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Je pense qu'on peut le dire sans avoir peur de trop se tromper : Rock Or Bust, sorti en 2014, restera probablement le dernier album studio d'AC/DC. Brian Johnson a quitté le groupe en mars 2016, en pleine tournée américaine, pour des raisons de santé (il devient sourd ; c'est en partie à cause d'une de ses passions, les spors automobiles, et en partie à cause du niveau de décibels assez élevé des concerts du groupe, en partie aussi avec l'âge, que ça lui arrive) ; Malcolm Young avait, lui, quitté le groupe peu avant l'enregistrement de ce disque, aussi pour des soucis de santé (il commençait à devenir sénile) et finira par nous quitter, en novembre 2017. Moins d'un mois plus tôt, son grand frère George, un des premiers producteurs du groupe avec Harry Vanda, disparaissait lui aussi. Avant ça, courant 2016, après le départ de Johnson, le groupe recrute, comme chanteur, Axl Rose, des Guns'n'Roses, et tourne, avec lui, en Europe, passant notamment à Marseille en mai. Les retours sont assez moyens. En septembre 2016, Cliff Williams, bassiste depuis 1978, quitte le groupe. Depuis, plus rien, et les deux décès de 2017, de deux des trois frangins Young, comme je l'ai dit en intro, a, je pense, tué le groupe. Imaginez les Rolling Stones perdre Keith Richards (en écrivant ça, je croise les doigts pour que ça arrive le plus tard possible) et que, juste après, Charlie Watts ou Ron Wood dise quitter le groupe. Les Stones seraient considérés comme morts, non ? Ben, je pense vraiment que c'est le cas pour AC/DC. 

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Et c'est bien triste, vraiment. Mais on a cependant de quoi se consoler : bien que scandaleusement court (34 minutes, leur plus court album, l'EP '74 Jailbreak mis de côté), Rock Or Bust, sous sa pochette en hologramme montrant le lettrage/logo bien connu en train d'exploser en schrapnels, est un excellentissime opus. Remplacé par son neveu Stevie (qui l'avait déjà temporairement remplacé le temps de la tournée américaine de 1988), Malcolm, à qui l'album est dédié, manque évidemment, ça fait drôle de voir les photos du livret sans qu'il n'apparaisse aux côtés de son frangin Angus (qui doit être inconsolable depuis octobre/novembre dernier), de Cliff Williams et de Brian Johnson. Phil Rudd, quant à lui, bien que jouant sur le disque, n'est pas sur les photos. Il fut viré peu après l'enregistrement, suite à un sordide faits divers, il aurait engagé quelqu'un pour tuer quelqu'un d'autre (assassinat raté, mais scandale véridique)... Stevie Young fait cependant du bon boulot. Le groupe fait du bon boulot. L'album s'ouvre sur le morceau-titre, pour moi un des meilleurs du groupe, tout simplement, un riff efficace, un refrain simple mais direct, c'est court (3,30 minutes) mais génial. Play Ball, qui suit, est le genre de hit assédéssien un tantinet énervant, comme You Shook Me All Night Long et Moneytalks, mais quand même super sympa et efficace dans son genre. La suite de l'album offre certes quelques titres un peu basiques (Got Some Rock'n'Roll Thunder, Sweet Candy, Rock The House), mais dans l'ensemble, ce disque est meilleur que les, disons, euh...précédents opus ? Tous, depuis For Those About To Rock (We Salute You) inclus, depuis 1981 donc ? Oui, je le pense vraiment.

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Dogs Of War, Hard Times, Emission Control, Baptism By Fire sont vraiment d'excellentes petites balles, des chansons qui vous ramonent les esgourdes avec bonheur, vous font exploser comme la pochette holographique de l'album. Faisant fi des coups du sort (mais sans évidemment prévoir que le pire allait être à venir), le groupe parvient à tenir bon, 34 minutes durant, malgré l'absence du guitariste rythmique Malcolm Young, un des piliers, avec son frangin, du groupe. Ils ont tout donné, se sont magistralement sorti les doigts avec de gros pop bien résonnants, et nous ont ainsi offert un régal de hard-rock bien efficace, nerveux et trippant, digne du meilleur de leurs précédents albums. Black Ice était déjà super, Rock Or Bust l'enfonce vraiment, même s'il peut sembler en apparence un peu fainéant, rapport à sa durée (et les détracteurs glapiront encore une fois à la lune en disant que tous les morceaux se ressemblent), courte il est vrai, trop courte. Bref, ce disque est une belle réussite, un triomphe de la volonté. D'autant plus fort que c'est, comme je l'ai dit plus haut, probablement leur ultime album, même si j'espère me tromper. Mais si un AC/DC sans Malcolm, bien que dur à imaginer, a quand même pu être possible, je n'arrive pas à imaginer un AC/DC sans Malcolm, Cliff et Brian. Alors, dans un sens, mieux vaut peut-être que ça soit le final de leur aventure...

Rock Or Bust

Play Ball

Rock The Blues Away

Miss Adventure

Dogs Of War

Got Some Rock & Roll Thunder

Hard Times

Baptism By Fire

Rock The House

Sweet Candy

Emission Control