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À l'évidence, voici un album qui ne risque pas de rafler un prix aux grammy awards ou aux victoires de la musique. Et pourtant qu'est- ce qu'il le mériterai... C'est simple, pour moi, on tient là peut être un des cinq meilleurs disques de 2014, catégorie rock, et même pourquoi pas toutes catégories confondues. Cet album, c'est DSU, et son auteur répond au nom d'Alex G. Il s'agit de son troisième album, et sauf erreur de ma part, son premier à sortir dans les formats cd et vinyle, ses deux premiers albums (que je ne connais pas encore), n'étant disponibles qu'en version digital. Et en plus de ça, il avait déjà sorti, en version digital également, plusieurs chansons hors albums. Quand à Alex G, je tiens à dire deux choses sur cet artiste: Déjà, c'est une vraie galère pour trouver des articles ou des photos le concernant, vu qu'il semble avoir le même pseudonyme qu'une autre jeune chanteuse (et du coup c'est sur elle qu'on tombe si on tape alex g sur google), et bien sûr même si en cherchant bien on peut trouver des articles/sites à droite à gauche concernant l'album et/ou l'artiste (conseil: tapez sandy alex g), n'espérez pas en trouver un seul dans la langue de Molière (même si désormais ça n'est plus le cas ah ah!). Ensuite, le mec n'a que vingt-et- un an! Ça peut paraître anodin mais pour moi ça ne l'est pas: c'est, il me semble, la première fois que j'écoute un artiste plus jeune que moi (vingt- deux ans), et croyez- le ou non ça me fait vraiment bizarre! Enfin, après tout il fallait bien que ça m'arrive un jour ou l'autre... Maintenant que nous avons un peu parlé d'Alex G (et de moi accessoirement), penchons nous un peu sur cet album, à la pochette colorée: c'est un dessin représentant un joueur de football américain, qui court droit vers la personne regardant la pochette de cet album. Une manière de dire qu'on va être renversé par l'album, ou que ce dernier va marquer un bon gros Touchdown dans notre mémoire?

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L'album dure un peu moins de 38 minutes pour une quinzaines de morceaux. Vous l'aurez deviné, la plupart sont court: le plus long fait à peine plus de quatre minutes, et le plus court même pas 45 secondes. D'ailleurs, chose amusante, ces deux morceaux se suivent sur l'album. le reste des chansons dure en moyenne entre une minute et demie et trois minutes. Avec tout ça, vous ne serez certainement pas surpris si je vous dis que l'album est plutôt du style lo- fi. Mais attention, ne vous attendez pas non plus à un simple album de chansons pop/rock. Si dans sa globalité l'album possède une atmosphère assez mélancolique, dût en grande partie à la voix souvent calme et parfois un brin étherée d'Alex G, qui n'est pas sans rappeler celle d'Elliott Smith, l'album, donc, est assez inclassable. Attention ça n'est pas un album expérimental du type The Marble Index, ou Big Science, ni un gros What The Fuck à la Trout Mask Replica ou The Modern Dance. Non, ça reste un disque très facile d'accès. Mais si l'album peut être classé par défaut dans le rock alternatif ou le rock indépendant, on y trouve toute sortes de choses: un instrumental au piano (Tripper), des morceaux rock (After ur Gone, Axesteel), des ballades acoustiques (Serpent Is Lord, Hollow) ou électrique (Skipper), des morceaux plus pop (Rejoyce, Boy), et même un morceau à la limite du funk (Promise). Aucune chanson n'est à jeter, chacune dans son style est une petite perle. À la rigueur le riff de Icehead me fait un peu trop penser à celui de Venus In Furs du Velvet Underground, mais ça n'est pas bien grave, ça reste une exellente chanson, pas le sommet de l'album ni ma préférée mais il serai dommage de la virer pour si peu. Ça plus le fait que certaines chansons sont tout de même trop courtes, voilà tout ce que je peux reprocher à DSU, qui est donc mis à part ça, un album sublime.

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Rien que After Ur Gone nous met direct dans le bain : une introduction bizzare, bruitiste, puis un riff de guitare qui vous rentre en tête dès la première écoute. Une magnifique chanson, bien rock malgré la voix très douce encore une fois d'Alex G. Quand aux paroles des chansons ellles sont pour la plupart assez nostalgique, sans non plus tomber dans la grosse déprime. Disons qu'il s'en dégage un léger parfum de spleen, de mélancolie adolescente pourrait on dire. C'est le cas notamment dans Boy, le final de l'album ou dans Black Hair. Cette dernière est d'ailleurs, avec Sorry, et Hollow, peut être la chanson la plus sombre au niveau des paroles. Après, certaines chansons comme Harvey semblent avoir des paroles plus optimistes, et Promise quand à elle possède seulement sept lignes de texte, mais cela suffit amplement pour donner à la chanson un lourd sous-entendu sexuel. Comme vous pouvez le constater, nous nous trouvons en face d'un album pas follement joyeux mais de là à le qualifier de "dépressif" il y a un pas que je ne franchirai pas. Par contre il y a un autre pas que j'ai franchis: celui d'acheter l'album -aïe! pas sur la tête!- je veux dire que c'est ma copine qui a franchis ce pas et qui m'a par la même occasion fait découvrir l'album et Alex G. Je ne vais pas encore qualifier l'album de chef d'oeuvre, vu qu'il me reste tout le reste de la discographie du bonhomme à découvrir, et j'attends de le voir en live pour savoir ce qu'il vaut réellement (rendez- vous fin février !), mais l'envie de le faire est bien là croyez moi ! Bref je ne peux que vous conseiller très fortement cet album, pas facile à trouver en magasin, mais sur le net aucun problème et il est vendu le plus souvent à prix raisonnable. Alors qu'est ce que vous attendez ??

