MSG 77

Non, je n'ai pas terminé de parler de bootlegs ici, rassurez-vous (ou déprimez-vous, c'est selon) ! On va reparler ici une fois encore de Led Zeppelin (je n'ai pas fini de parler de leurs bootlegs, il m'en reste, à vue de nez, sans compter celui-là, trois à aborder ici), et en l'occurrence d'un de leurs concerts de 1977, la mal-aimée année 1977. L'année de la mort de Karac, le fils de Robert Plant, sinistre nouvelle apprise après un concert ayant par ailleurs été le théâtre d'une baston entre les hommes de main de Bill Graham (organisateur de concerts, propriétaire des mythiques Fillmore) et ceux de Led Zeppelin. Il ne s'agit pas de ce concert, entre parenthèses. La preuve : (il ne s'agit pas de ce concert), ahem, voilà. Le concert ayant achevé la tournée malgré lui, en partie à cause de cet incident de baston (pour une histoire de gamin qui aurait été maltraité, le fils de Peter Grant, imposant manager de Led Zep), et en grande partie à cause de cette épouvantable tragédie qu'est la mort du fils de Plant, c'est celui d'Oakland, le 24 juillet (je ne possède pas le bootleg). En revanche, le concert que je vais aborder maintenant, c'est celui donné le 7 juin au Madison Square Garden de New York, le premier des six soirs quasiment successifs pendant lesquels le groupe, du 7 au 14 juin, s'est produit au MSG. Il ne s'y reproduira plus, il me semble. A chaque fois que le groupe s'est produit au Garden, ça a donné quelque chose de lourd : en 1973, ce sont les shows du Garden qui ont servi pour le double live (et le film du même nom) The Song Remains The Same, sorti en 1976. En 1975, ils s'y sont reproduits, j'aborderai ici prochainement un bootleg d'un de leurs shows, un bootleg immense (Four Blocks In The Snow, alias That's All Right New York). Et, donc, en 1977.

treading_the_boards_r

Long de 3 heures (un disque de 70 minutes, un de 50 un de 60) pour 19 titres plus une introduction, ce bootleg que je possède (le visuel tout en haut n'est pas celui de ce bootleg, ni celui tout en bas d'article, mais le visuel juste au-dessus, si !) et qui s'appelle Treading The Boards, n'est pas parfait : pas mal de morceaux sont en fade in ou fade out (c'est précisé sur le visuel au-dessus), et on a trois titres qui sont coupés : No Quarter, Black Country Woman et Moby Dick. Pour ces coupes, ce n'est pas dramatique : No Quarter dure ici 27 minutes, et la coupe, qui intervient au début, n'est pas immense ; pour Moby Dick, la coupe semble plus importante (le morceau, solo de batterie comme on le sait, dure ici 22 minutes ; en 1977, ce solo pouvait atteindre facilement la demi-heure, voire 35 minutes ; on a donc au maximum 13 minutes de coupe, mais comme c'est le solo de batterie, peu de personne s'en plaindront, et en tout cas, pas moi) ; quant à Black Country Woman, la version live ici présente dure 35 secondes, ce qui est risible, mais il faut savoir que les versions live de ce titre, en 1977 (ils ne l'interprèteront qu'en 1977) duraient très rarement moins de 1,50 minute, autrement dit, là aussi, la coupe est certes importante (plus de la moitié du morceau), mais par rapport à la durée du morceau, ce n'est pas grave. Si c'était Kashmir ou Achilles Last Stand qui avait, ici, duré 30 secondes, j'aurais pas été aussi gentil avec ces coupes ! Le plus chiant, ce sont ces fades, comme sur Kashmir, Ten Years Gone ou No Quarter. Mais là aussi, rien de tragique.

rawhide_f

Un autre visuel de bootleg pour le même show

Sinon ? Ben sinon, le son est convaincant, on peut trouver encore mieux (pour 1977, le concert du Summit d'Houston est excellemment retranscrit, et sinon, les meilleures qualités sonores sont, pour moi, en 1975 : Earl's Court, Madison Square Garden, Saint Louis, Baton Rouge) mais c'est vraiment bon. Et l'interprétation est des plus efficaces. Certes, Jonesy (John Paul Jones, basse et claviers) se laisse encore aller sur son No Quarter, 27 minutes incluant rapidement Casse-Noisettes de Tchaïkovsky, et 27 minutes, même pour un morceau aussi remarquable que No Quarter, c'est trop ; en 1973, on avait des versions de 12/15 minutes, c'était déjà pas mal (le double de la version studio !) et on s'en contentait. Là, c'est quand même too much. Pareil pour Moby Dick, même si, ici, la coupe rend le morceau plus écoutable, 22 minutes, c'est beaucoup, mais par rapport à 35... Achilles Last Stand était soit atrocement joué, soit divinement joué, ici c'est plutôt dans la seconde catégorie. Idem pour Ten Years Gone, In My Time Of Dying, Stairway To Heaven. En revanche, si Kashmir est un immense morceau, je trouve que les claviers, sur scène, sonnaient toujours très cheap, par rapport à la version studio (seule la version live de 2007 trouve grâce à mes oreilles), un peu cacophoniques. Et The Battle Of Evermore a beau être un grand morceau, entendre John Paul Jones chanter les parties vocales de Sandy Denny (sur la version studio) est toujours assez douloureux pour les oreilles, désolé Jonesy, mais tu ne chantes pas bien... Dans l'ensemble, un excellent bootleg, avec des imperfections, mais ça reste vraiment à écouter.

CD 1

Introduction

The Song Remains The Same

Sick Again

Nobody's Fault But Mine

In My Time Of Dying

Since I've Been Loving You

No Quarter

CD 2

Ten Years Gone

The Battle Of Evermore

Going To California

Black Country Woman

Bron-Y-Aur Stomp

White Summer/Black Mountain Side

Kashmir

CD 3

Moby Dick

Guitar Solo

Achilles Last Stand

Stairway To Heaven

Whole Lotta Love

Rock And Roll