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Avant de découvrir Rush (de découvrir musicalement le groupe, pas d'en entendre parler pour la première fois !), je savais qu'il y avait des albums mythiques au sein de ce groupe canadien, de ce trio de hard-rock : Fly By Night, Hemispheres, et cet album, 2112, à la pochette spatiale et pentagrammique. Sorti en 1976, 2112 est probablement, avec le recul, le plus connu, mythique, estimé des albums de Rush. Long de 38 minutes pour 6 titres seulement, dont un (le morceau-titre, conceptuel) d'une longueur de 20 minutes (et constitué de sept sous-parties réunies sur la même plage audio) et occupant toute la face A, cet album est le premier du groupe à s'orienter totalement, claviers et concepts à l'appui, vers le rock progressif, genre que le groupe continuera d'explorer, progressivement, d'album en album pour la suite de leur carrière. Toujours constitué de Geddy Lee (chant quasiment féminin par moments, basse), Alex Lifeson (guitare, le blondinet) et Neil Peart (batterie, moustache), Rush livre ici un disque qui fera totalement oublier la déception (du moins, pour l'époque et certaines gens, car, en ce qui me concerne, l'album ne fut pas du tout une déception, comme je l'ai dit ici récemment) du précédent opus, Caress Of Steel (1975), qui se diluait pas mal, avec deux longs morceaux de 12 et 20 minutes respectivement.

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Ici, un seul long morceau, 2112 donc, mais c'est du lourd. Conceptuel, se passant dans un futur dystopique et en l'an de grâce 2112 (un petit texte au dos de la pochette, et des annotations en italique dans les paroles, aident à la comprenette), c'est clairement le sommet de l'album qui lui doit son nom, et encore heureux, vu sa durée et la place qu'il prend sur le disque. Grosso merdo, le monde dans lequel le narrateur vit, en 2112, est cauchemardesque, un monde dans lequel toute forme d'art a été interdit, banni, par des prêtres tout-puissants qui dirigent le monde d'une main de fer dans un gant de fer. Un jeune homme va, dans ce contexte peu propice, découvrir une guitare, apprendre à en jouer, et devenir un rebelle pour cette société totalitaire et oppressante. Les sept sous-parties sont franchement remarquables, notons que la première, Overture, s'inspire de Tchaïkovski (Ouverture Solennelle 1812). Incontestablement, mes passages préférés sont The Temples Of Syrinx et Presentation, mais tout 2112 est d'un niveau vraiment bluffant, et ce n'est jamais long malgré ses 20,30 minutes. A côté, la face B peut sembler anodine (comme, par exemple, pour l'album Tarkus d'Emerson, Lake & Palmer, pour lequel la face B, celle des chansons, est réellement anodine par rapport à la face A, celle de la longue suite-titre de 20 minutes), et en effet, si A Passage To Bangkok est pas mal, ce n'est clairement pas le sommet de l'album, et elle ouvre moyennement bien la face B. Mais Tears (avec un mellotron, première fois que le groupe en utilise un), The Twilight Zone ou Something For Nothing délivrent bien la marchandise, c'est du bon boulot.

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Mais dans l'ensemble, 2112 vaut surtout pour son long morceau-titre. C'est vraiment le sommet de cet album quasiment essentiel, pas mon préféré du groupe ceci dit (sans doute en attendais-je un peu trop, j'étais sans aucun doute un peu obnubilé par le statut culte de l'album ; à noter qu'un des visuels de l'album, l'homme nu dans le pentagramme, voir ci-dessus, a été utilisé comme illustration de l'inside tray (sous le boîtier CD, à l'intérieur du boîtier) de tous les albums de Rush, pour ce qui est des rééditions remasterisées récentes ; pour dire à quel point ce disque est important dans la discographie des Canadiens !). Mais 2112 est un album que tout amateur de rock progressif et de hard-rock se doit d'écouter. Certains disent même que le metal orchestral est quasiment né ici, avec ce disque (et avec l'album Rising de Rainbow, de la même année), et pourquoi pas ? Bref, un grand album dans son genre. Sans doute, un jour, je l'adorerai autant que Caress Of Steel, A Farewell To Kings ou Hemispheres, qui sait ! C'est même probable !

FACE A

2112 :

a) Overture

b) The Temples Of Syrinx

c) Discovery

d) Presentation

e) Oracle : The Dream

f) Soliloquy

g) Grand Finale

FACE B

A Passage To Bangkok

The Twilight Zone

Lessons

Tears

Something For Nothing