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Oui, je sais, je sais, je sais... 1987. Et Genesis. Les anti-Genesis ne vont pas prendre longtemps avant de gueuler haut et fort (comme si on pouvait gueuler en sourdine...) que c'est de la bonne grosse daubasse pop bien sucrée FM-isée et indigne d'intérêt. Et les fans de Genesis de dire que l'on ne peut pas comparer le Genesis de cette époque avec celui de, disons, l'ère Peter Gabriel complète, ou de la période 1976/77 pour l'ère Phil Collins. OK. OK, merde, OK. Oui, Invisible Touch, sorti en 1986, et très proche des productions solo de Collins par certains aspects, n'est pas le meilleur opus de la Genèse. OK, il est très pop, trop pop, rempli de tubes (comme le précédent opus, Genesis de 1983, et comme le suivant, We Can't Dance de 1991, encore plus proche du style Collins solo). OK, c'est très éloigné de l'ancien Genesis. Mais j'aime vraiment beaucoup Invisible Touch, si si, beaucoup-beaucoup même, et je trouve que ce live, enregistré le 8 juin 1987 à Berlin et tragiquement, ainsi, appelé Live In Berlin, est remarquable. Oui, vous avez bien lu, ne relisez pas, même pour me faire plaisir (bon, si c'est vraiment pour me faire plaisir, allez-y, mais ça me gêne). Ca y est ? Merci. Donc, oui, ce live, bootleg, est remarquable (arrêtez de sourire connement comme ça !), et ce, pour deux raisons : d'abord, le son est dantesque, ce live pourrait très bien sortir officiellement en CD, personne n'irait gueuler que la qualité aurait pu être meilleure ; je ne peux imaginer de meilleure qualité audio pour un live, mais il faut quand même dire qu'il date de 1987, pas de 1977.

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Ensuite, ben, ce concert est vraiment réussi, le groupe assure durant plus de deux heures, il enchaîne les tubes de l'album Invisible Touch plus leurs tubes plus anciens (pas non plus trop anciens : mis à part In The Cage, Afterglow, l'instrumental ...In That Quiet Earth et Los Endos, rien, ici, n'est plus ancien que 1980), tels Mama, Abacab ou That's All, plus le sempiternel duo de batterie (Drum Duet) entre Collins et Chester Thompson situé avant Los Endos dans le final de concert, et plus, en final, 13,30 minutes de Turn It On Again incluant un medley de standards tels que In The Midnight Hour, Twist And Shout, Everybody Needs Somebody To Love, (I Can't Get No) Satisfaction, Pinball Wizard, You've Lost That Loving Feeling et Reach Out (I'll Be There). Bien entendu, on a aussi Home By The Sea/Second Home By The Sea, et quant aux morceaux de l'album Invisible Touch, tous ou presque sont là : In Too Deep n'est pas jouée, ni Anything She Does (hormis les 30 secondes d'intro du concert, qui reprennent un peu de l'air de ce morceau qui, au passage, est de loin le moins réussi d' Invisible Touch). Tonight, Tonight, Tonight, qui ne sera jouée que dans sa version courte dans les tournée précédentes, est ici jouée dans son intégralité de 9 minutes (un morceau remarquable dans sa version complète, anodin dans sa version single), Land Of Confusion, Domino sont efficaces, Invisible Touch est sympathique comme tout, Throwing It All Away est un peu irritant parfois en live avec les vocalises de Collins (que le public met un peu de temps avant de reprendre, mais une fois lancé, le public berlinois sera, au cours du concert, inarrêtable), mais c'est une chansonnette sympathique aussi... On notera la présence de l'instrumental The Brazilian, lui aussi issu d'Invisible Touch, qui n'a pas du être souvent joué sur scène (en tout cas, pas après la tournée 86/87). Je ne sais pas pourquoi, je ne devrais probablement pas même, mais j'ai toujours adoré ce morceau. Ici, il est vraiment excellemment bien joué.

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Au final, ce concert du 8 juin, donné au Reichstagsgelände (Platz der Republik) de Berlin, est vraiment réussi, à condition d'aimer le Genesis pop/rock des années 80. Entendre Phil Collins parler en allemand (souvent, quasiment tout le temps, en fait, durant les présentations des morceaux) est un grand moment, même si le bonhomme semble bien se démerder dans la langue de Goethe (soit il possède un certain don pour les langues, soit il lit bien en phonétique ; je possède un concert - bootleg - de 1977 à Zürich, où il parle parfois en allemand, et parfois en français, et dans les deux cas, c'est audible et compréhensible ; je l'ai vu deux fois sur scène, en 2004 en solo et en 2007 avec Genesis, en France dans les deux cas, et dans les deux cas, il parlait un peu français, et c'était vraiment du bon boulot). Morceaux excellemment bien joués, qualité sonore parfaite, durée généreuse (2h15 environ), je ne vois rien à dire...hormis le look de Phil Collins à l'époque, vraiment craignos. A se demander si les cheveux, qu'il a longtemps eu avant de les couper court et de commencer à les perdre, lui allaient vraiment !

CD 1

Introduction (Excerpt From "Anything She Does")

Mama

Abacab

Domino

That's All

The Brazilian

In The Cage

...In That Quiet Earth

Afterglow

Land Of Confusion

CD 2

Band Introductions

Tonight, Tonight, Tonight

Throwing It All Away

Home By The Sea

Second Home By The Sea

Invisible Touch

Drum Duet

Los Endos

Turn It On Again (Medley)