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Depuis leur rencontre (ils partageaient la même maison de disques à l'époque, RCA) en 1974, Alain Souchon et Laurent Voulzy, qui sont devenus pote quasi instantanément, n'ont jamais cessé de collaborer, Souchon écrivant les paroles des chansons de Voulzy qui, lui, signe les mélodies des chansons de Souchon. Certes, les deux ont aussi trouvé d'autres collaborateurs (David McNeil, les enfants de Souchon, etc), et il apparaît que si vous regardez attentivement les crédits des albums de l'un et l'autre (mais surtout Souchon, en fait), vous constaterez que tout n'est pas signé Souchon/Voulzy sur les albums. Sur le dernier album de Souchon, l'excellent Âme Fifties, par exemple, Lolo n'apparaît que sur un titre (Irène). Et sur le dernier Voulzy, Belem, il y à, parmi les morceaux originaux chantés (je reparlerai vérisoune de cet album assez particulier), deux, sinon trois, sur lesquels Souchon n'est pas crédité aux paroles. Leur collaboration est actée, les deux sont potes depuis plus de 40 ans, jamais une crise, jamais une brouille, mais ils savent aussi bien bosser ensemble qu'avec d'autres. Et, ça peut sembler ahurissant mais c'est pourtant le cas, ils n'avaient, jusqu'à ce disque en 2014, jamais fait un album ensemble, ni même une chanson ensemble, en duo je veux dire. Aussi, quand ils ont annoncé qu'ils allaient faire un disque à deux voix, suivi d'une tournée, leurs fans ont commencé à avoir des fourmillements dans les doigts, d'impatience de tenr ledit disque entre leurs doigts. Disque qui sortira en fin d'année 2014. C'est le premier album studio de Voulzy en trois ans, depuis Lys & Love (et Souchon, pas un mec super rapide aussi à sortir un disque, mais tout de même un peu plus productif que son pote, n'en avait pas sorti depuis 2011 aussi, A Cause D'Elles).

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Cet album en duo, qui entre aussi bien dans la discographie de l'un comme de l'autre (si j'avais fait un cycle de réécritures d'albums de la Souche, je l'aurais réabordé), est sorti sous une belle pochette montrant les deux zigotos marchant, de dos, dans l'herbe. Il s'appelle, sobrement, pourquoi faire compliqué, Alain Souchon & Laurent Voulzy, et il dure 45 minutes, pour 12 titres. Dont deux qui ne durent pas 1 minute chacun, je précise ! Bon, cet album, je l'avais abordé ici au moment de sa sortie, genre le lendemain de sa sortie ou le jour même, je ne sais plus trop, et j'avais été du genre dithyrambique. J'avais ? Je suis toujours ! Enfin, peut-être un peu moins. Force est de constater que ce premier (apparemment, ils en prépareraient un autre, mais rien n'est certain) album en duo de ces deux géants est une belle réussite. Malgré quelques petits défauts, pas trop importants, mais bon... Je trouve, en fait, le disque un tantinet frustrant. Il passe trop vite. Certaines chansons semblent des idées jetées en l'air et rapidement construites en paroles+mélodie, mais ne sont pas super bien développées (Oui Mais, Il Roule). Ils Etaient Deux Garçons (Trois) et On Etait Beau durent entre trente et quarante secondes par tête de pipe, c'est même pas trop peu, c'est insignifiant. En revanche, avec 7 minutes, Bad Boys est trop longue, et probablement la moins bonne de l'album (sans être mauvaise pour autant). Le problème ? Retirez cette chanson, et vous vous retrouvez avec un disque de 38 minutes (37 si vous retirez aussi les deux intermèdes inutiles qui la sandwichent sur l'album) qui semblera se dérouler vraiment trop vite. 

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L'album, sinon, offre du bel ouvrage : Derrière Les Mots, qui ouvre le disque et sera la chanson promotionnelle, est une pure merveille, Consuelo (dédiée à la veuve de Saint-Exupéry) est superbe, La Baie Des Fourmis, malgré qu'elle ressemble un peu trop à une version acoustique du Rêve Du Pecheur, est très belle aussi, et très évocatrice de la mer... Idylle Anglo-Normande et En Île-De-France sont de charmantes petites chansons, Il Roule est avare en paroles mais offre une mélodie cyclique remarquable, et Souffrir De Se Souvenir est mélancolique et vraiment jolie. Je ne suis en revanche pas fan du second single, Oiseau Malin, je la trouve très énervante (son refrain), mais les paroles, relativement engagées, sont pas mal. Voilà de quoi faire de ce disque (qui marchera très fort) une belle réussite, pas le meilleur ni de l'un ni de l'autre, mais un album avec de belles chansons, et qui tient assez bien ses promesses... Même si j'avoue qu'en y réfléchissant bien, et après quelques années d'écoutes, j'aurais quand même aimé que l'album offre un peu plus de matériau. 45 minutes, c'est court (pas pour Souchon, qui a l'habitude de faire des disques bien plus courts, mais pour Voulzy), et comme on a, ici, une dizaine de minutes vraiment pas très glorieuses, c'est donc un disque assez frustrant parfois. La tournée conjointe, au cours de laquelle les deux compères interprèteront plusieurs titres de l'album ainsi que leurs plus grandes chansons à l'un et l'autre (Souchon chante plus de chansons que Voulzy, mais comme il a fait plus d'albums, c'est logique, son répertoire est plus étendu), tournée immortalisée en 2016 par un double CD + DVD (Le Concert) remarquable, sera elle aussi cartonneuse. Je ne sais pas si les deux referont un disque ensemble, mais en tout cas, apparemment, ils referont des concerts ensemble, ils l'ont annoncé !

Derrière Les Mots

Oiseau Malin

Idylle Anglo-Normande

Il Roule

Consuelo

En Île-De-France

Oui Mais

Ils Etaient Deux Garçons (Trois)

Bad Boys

On Etait Beau

Souffrir De Se Souvenir

La Baie Des Fourmis