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Après un premier opus décevant (du moins, selon les avis que j'ai pu recueillir en farfouillant sur le Web, car ce premier album, je ne l'ai pas encore entendu) et éponyme en 1974 et un deuxième opus remarquable (Fly By Night, 1975), Rush, groupe de hard-rock canadien, a radicalement changé de style avec son troisième opus. Lui aussi sorti en 1975, il s'appelle Caress Of Steel, et il est un album assez à part dans leur discographie. Déjà, sa pochette : les teintes sont verdâtres et cuivrées, elles auraient du être argentées, pour aller avec le titre de l'album (la caresse de l'acier), mais il y aura apparemment des soucis à l'impression, et le groupe n'a pas pu, ou pas voulu, modifier cette erreur, ce qui aurait entraîné des frais supplémentaires. Ensuite, l'album, plus long que de coutume (il dure 45 minutes), ne possède que 5 titres, un d'entre eux fait la bagatelle de 20 minutes et occupe toute la seconde face, et le second, plus court, fait quand même 12 minutes au compteur. Le groupe semble s'orienter de plus en plus vers des sonorités progressives, déjà que certains titres du précédent album (By-Tor & The Snow Dog) allaient un peu dans ce sens ; mais là, c'est carrément un pas de géant en avant dans cette direction, et les albums suivants (2112, A Farewell To Kings, Hemispheres) ne vont pas contrarier cette nouvelle orientation, mais la confirmer en tous points.

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Geddy Lee (basse, chant)

A sa sortie, l'album ne sera pas une grosse vente, et il sera, surtout, assez mal accueilli. Il paraît même que certaines éditions cassette subiront une erreur de numérotation des titres, le second titre de la suite The Fountain Of Lamneth (face B) se retrouvant à la place du second titre de la face A (I Think I'm Going Bald), et réciproquement. Rien de tout ça ne peut aider un album à bien se vendre (heureusement, les éditions vinyles ne subirent pas ce problème, même chose pour rééditions CD), et la tournée, en elle-même, ne fut apparemment pas une grande réussite dans le genre, le groupe ne tournant que dans des petites salles, alors que le succès de leur précédent opus aurait dû leur permettre de plus grandes enceintes. Caress Of Steel est donc un disque mal-aimé, même si, avec le temps, certains fans du groupe semblent l'avoir totalement réhabilité, il est même devenu un des albums cultes du groupe. Et, je dois le dire, à l'heure actuelle, des albums de Rush que j'ai écoutés (tous de Fly By Night à Permanent Waves, de 1980, en exceptant le live de 1976, All The World's A Stage), c'est mon préféré avec Hemispheres (suivi par A Farewell To Kings). Bref, les albums progressifs, et j'aime le rock progressif, ceci explique cela. 5 titres seulement (les différentes sections de la suite de la face B étaient créditées séparément sur la pochette vinyle, ce qui est trompeur), mais attention, c'est du lourd. Bastille Day, qui se passe pendant la Révolution Française et cite la guillotine, est une ouverture saisissante, I Think I'm Going Bald, sous son titre à la con ("Je crois que je deviens chauve"), est très boogie, Lakeside Park est remarquable...

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Et il y à les deux longues pièces, The Necromancer et The Fountain Of Lamneth, deux morceaux prodigieux sous forte influence Tolkien (surtout le second), sous forte influence fantasy, et qui représentent 32 minutes absolument quintessentielles dans le genre hard-rock progressif. Les illustrations recto et verso de la sublime pochette aussi sont sous cette influence très importante pour le rock progressif. Je ne vais pas décrire ces titres, juste dire que c'est un peu dommage (et ça concerne aussi les suites 2112 sur l'album du même nom et Cygnus X-1, Book II sur Hemispheres) que les différentes sections soient aussi longuement séparées, par des fades, des blancs, plutôt que de se suivre sans pause aucune (tout est, à chaque fois, sur une seule plage audio). Dans un sens, ça permet (et le minutage séparé des sections sur le boîtier CD aide aussi) de bien les distinguer, mais dans un autre sens, ça brise, parfois, un peu le rythme (ceci concerne aussi bien les suites de l'album Caress Of Steel que celles des deux autres albums cités, aussi bien les silences entre les parties que les minutages séparés sur la pochette et le fait que tout est, à chaque fois, sur une seule plage audio). C'est le seul reproche que je fais à ce disque vraiment puissant dans son genre, et vraiment sous-estimé. Pour ma part, un des meilleurs albums de Rush, ni plus, ni moins !!

FACE A

Bastille Day

I Think I'm Going Bald

Lakeside Park

The Necromancer :

a) Into The Darkness

b) Under The Shadow

c) Return Of The Prince

FACE B

The Fountain Of Lamneth :

a) In The Valley

b) Didacts And Narpets

c) No One At The Bridge

d) Panacea

e) Bacchus Plateau

f) The Fountain