Chronique complémentaire de ClashDoherty :

Avant d'en écouter un ou deux clips ici, postés par Buckley92 (qui a aussi écrit la remarquable chronique principale ci-dessus), je ne connaissais absolument pas, même pas de nom, Alex G. Buck' ayant eu la gentillesse de me le faire parvenir par MP3, j'ai pu moi aussi écouter l'album, qui s'appelle DSU et est donc, comme Buckley92 l'a dit, son troisième opus en tout, et son premier à être relativement facile à dénicher. Le titre de l'album est assez étonnant, et si on s'amuse à aller sur Wikipédia en anglais et à le taper, on tombe sur des acronymes pour plusieurs universités américaines (Dakota State University, Delaware State University, Denver State University, il y en à d'autres), ou bien sur des acronymes utilisés dans l'informatique anglophone (Dynamic Software Updating, ce genre). Quant à Alex G, si vous tapez ça sur Wikipédia, vous aurez en première réponse Alex G. Spanos Center, lequel lieu est un...stade de football (américain) situé à San Luis Obispo en Californie, mais il y en à aussi un du même nom à Stockton dans le même Etat californien ! Compte tenu de la pochette de l'album (un joueur de football américain en pleine action dans un stade archiplein avec les lettres DSU sur des panneaux dans les gradins), c'est une petite coïncidence, du moins je pense. Et Buck' a totalement raison, chercher des infos sur Alex G, notre Alex G de DSU, sur le Net est compliqué, ça relève d'une gageure plus difficile à accomplir que de rechercher des infos sur Kendji Girac ou n'importe quel autre branlomane de The Voice...

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L'album est court, même pas 34 minutes, et ce, pour un total de 13 titres. Du moins, dans la version existant en vinyle, car le CD offre deux bonus-tracks situés en fin de parcours, et faisant passer le tout à 38 minutes : Soaker et Waiting For You. Les morceaux sont dans l'ensemble très courts, Soaker ou Axesteel font moins de 2 minutes chacun, Tripper fait 44 secondes, Hollow en fait 4, mais c'est le morceau-fleuve du lot, l'Everest de DSU, sa durée en est limite éreintante comparée à celle des autres titres ! Décrire par le menu, de l'apéro au digestif, ce disque sera difficile, il est en effet assez inclassable, pas expérimental, mais c'est une sorte de crossover (et un crossover franchement réjouissant, réussi au combien) entre rock, pop, musique dépressive à la Sparklehorse/Nick Drake/Elliott Smith/Eels (et même un peu Radiohead, mais le Radiohead des débuts) et expérimentations orientées vers la musique noire (soul, r'n'b ; pas le r'n'b modern à la - hum ! - R. Kelly, mais le Rhythm'n'Blues d'antan ; ou funk). Le mec est jeune, il à une toute petite vingtaine, et des faux airs de membre des Strokes (Julian Casablancas, le chanteur, précisément). Une voix parfaite pour ce qu'il chante, ce qui n'est pas précisément une chanson sur la lune en juin ou sur le thème éculé mon amour et moi on vit une grande et belle aventure, mais plutôt sur des sujets parfois tristounets. Ce n'est pas aussi dépressif que Sparklehorse (et si vous ne connaissez pas encore Sparklehorse, groupe qui fut dirigé par Mark Linkous - qui s'est donné la mort vers 2010 ou 2011 - qui en était, en gros, le seul vrai membre multi-instrumentiste et chanteur, je ne peux que vous conseiller les albums It's A Wonderful Life et Good Morning, Spider, mais gaffe, c'est tellement dépressif que The Cure période Pornography, à côté, pourrait servir de générique à Plus Belle La Vie), mais on ne peut pas dire, malgré certains  morceaux bien énergiques et rock comme After Ur Gone, Promise, Rejoice, Axesteel, que DSU soit un album d'une folle gaieté. En revanche, c'est un album totalement maîtrisé, pas très long (pas trop long j'ai surtout envie de dire), même si certains morceaux auraient vraimnt pu être rallongés (Soaker, Black Hair, Harvey). Je vais très probablement (allez ! c'est même sûr et certain) me payer le CD incessamment sous peu, je file sur Amazon une fois que j'aurai cliqué sur 'publier' pour envoyer ma chronique complémentaire en attente de publication (et comme vous êtes en train de lire ceci, vous savez donc qu'elle est publiée, et que j'ai, donc, commandé et même probablement déjà reçu DSU à l'heure actuelle) !

FACE A

After Ur Gone

Serpent Is Lord

Harvey

Rejoyce

Black Hair 

Skipper

Axesteel

FACE B

Sorry

Promise 

Icehead

Hollow

Tripper

Boy

Bonus-tracks CD :

Soaker

Waiting For You