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Pendant un bon moment, le seul live officiel des Doors, c'était Absolutely Live, un double album sorti en 1970, et proposant des morceaux issus de plusieurs concerts entre 1969 et 1970. Un live qui fit la farce pendant quelques années, mais qui, malgré qu'il contienne l'intégralité de la mythique suite The Celebration Of The Lizard dont seul un titre (Not To Touch The Earth) se retrouvera sur un album studio officiel, n'est pas extraordinaire du tout. Après la mort de Morrison, d'autres lives surgirent : Alive, She Cried en 1983 (court, mais efficace), et Live At The Hollywood Bowl en 1987, un live qui, dans sa version d'époque, ne contenait que 7 titres, pour un total stupidement court de 22 minutes ! En 1991, le double CD In Concert proposera, sur son premier disque, Absolutely Live, et sur son second, Alive, She Cried plus des titres du concert du Hollywood Bowl (qui date de 1968). En 2000 sortira le double live In Detroit (concert de 1970), en 2001 : Bright Midnight : Live In America, en 2002 : Live In Hollywood, en 2005 : Live In Philadelphia, en 2007 : le triple CD Live In Boston, en 2008 : Live In Pittsburgh Civic Arena... Et il y en à d'autres. Dernier en date, la réédition, en CD et DVD (car le show fut filmé à l'époque), de l'intégralité du concert donné le 5 juillet 1968 au Hollywood Bowl. Celui sorti en CD en 1987 dans la version considérablement raccourcie que j'ai cité plus haut. Cette nouvelle version, que j'aborde aujourd'hui, s'appelle Live At The Bowl '68, et propose 20 titres (et, parmi eux, 16 sont des chansons, le reste est non-musical ou presque) pour 62 minutes. Si c'est l'intégralité du show, il fut bien court, mais pour l'époque, ce n'est pas étonnant (rappelons que les concerts des Beatles ou Stones, de l'époque 1962/64, faisaient rarement plus d'une demi-heure).

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Oublions totalement la version courte de 1987, qui non seulement ne proposait que 7 titres, mais parmi eux, on avait deux versions de Light My Fire (une de 8,45 minutes, soit une minute de moins que la version intégrale de 2012, et une de 3,25 minutes, issue de la première !), un Spanish Caravan coupé de moitié (et qui, sur la version 2012, dure 3 minutes, ce qui, déjà, est court) et mis à part ça, quasiment que des titres courts tels Wake Up ! ou A Little Game. Cette nouvelle version du live, la complète probablement, et la définitive tout aussi probablement, est sans doute un des meilleurs lives du groupe, lequel, à l'époque, avait sorti son troisième opus (Waiting For The Sun, 1968, album inégal qui, à la base, devait s'appeler The Celebration Of The Lizard et contenir la suite du même nom, mais comme je l'ai dit plus haut, seul Not To Touch The Earth, absent ici, se retrouvera sur l'album, qui sera donc renommé aussi), lequel est probablement son moins bon (de l'ère Morrison), mais recèle de bons moments. Quatre sont ici : Spanish Caravan, The Unknown Soldier, Hello, I Love You et Five To One, lequel est imbriqué entre les deux parties d'un Back Door Man endiablé (et la version live de Five To One est certes courte - 2,20 minutes au lieu des 4 de la version studio ! -, mais d'une puissance folle). D'une grande puissance aussi est The Unknown Soldier, avec cette fausse exécution de Morrison à la guitare électrique par Robbie Krieger, moment culte du morceau. Le live propose, mis à part ça, trois extraits de la suite The Celebration Of The Lizard : A Little Game, The Hill Dwellers et Wake Up !, courts et efficaces (surtout le dernier : quand Morrison glapit Wake Up !, ça fait toujours son effet). Et on a aussi les inévitables moments de poésie beat de Morrison (Horse Latitudes, toujours aussi glauque ; The W.A.S.P. (Texas Radio & The Big Beat), dont le groupe fera une version studio en 1971, assez tardivement, donc), et, surtout, trois grands moments, Light My Fire (quasiment 10 minutes assez époustouflantes), The End (qui, logiquement, se situe en final) de plus d'un quart d'heure, et quasiment 13 minutes, en ouverture, de When The Music's Over avec, en intro, un plutôt longuet solo d'orgue de Ray connard de service Manzarek (quand je dis connard de service, lire le livre - Les Portes Claquent - de John Densmore, batteur du groupe, qui parle du procès qu'il a intenté contre Manzarek après la reformation partielle, en 2003, et sans l'accord de Densmore, des Doors, pour avoir l'étendue de la pensée de Manzarekonnard, totalement irrespectueux de la mémoire de Morrison et du groupe), et un Jim survolté (We want the world, and we want it...NOW !!!!).

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Le seul reproche à faire à Live At The Bowl '68, c'est sa courte durée, 62 minutes, ça passe très vite, surtout qu'hormis les trois longs titres cités à l'instant, les morceaux sont, dans l'ensemble, courts (Alabama Song (Whiskey Bar), Five To One, Hello, I Love You...). 20 titres (en comptant l'intro de 12 secondes, et les trois courts morceaux de moins d'une minute, entre certains titres, comme "Hey, What You Would Guys Like To Hear ?"), en à peine une heure, c'est rapide. Trop rapide. On aurait aimé, aussi, Not To Touch The Earth, Soul Kitchen, Love Me Two Times, Break On Through (To The Other Side), bref, d'autres titres. Mais quand même, en tant que tel, ce live des Doors est une réussite, un disque conseillé à tous les fans du groupe ne l'ayant pas encore chez eux.

Show Start/Intro

When The Music's Over

Alabama Song (Whiskey Bar)

Back Door Man

Five To One

Back Door Man (Reprise)

The W.A.S.P. (Texas Radio & The Big Beat)

Hello, I Love You

Moonlight Drive

Horse Latitudes

A Little Game

The Hill Dwellers

Spanish Caravan

"Hey, What You Would Guys Like To Hear ?"

Wake Up !

Light My Fire

Light My Fire (Segue)

The Unknown Soldier

The End (Segue)

The End