Led Zeppelin-The Drum 'n Bass Show

On le sait (du moins, les fans le savent), la tournée 1977 de Led Zeppelin ne fut pas la plus enthousiasmante : interminables versions de No Quarter (dans les 25 minutes, voire plus) et de Moby Dick (entre 20 et...36 minutes, selon les soirs !), qui était parfois renommé Over The Top par ailleurs ; solo de guitare parfois assez longuet de Page (inspiré par le passage d'archet de Dazed And Confused, lequel morceau, toujours prétexte à de longuets marathons, n'était pas joué en 1977) ; une interprétation aléatoire, surtout pour Achilles Last Stand et The Song Remains The Same, qui sont soit immenses, soit affreux ; et un set acoustique parfois moyennement joué, sans saveur, sans conviction, comme s'il fallait le faire à tout prix. Se rajoutent à cela des problèmes de came de plus en plus prenants pour John Bonham (batteur) et Jimmy Page, plus le fait qu'en 1977, Led Zep n'est plus ce qu'il était dans le coeur des foules (le punk arrive, et saccage tout, Led Zep, comme les Stones, Deep Purple, etc, deviennent des dinosaures, des reliques poussiéreuses), plus le fait que Robert Plant fut victime, en fin d'année 1975, d'un accident de bagnole l'ayant bien marqué physiquement (1976 fut pour lui l'année du fauteuil roulant et de la convalescence) et que ce ne fut pas la même chose ensuite... Pour corser le tout, la tournée s'achèvera dans le drame, on apprendra la mort du jeune fils de Plant, Karac, d'une maladie infectieuse et fulgurante, et bien entendu, la tournée sera arrêtée illico (et le groupe quasiment mort pendant une année). 1977, où quand le Marteau des Dieux commence lentement à tomber sur le groupe...

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Mais 1977 offrira quand même de beaux restes, certains sont illustrés par des bootlegs : les concerts des 25, 26, 28 et 30 mai au Capitol Centre de Landover (dans le Maryland, USA), et surtout celui du 30, celui du Madison Square Garden (New York)... et celui du Summit, à Houston (Texas), le 21 mai, lequel concert existe par le biais de deux bootlegs : The Dragon And The Snake et sa version remastérisée (si un tel mot peut être utilisé pour un bootleg !) et renommée The Drum'n'Bass Show. Trois disques (quelle que soit la version), avec, en bonus en fin du dernier CD, une petite interview de Plant et Bonham à l'occasion de la sortie de l'album Presence (1976), l'album enregistré par un Plant en fauteuil (un album moyennement accueilli par la presse, mais N°1 des ventes comme toujours avec Led Zeppelin, et dont seulement deux titres seront joués live durant la tournée). The Drum'n'Bass Show, concert comme toujours très généreux (en trois disques, on frôle les trois heures de musique), possède une setlist qui dira beaucoup de choses aux fans du Dirigeable. En effet, tout du long de leurs tournées, le groupe ne variait généralement pas beaucoup ses morceaux, ils choisissaient les titres et leur ordre, et bastapute, circulez, rien à voir. Si vous avez déjà entendu au moins un bootleg de la tournée 1977, vous savez donc que celui-ci démarre par The Song Remains The Same, suivi d'un Sick Again agrémenté de l'intro de The Rover, suivi de Nobody's Fault But Mine, In My Time Of Dying, Since I've Been Loving You, d'un long (souvent trop long) No Quarter, de Ten Years Gone, puis d'un mini-set acoustique constitué notamment de Going To California et d'une très courte interprétation de Black Country Woman, avec aussi White Summer, Black Mountain Side...puis Kashmir, puis Moby Dick (avec intro de Out On The Tiles, souvent) qui ne dure ici que 20 minutes et est renommé Over The Top par Plant, puis un solo de guitare menant à Achilles Last Stand, Stairway To Heaven. Et c'est  en final qu'on avait les variations de setlist : soit Whole Lotta Love (dans une version très courte, moins de 2 minutes) puis Rock And Roll en final, soit, comme c'est le cas ici (et ça a ma préférence, nettement !), Rock And Roll et, en final, Trampled Under Foot.

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La setlist est pile dans les cordes de l'époque, c'est du Led Zeppelin classique, avec un son limite cristallin, sans exagération. Bien que pas parfait car issu d'une tournée imparfaite et inégale, The Drum'n'Bass Show, concert du Summit de Houston Texas, est un petit régal pour les fans. Le meilleur bootleg de la tournée, sans doute pas (mais pas un mauvais cru), car je pense que For Badgeholders Only (concert californien) ou The Maximum Destroyer (à Louisville, il me semble) sont supérieurs. Mais venant d'une tournée assez inégale, The Drum'n'Bass Show fait vraiment bonne figure. Certes, comparé à Earl's Court 75, Madison Square Garden de la même année (ou de 73 : le double live officiel The Song Remains The Same), Long Beach Arena et L.A. Forum de 1972 (le triple live officiel How The West Was Won) ou Royal Albert Hall 70 (format audio bootleg, mais format vidéo officiel sur le double DVD Led Zeppelin DVD de 2003), c'est moins fort, mais on s'en contente franchement très bien. Pochette bien craignos et tape-à-l'oeil, en revanche (et le titre du bootleg, comme trop souvent, est moyen-moyen).

CD 1

The Song Remains The Same

The Rover (Intro)/Sick Again

Nobody's Fault But Mine

In My Time Of Dying

Since I've Been Loving You

No Quarter

CD 2

Ten Years Gone

The Battle Of Evermore

Going To California

Black Country Woman

Bron-Y-Aur Stomp

White Summer/Black Mountain Side

Kashmir

CD 3

Out On The Tiles (Intro)/Over The Top(Moby Dick)

Guitar Solo

Achilles Last Stand

Stairway To Heaven

Rock And Roll

Trampled Under Foot

Bonus-track :

Interview de Plant & Bonham sur Presence