LJWA

En 1970, Johnny Winter sort un album du nom de Johnny Winter And, un remarquable album de blues-rock enregistré avec, notamment, Rick Derringer (guitare, chant sur certains titres). Le nom du disque sera aussi celui du groupe (le reste des musiciens est Randy Jo Hobbs à la basse, et le frangin de Derringer, Randy Z, à la batterie, lequel, cependant, ne participera apparemment pas à la tournée, remplacé par Bobby Caldwell), qui tournera pendant l'année 1970. Un an après, en 1971 donc, Winter sort un live, son premier, un live enregistré durant la tournée de Johnny Winter And, un live enregistré au cours de deux shows : un donné au Fillmore East (New York) et un autre donné au Pirate's World, à Dania (Floride). Par la suite, le guitariste Texan sortira, en 2010, un album live proposant un autre concert donné au Fillmore East pendant la tournée (Live At The Fillmore East 10/3/70). Mais en attendant, il faut nous attarder sur ce live, qui s'appelle Live Johnny Winter And. Un titre quasiment identique à celui de l'album studio, donc, si ce n'est le mot 'Live'. D'où, parfois, sans doute, quelque confusion sur le Net, quand on recherche des infos sur un de ces deux albums ! Cet album est donc le premier opus live de Johnny Hiver, et loin d'être son dernier (en ne comptant que les officiels, il doit y en avoir 7 ou 8). C'est un live possédant des qualités et des défauts. Principales qualités : le son est, franchement, excellent, Winter est en forme, et il livre une prestation à la hauteur des attentes.

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Principal défaut : l'album ne dure que 40 minutes, il est donc épouvantablement court (surtout qu'à l'époque, la mode des double albums live était déjà lancée, 1971 étant l'année de sortie du At Fillmore East du Allman Brothers Band...et du quadruple live de Chicago At Carnegie Hall !)...et il ne contient aucun titre de l'album studio Johnny Winter And. Contrairement au live sorti en 2010, qui dure 66 minutes et contient un titre de Johnny Winter And. Bon. Ce live sorti en 1971 est donc épouvantablement court, ce qui est, toujours, une profonde frustration (enfin, à moins que le live en question soit raté, mais ce n'est vraiment pas le cas ici). OK, comme je l'ai déjà dit ici en abordant le live suivant de Johnny Winter (Captured Live ! de 1976, immense, et lui aussi court : 46 minutes), il existe quand même des albums live mythiques tout en étant très courts, comme le Live At Leeds des Who (36 minutes dans sa version d'époque, qui reste probablement la meilleure malgré les nombreux rajouts ultérieurs en CD), Live At The Star-Club de Jerry Lee Lewis (37 minutes), At San Quentin de Johnny Cash (dans les 39 minutes dans sa version vinyle, là aussi la meilleure malgré les nombreux et très bons rajouts du CD) ou bien encore Get Yer Ya-Ya's Out ! des Rolling Stones (dans les 46 minutes à la base, là aussi, on a rajouté des morceaux sur une édition collector, mais rien ne vaut l'original). Et quand un live est raté (par exemple le Still Life : American Concert 1981 des Stones, 40 minutes), ce n'est pas plus mal qu'il soit court. Live Johnny Winter And est, lui, je l'ai dit, tout sauf raté. Prestation remarquable du Texan, qui ouvre le bal par un Good Morning Little Schoolgirl puissant, avant de passer à It's My Own Fault (morceau que Winter avait enregistré sur The Progressive Blues Experiment, son premier album solo, sorti localement - au Texas - en 1968 avant de ressortir, de manière plus étendue, l'année suivante), morceau long ici de 12 minutes, qui pouvait en durer le double (le live au Fillmore East de 1970, sorti en 2010, en contient une version de 22 minutes). Assurément le grand moment du live. Son morceau le plus long. Jumpin' Jack Flash, reprise des Stons évidemment, achève la face A avec efficacité.

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La face B s'ouvre sur un medley de rock'n'roll étonnamment court malgré qu'il propose trois morceaux (dont deux de Jerry Lee Lewis, et un de Little Richard entre les deux) : il ne dure que 6,45 minutes. On y entend des versions ramassées, courtes et nerveuses, de Great Balls Of Fire, Long Tall Sally et Whole Lotta Shakin' Goin' On, et le moins que l'on puisse dire, c'est que Johnny et son And envoient le bois. Mean Town Blues (9 minutes), morceau signé Winter (le seul pour le live à ne pas être une reprise, et un morceau issu de The Progressive Blues Experiment), est un autre grand moment de folie bluesy, immense. Inévitablement, l'album s'achève ensuite (il ne contient, en effet, que 6 titres, comme Captured Live !, c'est une autre source de frustration) sur un Johnny B. Goode allumé, cette reprise du standard absolu de Chuck Berry est un grand moment qui donne fortement envie de remettre le couvert. Live Johnny Winter And est donc un remarquable document live d'une des meilleures périodes de Johnny Winter. Lequel commence alors à connaître des problèmes liés à la drogue : entre 1970 et 1973, mis à part des concerts (en 1971/1972 avec le White Trash de son frangin Edgar, il collaborera rapidement, le temps d'une ou deux chansons, aux concerts), Winter ne fera plus rien, il fera même une cure de désintoxication vers fin 1972, et reviendra en forme, en 1973, avec le bien-nommé Still Alive And Well, qui le montrera de retour en forme (un de ses meilleurs albums, sorti sous une pochette assez ridicule). Pour fans de blues-rock, ce live est recommandé.

FACE A

Good Morning Little Schoolgirl

It's My Own Fault

Jumpin' Jack Flash

FACE B

Rock And Roll Medley :

a) Great Balls Of Fire

b) Long Tall Sally

c) Whole Lotta Shakin' Goin' On

Mean Town Blues

Johnny B. Goode