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Et c'est reparti pour du bon vieux Led Zeppelin des familles ! Mais pas de bootlegs cette fois-ci (je vous rassure, si les bootlegs vous passionnent, je n'ai pas  fini d'en parler ici, aussi bien pour Led Zep que pour d'autres groupes), pas même une nouvelle chronique de leurs albums officiels (faudrait que je refasse celle de Physical Graffiti, d'ailleurs...), mais une chronique abordant, comme je l'avais déjà fait il y à quelques mois avec les précédentes rééditions, abordant, donc, les disques bonus des rééditions actuelles du groupe, celles des quatrième et cinquième albums : l'Album sans nom, alias Led Zeppelin IV, alias Zoso, alias Four Symbols, alias The Runes LP... et Houses Of The Holy, alias Houses Of The Holy, plus communément appelé Houses Of The Holy, mais vous pouvez aussi l'appeler Houses Of The Holy si ça vous chante, je ne suis pas sectaire. C'est en juin dernier que les trois premiers opus du groupe furent réédités, le même jour, en éditions collector (deux disques) et super collector (coffret avec disques, vinyles, livre, DVD...). J'avais abordé ici les disques bonus des éditions simple, place maintenant aux disques bonus de ces deux nouvelles rééditions, que je n'attendais pas avant, au mieux, janvier/février 2015. Je ne m'en plains pas, de cette sortie rapide (moins de six mois après la précédente !) et je n'attends qu'une chose, que Physical Graffiti, le prochain sur la liste, soit réédité, mais ça, ça sera forcément pour 2015 (ne serait-ce que pour les 40 ans de l'album, qui date de 1975).

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Visuellement parlant, rien n'a changé, la pochette digipack trois volets reproduit le vinyle en rajoutant, dans le volet intérieur, des photos. On a aussi, au verso de pochette, la reproduction, en négatif, du recto. Et pour ce qui est des disques en eux-mêmes, ils sont, comme pour les autres rééditions, pas faciles à prendre parfois, glissés dans le haut des pochettes, ce qui donne le risque, un jour, à force d'écoutes, d'user les pochettes. Enfin bref. On va commencer par parler du disque bonus de la réédition du quatrième album, celui de 1971, celui qui reste probablement le meilleur album du groupe (et mon second préféré derrière Physical Graffiti). Je ne vais pas revenir ici sur la qualité de l'album studio (ni de Houses Of The Holy pour le paragraphe suivant), on le sait, IV est immense, 42 minutes de bonheur (et l'autre album concerné par cette seconde vague de réédition zeppelinienne, sans être leur sommet, est un vrai petit régal non avare en classiques). Long de quelques 39 minutes pour 8 titres (chaque morceau de l'album définitif est présent ici dans une autre version, et dans le même ordre que pour l'album studio), le companion disc (selon le terme choisi par Jimmy Page) du quatrième album est, autant le dire, excellent. Un Black Dog brut de décoffrage, avec des overdubs de guitare pas piqués des vers, avec des choeurs différents, et sans l'intro injouable sur scène (ce qui fera que, généralement, c'est l'intro de Out On The Tiles qui sera utilisée), un Rock And Roll au final peu différent de la version définitive (un mix différent), et tout aussi butant, un The Battle Of Evermore sans paroles, et nettement plus court que la version définitive (qui dure quasiment 6 minutes ; là, ça ne dure que 4,15 minutes), il s'agit ici de la version enregistrée à Headley Grange (pour l'album studio, le titre sera remixé aux studio Island de Londres, c'est notamment là que la partie vocale, un duo avec la chanteuse folk Sandy Denny de Fairport Convention, sera faite), de la trame mélodique mandoline/guitare. Sublime. Stairway To Heaven arrive ensuite, c'est un mix fait aux studios Sunset Sound de Los Angeles, les fans retrouveront bien leur chanson fétiche, peu différente de la version connue de tous (cependant, la dernière intervention vocale de Plant, And as we wind on down the road, etc, et le court solo final, varient un peu, et c'est tout aussi grandiose que la version studio définitive), mais quel son ! Misty Mountain Hop arrive ensuite dans un mix différent, idem pour Four Sticks (l'intro est plus pêchue, le morceau est plus tendu, nerveux dans l'ensemble, dans ce mix alternatif), on retrouve bien les chansons dans l'ensemble, rien ne choque, rien ne vient foutre en l'air l'alchimie de l'album. Going To California (mix entre guitare et mandoline) est sublime dans cette version qui, je le précise, est sans paroles, et When The Levee Breaks, dans un mix différent, alternatif, achève l'album bonus avec autant de force que la version définitive le fait pour l'album studio. Le chant est un peu différent, notamment, on a plus d'harmonica, et là encore, ce n'est pas moins bon que la chanson définitive, un des meilleurs blues que le groupe a pondu, dommage qu'ils ne l'aient jamais joué live (du moins, il me semble). Seul reproche à faire, l'absence de titres inédits joués durant les sessions et non utilisés au final, mais selon les dires de Jimmy Page (Rock & Folk de ce mois-ci), il n'est pas impossible que la future réédition collector de CODA (le disque de chutes de studio sorti en 1982, deux ans après la mort de John Bonham et du groupe) contienne certains de ces titres. Wait and see. Sinon, bien que ça ne bouleverse pas la teneur des chansons de l'album, ces version alternatives, de travail des huit chefs d'oeuvre composant IV sont dans l'ensemble excellentes.

