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Non, ce n'est pas un pseudonyme : Thelonious Monk, fameux pianiste de jazz, s'appelait bel et bien, réellement, sans déconner, franchement, pour de vrai, la vie d'qui tu veux, la vérité, Thelonious Monk. Autantle nom de famille, ça va, mais comme prénom, Thelonious, c'est, même pour un ricain, vraiment peu banal. Je pensais que c'était un pseudo, personnellement, avant de vérifier sur le Net et de constater que, ben, non. Fameux pianiste, sinon ; grand pianiste, même. Auteur de quelques albums absolument quintessentiels, comme Underground, Brilliant Corners, ou bien encore Straight, No Chaser. Un de ses plus fameux parmi les plus fameux restera à vie son premier opus sur le label Columbia (avant ça, Monk était sur Blue Note, Prestige et Riverside), sorti en 1963, enregistré en fin de l'année précédente, un album du nom de Monk's Dream. Oui, en effet, il s'agit de cet album, on ne peut décidément rien vous cacher. 47 minutes, voilà la durée de ce disque renfermant 8 titres, dont une bonne grosse partie, en fait quasiment tout, est absolument immense. C'est bien simple, Monk's Dream est un des intouchables du jazz. L'album a été enregistré avec Charlie Rouse au saxophone ténor, John Ore à la contrebasse, Frankie Dunlop à la batterie, et, donc, Thelonious Monk au piano. C'est le grand spécialiste Teo Macero, producteur notamment des albums de Miles Davis, qui officie à la production.

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Bright Mississippi, sur l'album, est le seul titre que Monk n'avait pas enregistré auparavant dans d'autres versions. Autrement, Monk's Dream ne renferme que des titres déjà joués, autrefois, alors qu'il était sur d'autres labels, par Thelonious. Bolivar Blues se trouvait déjà sur son album de 1957 Brilliant Corners, sous le titre de Ba-Lue Bolivar Ba-Lues-Are ; Five Spot Blues s'appelait autrefois Blues Five Spot quand il se trouvait sur l'album Misterioso de 1958 ; Bye-Ya, Sweet And Lovely, Monk's Dream, avaient déjà été enregistrés, 10 ans plus tôt, dans d'autres versions ; cet album de 1963 n'est donc pas rempli d'inédits, mais ça ne l'empêche pas d'être puissant, magnifique, et les versions de ces morceaux déjà connus (dans le milieu du jazz et l'univers de Thelonious Monk, un des jazzmen les plus atypiques, et pas seulement à cause de son nom et de ses chapeaux) sont probablement les meilleures existantes, concernant Monk. Monk qui reprend, ici, à la sauce jazz (et en instrumental), le fameux Just A Gigolo, morceau court (2,30 minutes) et franchement excellent, mais pas le sommet de l'album.

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On notera qu'entre les différentes éditions CD de cet album (Columbia Jazz Masterpieces ; Columbia/Legacy remastered edition de 2002), on trouve des variations pour les durées de certains morceaux, Bye-Ya, long de 6 minutes à la base, n'en dure plus que 5,25 sur la version 2002, avec son remastérisé. Difficile de savoir, comme le dit Wikipédia, si la version écourtée est une autre prise que la version de l'album original, touours est-il que la différence de minutage s'explique par un écourtement du passage situé avant le solo de piano, environ 35/40 secondes de moins. C'est regrettable, mais n n'y peut rien. Mis à part ça, cet album est un des fleurons du jazz, et désolé si j'en ai, je le sais, mal parlé, mais c'est assez difficile de parler d'un tel album ; comme Time Out, A Love Supreme ou The Shape Of Jazz To Come (de respectivement, Brubeck, Coltrane et Coleman), c'est un chef d'oeuvre qui se passe de mots, le plus souvent !

FACE A

Monk's Dream

Body And Soul

Bright Mississippi

Five Spot Blues

FACE B

Bolivar Blues

Just A Gigolo

Bye-Ya

Sweet And Lovely