THE INVITATION A

Un physique à la Robert Pattison (les filles diront en moins craquant) ou à la rigueur à la Paul Weller (leader des Jam puis du Style Council, depuis artiste solo), un prénom old school, un nom de famille qui fleure bon la bière, une voix bien british, Eugene McGuinness a tout ce qu'il faut pour qu'on sache du premier coup qu'il est citoyen de sa Royale Majesté Elizabeth II. Le bonhomme a lancé sa carrière vers 2007, il me semble, et en 2012, a sorti son quatrième opus, un album sorti sous une belle pochette bleu nuit et un titre qui laisse rêveur : The Invitation To The Voyage. Cinq singles seront tirés de cet album que Rock'n'Folk couronnera de la position de disque du mois au moment de sa sortie, mais qui n'a, malgré cela, aucune page Wikipédia, ni française ni (grosse honte pour ce coup-ci) anglophone. Il faut dire ce qui est, si McGuinness est bon, talentueux et si cet album est vraiment une réussite dans son genre, ce n'est cependant pas un artiste vendant à millions, et cet album, tout en ayant été super bien accueilli par la presse au moment de sa sortie (McGuinness vient de sortir un nouvel album - Chroma -, qui n'a pas été couronné de la même manière dans Rock'n'Folk, mais a quand même été bien noté), ne s'est pas vendu aussi bien que, disons, The Next Day de Bowie (qui ne date pas de 2012, je sais, mais de 2013) ou que le El Camino des Black Keys (qui, lui, date de 2011, mais a fait une bonne partie de sa course en 2012, il est en effet sorti en fin d'année 2011).

THE INVITATION B

Court (36 minutes, 10 titres, un album à l'ancienne), The Invitation To The Voyage est un disque que l'on pourrait comparer à du Miles Kane (le premier opus solo de Kane, Colour Of The Trap, notamment), artiste pour qui il a fait des premières parties de concerts, ou du Arctic Monkeys, signés, comme lui, sur Domino Records ; on connaît pire, comme référence, pas vrai ? S'ouvrant en fanfare sur un doublé gargantuesque de pop décomplexée (Harlequinade et Sugarplum), l'album aligne les petites balles comme peu, à l'heure actuelle, dans le rock, le font. Videogame est terrible, le morceau-titre est excellent, Shotgun (qui reprend la ligne de basse minimaliste et entêtante du Peter Gunn Theme) est génial, Japanese Cars est un final remarquable, Concrete Moon apporte un peu de douceur après Shotgun...le morceau est sans doute un peu trop chargé, en production, mais rien de grave. Thunderbolt remet les pendules à l'heure, la voix typiquement britonne d'Eugene, avec ce qu'il faut de morgue, de flegme, fait des merveilles. Le bonhomme, qui sait varier les influences (pop, rock, soul, blues, musique groovy et dansante ; certains passages de l'album font typiquement northern soul, cette soul faite en Angleterre), est certes jeune (né en 1985), mais il a sous le capot.

THE INVITATION C

The Invitation To The Voyage, sous sa belle et racée pochette, est donc un album remarquable, un des meilleurs de 2012 probablement. Production remarquable signée, en partie, par Dan Carey (artisan du son des Kills, de Franz Ferdinand...et du dernier McGuinness !), chansons géniales (Invitation To The Voyage, Shotgun, Harlequinade, Lion, Sugarplum...), interprétation excellente, durée pas trop longue, cet album est vraiment à découvrir !

Harlequinade

Sugarplum

Lion

Videogame

Shotgun

Concrete Moon

Thunderbolt

Invitation To The Voyage

Joshua

Japanese Cars