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On passe à Houses Of The Holy ? D'accord. Bon, là aussi, pas la peine de revenir sur le disque, sur sa pochette signée Hipgnosis et s'inspirant du roman Les Enfants D'Icare d'Arthur C. Clarke, pochette prise à la Giants' Causeway en Irlande et dont les teintes psychédéliques sont un heureux accident d'impression. Les 40 minutes (et 8 titres) de l'album passent toujours aussi bien la rampe, même si je déteste toujours autant (et John Paul Jones, bassiste et claviériste du groupe, pense pareil) le reggae pourri de D'Yer Mak'er, une des pires merdes jamais faites par Led Zeppelin avec Ozone Baby, Hot Dog, Fool In The Rain et Candy Store Rock. La réédition collector propose donc le visuel en négatif au verso, la photo intérieure (très mystique) à l'intérieur avec photos inédites ou presque dans le livret... On a aussi, important de le signaler, le bandeau blanc avec le titre de l'album, qui était autour du vinyle original, mais ne fut pas reproduit par la suite (la première édition CD le proposait imprimé directement sur la pochette, hérésie) Essayez dene pas l'abîmer en le retirant (on ne peut pas ouvrir le disque sinon) !. Le companion disc, lui, est constitué de 7 titres, ce qui signifie, si vous n'êtes pas trop nuls en maths, que toutes les chansons de l'album original ne sont pas représentées, vu qu'elles sont au nombre de 8, ah ah ah. Heureusement, l'absent est D'Yer Mak'er, il y à une justice en ce bas-monde quand même. Mes oreilles et ma santé mentale n'auraient pas supporté une version alternative, sans doute sans paroles, sans doute avec plus de reggae encore, de cette pourriture musicale que le groupe n'aurait jamais du faire. 36 minutes, telle est la durée de ce disque bonus (au passage, j'avais dit, en abordant les disques bonus des trois précédents opus, que la durée additionnée des trois disque était plus longue que celle des trois albums studio additionnée ; ce n'est pas le cas ici, pour la durée additionnée des bonus des rééditions de ces deux albums, mais ce n'est pas grav non plus, hein, et d'ailleurs, on s'en fout). The Song Remains The Same déboule donc en intro. Version sans paroles, juste la trame mélodique. Au passage, rappelons que ce morceau, baptisé à l'origine The Overture, devait être, justement, instrumental, le groupe ne rajoutera les paroles qu'au fur de l'enregistrement de l'album. The Rain Song, sans le piano de John Paul Jones, est sublime, Over The Hills And Far Away, juste le backing-track sans paroles, est intéressant de la sorte, The Crunge et Dancing Days sont dans des prises brut de pomme (ou rough mix) qui rend, pour The Crunge, le morceau plus intéressant (la version définitive est amusante, un pastiche de funk, mais ça ne vole pas haut, ce n'est pas fait pour, d'ailleurs ; le passage faible de l'album avec, évidemment, ce reggae pourri que je me refuse à citer encore une fois ici). No Quarter est dans une version purement instrumentale avec pas mal d'overdubs de claviers, rappelons que John Paul Jones est le principal instigateur de cette immense chanson. Enfin, The Ocean est dans une version dite de travail, work in progress, ça n'apporte pas grand chose au morceau mais c'est toujours intéressant à écouter. Au final, ce disque bonus est un tantinet frustrant, comme l'était celui de Led Zeppelin II, mais bon, c'est quand même du bon boulot (je n'ai pas encore dit ici que, quel que soit le disque - album studio ou bonus -, quel que soit le morceau, le son est, toujours, exceptionnel), un fan appréciera totalement ces versions différentes, parfois de très peu.

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Ca ne fait en rien changer mon opinion, depuis longtemps établie : Led Zeppelin est le plus grand groupe de hard-rock qui soit, un des plus grands groupes de rock au monde (et une vraie bête de scène capable de tenir 3 heures ou plus par soir), et vivement la suite de ces rééditions ! L'attente sera longue jusqu'au prochain album, qui sera Physical Graffiti, le double opus. L'édition collector devrait donc être, logiquement, triple (j'espère, en tout cas, que Jimmy Page ne fera pas bouleverser l'ordre des chansons en plaçant une partie du second disque à la suite du premier, pour faire occuper le second disque par la fin de l'album et les bonus-tracks...mais une telle hérésie me semble aussi probable qu'une réélection de François Hollande avec 90% des suffrages en 2017). L'édition collector respectera-t-elle, aussi, le très original et sublime artwork découpé de la pochette ? Wait and see, et ça sera foutralement long, jusqu'à 2015 (et on ne sait même pas quel mois de 2015, en plus)...

Disque bonus Led Zeppelin IV :

Black Dog (Basic track with guitar overdubs)

Rock And Roll (alternate mix)

The Battle Of Evermore (Mandolin/guitar mix from Headley Grange)

Stairway To Heaven (Sunset Sound Studio mix)

Misty Mountain Hop (Alternate mix)

Four Sticks (Alternate mix)

Going To California (Mandolin/guitar mix)

When The Levee Breaks (Alternate UK mix)

Disque bonus Houses Of The Holy :

The Song Remains The Same (Guitar overdub reference mix)

The Rain Song (Without piano)

Over The Hills And Far Away (Backing-track)

The Crunge (Rough mix)

Dancing Days (Rough mix with vocals)

No Quarter (Rough mix with John Paul Jones keyboard overdubs and no vocals)

The Ocean (Working mix)