, je les soupçonne même d'avoir tout simplement photographié la pochette tomatisée par Wakeman, et l'album fut rebaptisé Tormato ! C'est probablement la seule chose à retenir de l'album, pour tout dire...

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Dos de pochette et macaron vinyle de la face A

Car ce qu'il faut bien dire au sujet de cet album, c'est qu'il n'est pas bon. Enfin, il n'est pas à chier des briques molles contre la face de votre pire ennemi en le traitant de caniche rose à poils frisés, mais c'est tout juste. Tormato fait suite à Going For The One (qui marquait le retour de Wakeman, parti en 1974 après la tournée de Tales From Topographic Oceans, et remplacé, le temps d'un album - Relayer, 1974 - et d'une tournée, par le Suisse Patrick Moraz), lequel album était vraiment bien, on y trouvait même un monstre sacré de Yes, Awaken, 15 minutes grandiosissimes. Tormato, lui, sous sa pochette signée Hipgnosis, ne vole pas très haut. 41 minutes qui, à deux exceptions près, ne resteront pas dans les mémoires, et la production, en elle-même (signée Yes et Brian Lane) est assez moyenne, molle, elle ne rend pas justice au son de Yes. Les deux exceptions, sur l'album, les deux morceaux qui valent le coup sont On The Silent Wings Of Freedom (7,45 minutes, le plus long de l'album, et le dernier titre de l'album aussi) et Don't Kill The Whale, morceau cependant un peu trop popisant pour être honnête. Circus Of Heaven (sur lequel on entend la voix du fils de Jon Anderson !), Madrigal ou Future Times/Rejoice, eux, peinent à intéresser. Le pire, dans Tormato, c'est que rien, ici, n'est à chier, vraiment, on trouve bien pire chez Yes, et les morceaux seront meilleurs en live (durant la tournée 1978/79, qui sera conclue par le départ de Jon Anderson, qui sera remplacé par Trevor Horn des Buggles, Anderson reviendra en 1983) qu'en studio.

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Anderson et Wakeman

Mais l'album, franchement, est pire que mauvais, il est insipide. Après une telle série d'albums, de The Yes Album (1971) à Going For The One (1977), que des albums réussis, parfois un peu caricaturaux (Tales From Topographic Oceans et ses quatre morceaux, un par face, de 20 minutes chacun ; YesSongs, triple live ne comportant, malgré ses trois vinyles, que 13 titres), mais comptant tous parmi les sommets du rock progressif (Close To The Edge, Relayer), il est inutile de dire que Yes a bien déçu son monde avec cet album aux sonorités plus modernes, pop aussi, que les précédents. La quasi-totalité des 8 titres de cet album sont anodins, aucun n'a marqué son temps, contrairement aux anciens Roundabout, Siberian Khatru, Starship Trooper ou Close To The Edge. Un album à réserver aux grands fans de Yes, donc. L'album suivant, Drama, le seul et unique avec Trevor Horn au chant, un album mal-aimé des fans (surtout à l'époque) et assez à part, lui sera infiniment supérieur.

FACE A

Future Times/Rejoice

Don't Kill The Whale

Madrigal

Release, Release

FACE B

Arriving UFO

Circus Of Heaven

Onward

On The Silent Wings Of Freedom