JDWIII

En 1974, Johnny Winter quitte Columbia, juste après l'album Saints & Sinners (abordé hier, un excellentissime opus bien calibré), pour signer sur Blue Sky Records. Peu après, il sort un nouvel album, son deuxième (et dernier) pour 1974. Sorti sous une très sobre et classieuse pochette photographique le représentant habillé en costard, avec classe, assis sur une chaise, l'album s'appelle de son vrai et complet nom de baptème, soit John Dawson Winter III. C'est un album encore une fois bien calibré, du blues-rock à tendance un peu hard parfois (comprendre, assez énergique, un peu plus que rock, mais  pas non plus violent), comprenant pas moins de 11 chansons pour un total au final peu généreux : seulement 37 minutes. Mais attention, ces 37 minutes sont vraiment remarquables, et on trouve, de plus, dans le lot des chansons, quelques chefs d'oeuvre, que Winter interprétera en live, le plus souvent avec une incroyable maestria (voir Captured Live ! qui contient, dans ses six titres, pas moins de la moitié de John Dawson Winter III) : Roll With Me, Sweet Papa John, Rock & Roll People. Par ailleurs, ce sont ces morceaux, justement, qui sont sur le live que je viens de citer et qu'il vous faut à tout prix si vous aimez le rock. Vous m'avez bien lu, à tout prix il vous le faut ! Mais revenons à nos moutons, John Dawson Winter III, disque du début de la seconde partie de la carrière (celle chez Blue Sky Records) de Johnny Winter.

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Une édition CD proposant l'album avec Saints & Sinners (on trouve aussi les deux albums séparément) ; le visuel par-dessous les deux pochettes d'album est le verso du vinyle de John Dawson Winter III

Sous sa très classe pochette, l'album a été enregistré avec, notamment, deux fidèles de Winter : Randy Jo Hobbs (basse) et Richard Hughes (batterie), qui posent avec le patron au dos de la pochette (photo moins distinguée que celle du recto, mais pas honteuse pour autant, c'est toujours mieux que l'allure faussement précieuse que Winter prenait sur la pochette de Still Alive And Well en 1973 !). Du début à la fin, l'album aligne les perles, des chansons peu connues (Self Destructive Blues, Raised On Rock, Pick Up On My Mojo) mais qui butent quelque chose de bien. Ne vous fiez vraiment pas à la pochette très propre sur elle, cet album est aussi sauvage que le sont Second Winter, Johnny Winter And, Still Alive And Well ou Saints & Sinners. Le Rock & Roll People introductif, une chanson écrite par, excusez du peu, un certain John Lennon (qui ne la placera jamais sur un de ses albums personnels ; je crois qu'il l'a écrite pour Winter, mais je peux me tromper), est à elle seule une raison valable d'écouter l'album, mais l'immensémissime Stranger, Roll With Me, Pick Up On My Mojo ou Sweet Papa John (qui, en live, sera démentiel) devraient vous plaire.

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Bref, John Dawson Winter III est encore une fois du beau, du du bon, Dubonnet (ah ah ah), un remarquable album de hard-blues rock, une production remarquable (signée Shelly Yakus), avec une interprétation géniale, des musiciens de grand niveau et assurant comme des bêtes... Citons-les, ils le méritent. Randy Jo Hobbs (basse), Richard Hughes (batterie) que j'ai déjà cités. Edgar Winter (le cher frangin) aux claviers et saxophone, Rick Derringer à la guitare, Kenny Aschr aux claviers, Michael Brecker au saxophone, son frère Randy à la trompette... En gros, Winter a repris les mêmes que pour Saints & Sinners, pourquoi changer une équipe qui gagne ? Pour finir, ne vous fiez pas à ce que vous pouvz lire ou constater sur certains sites (notation faiblarde sur AllMusic et Wikipedia - site anglophone - , etc), cet album de 1974 est vraiment un des meilleurs albums du regretté Johnny Winter. Pour amateurs, c'est encore une fois un disque dont, au moins, l'écoute est indispensable !

FACE A

Rock & Roll People

Golden Olden Days Of Rock & Roll

Self Destructive Blues

Raised On Rock

Stranger

FACE B

Mind Over Matter

Roll With Me

Love Song To Me

Pick Up On My Mojo

Lay Down Your Sorrows

Sweet Papa John