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Sacré Miles Davis : lui qui, sur une bonne partie des pochettes de ses albums (quand celles-ci - les pochettes - le représentent, évidemment), fait la gueule, ou est d'apparence sérieux, pensif (In A Silent Way, Get Up With It, Nefertiti, Kind Of Blue, Miles Ahead, Milestones, Decoy, Tutu, You're Under Arrest, Directions...), nous livre, en 1967, avec son quintet de l'époque, un album sous une pochette des plus inhabituelles : Miles sourit, dents bien blanches et regard rieur ! Ca ne manqua d'ailleurs pas d'étonner l'auteur des notes de pochette originale, un certain Anthony Tuttle ! L'album porte le nom de Miles Smiles, jeu de mots bien trouvé (comme Milestones, Miles In The Sky, Miles Ahead...), et dans la discographie touffue et quasiment parfaite du trompettiste, il se trouve en pleine époque pré-électrique, juste avant que Miles ne se mette à un jazz plus poussé (via Filles De Kilimanjaro). 1967 est l'année de Sorcerer, de Nefertiti (deux albums proposant des titres enregistrés au cours des mêmes sessions), deux excellents opus (enfin, je dis surtout ça pour Sorcerer, Nefertiti n'étant pas un de mes Miles préférés, j'ai toujours eu un tantinet de mal avec lui, mais je ne le trouve pas mauvais pour autant). Relativement court (42 minutes pour 6 titres), Miles Smiles est un album tout aussi excellent, du niveau de Sorcerer, autrement dit, bien nombreux sont les artistes de jazz qui aimeraient avoir dans leurs discographies un album aussi abouti et intéressant que lui.

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Ce n'est pas non plus LE disque à avoir de Miles Davis, ici entouré de son quintet d'alors, son second grand quintet (l'album est d'ailleurs crédité au Miles Davis Quintet). Miles Smiles offre certes de grands moments, comme Gingerbread Boy, Orbits et Circle, mais Miles fera nettement mieux l'année suivante, et il a fait mieux par le passé (E.S.P. pour ne citer que lui, et parmi les plus récents par rapport à Miles Smiles). Le quintet, ici, est constitué de Miles à la trompette, donc, ainsi que de Wayne Shorter (saxophone ténor), Herbie Hancock (piano), Tony Williams (batterie) et Ron Carter (contrebasse). En à peine 42 minutes (un petit peu moins, en fait), cet album en dit plus long que certains autres plus longs. Aucun mauvais titre, tout au plus Freedom Jazz Dance me branche moins que le reste, mais Orbits, Dolores, Footprints, et surtout ce dernier, en imposent. Acclamé dès sa sortie, l'album est depuis lors considéré comme une des meilleures productions davisiennes des années 60, un album remarquable sous sa rigolote pochette et son très facile titre. Les morceaux ne sont, dans l'ensemble, pas trop longs (le plus étendu, Footprints, dure un petit peu moins de 10 minutes, le plus court, Orbits, fait 5 minutes de moins, et dans l'ensemble, les titres font 6,30 minutes de moyenne, ce qui, pour du jazz, n'est pas particulièrement long), ce qui en accentue l'accessibilité.

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En un mot comme en cent, donc, Miles Smiles est un excellentissime, ultra recommandé album de Miles Davis, sans doute pas son sommet absolu non plus, n'exagérons rien, mais pour l'époque, c'est un album franchement extraordinaire, sans temps morts. Je conseille donc fortement l'écoute de ce disque si vous aimez le jazz, et si vous aimez l'oeuvre vraiment remarquable de Miles Davis ! Après, je dois dire qu'un album comme Seven Steps To Heaven (1963) me touche plus que Miles Smiles, mais c'est une affaire de goût (et la période 1969/1975 est de loin ma préférée, et, en général, Get Up With It, de 1974, est clairement mon préféré absolu, total et définitif du bonhomme) !

FACE A

Orbits

Circle

Footprints

FACE B

Dolores

Freedom Jazz Dance

Gingerbread Boy