C1

Ca faisait un petit moment que je voulais reparler un peu du Chameau sur Rock Fever. Non pas que j'en ai beaucoup parlé, en fin de compte. Trois albums abordés seulement, je crois, et tous il y à un petit moment, on ne peut pas dire que je suis connaisseur en Camel, groupe de rock progressif britannique des années 70, parfois considéré par certains comme un groupe de seconde catégorie. Ce qui peut laisser présumer qu'il s'agit d'un groupe mineur, sans intérêt historique, sans album majeur dans sa discographie. Je n'irai pas jusque là, autant le dire tout de suite, même si ce groupe est moins connu et révéré que Genesis, King Crimson, Yes ou même (Dieu ait pitié de nous) Emerson, Lake & Palmer. Mais si je ne connais que trois albums de Camel (je n'en réaborde qu'un seul pour le moment, car c'est mon préféré des trois), je les aime, tous trois, vraiment beaucoup. On a Mirage, dont la pochette reprend, en la modifiant légèrement (elle est légèrement blurrée, comme si c'était un effet de mirage, justement), le fameux visuel des paquets de clopes de la marque homonyme du groupe (qui, en plus, utilise le lettrage des paquets comme lettrage pour leur album). Sorti en 1974, cet album, leur deuxième, offre notamment la superbe suite The White Rider, inspirée par Le Seigneur Des Anneaux de Tolkien. On a aussi, en 1976, c'est leur quatrième album, Moonmadness, sous une pochette qui semble dessinée par Roger Dean (designer des pochettes de Yes, notamment), ce qui n'est pas le cas, mais ça y ressemble. Un album franchement remarquable (Lunar Sea...). 

C2

Entre les deux, sorti en 1975, un album qui, donc, est mon préféré des trois de Camel que je connais (et sauf erreur de ma part, il me semble que la suite de la carrière de  Camel sera un peu frustrante ; tout comme Gentle Giant, le groupe livrera des albums globalement anodins, moyens, à partir de la seconde moitié des années 70). Sorti sous une pochette blanche que l'on ne saurait qualifier de sublime (mais elle n'est pas pour autant hideuse), ce disque possède deux titres. En fait, il n'en possède qu'un : The Snow Goose, mais dans certains pays, il sera publié sous le titre Music Inspired By The Snow Goose, d'où la précision entre parenthèses en titre d'article. Pourquoi cette précision ? Il faut savoir que cet album est un disque conceptuel basé sur un roman de Paul Gallico, portant le même titre (L'Oie Des Neiges), un court roman pour la jeunesse (l'auteur a aussi écrit le roman qui donnera le film de 1972 L'Aventure Du Poseidon, par ailleurs). L'auteur du roman n'appréciera pas du tout qu'un groupe de rock progressif adapte son roman. Ce qui fait que le groupe, pour éviter les problèmes (et il y en à quand même, je crois, eu quelques uns...), a fait, contrairement à ce qu'ils avaient prévu, un disque entièrement instrumental (on a certes des vocalises, mais sans paroles), et rajouté la précision dans le titre. Ce qui fait donc que The Snow Goose est un album instrumental qui, en 43 minutes, aligne, excusez du peu, 16 titres pour la plupart très courts, six d'entre eux ne font pas 2 minutes. Ce n'est pas vraiment un album que l'on apprivoise en une écoute, c'est en fait rarement le cas pour un album, surtout de rock progressif, mais quand on se retrouve avec un disque aussi rempli de morceaux, la plupart du temps, au début, on encaisse un amalgame de morceaux que l'on va confondre les uns avec les autres.

C3

Ce n'est qu'au bout de quelques écoutes que The Snow Goose, pas si difficile d'accès que ça en fait (rien d'expérimental ici), vous deviendra familier. Je ne vais pas parler du concept, de l'histoire. Je n'ai pas lu le roman de Gallico, et comme l'album est sans paroles, il est difficile de suivre l'intrigue en écoutant les morceaux et en lisant leurs titres. Qui est Rhayader ? Et Fritha ? Ah, tiens, la ville de Dunkerque est citée, à un moment donné (Dunkirk). Un titre est en français, La Princesse Perdue, et The Great Marsh ("Le grand marais") est utilisé pour l'ouverture et le final, en deux morceaux différents. Dommage que le groupe n'ait pas inclus un texte qui résumerait le roman, sans doute ne l'ont-ils pas fait soit parce qu'ils envisageaient de faire des chansons (avec paroles) à la base, soit parce que Gallico a refusé que l'on adapte tel quel son oeuvre et ils ne voulaient pas risquer des emmerdes juridiques. Evidemment, ça fait que l'on se retrouve avec une sorte d'album de bande originale de film sans qu'il n'y ait de film pour aller avec, ce qui est un peu con. Un disque d'ambiance, en gros, mais je dois dire que musicalement, c'est une sacrée réussite (l'enchaînement Preparation/Dunkirk est sublime), que le groupe interprétera, en live, en totalité, en une grosse suite. D'ailleurs, en 1978, ils ont sorti un double live, A Live Record (oui, le titre est con, je sais), que j'aborderai sans doute un jour, et le second disque offre l'intégralité, dans l'ordre des 16 titres de cet album de 1975 vraiment réussi. CCertes, il faut quelques écoutes pour vraiment le savourer, certes, l'absence de chant et de paroles empêche de comprendre l'histoire, mais c'est un des meilleurs albums de rock progressif, malgré tout ça. Bien plus digeste que du Yes ou du ELP de la même époque (enfin, c'est cependant un gros fan de Tales Frop Topographic Oceans et Brain Salad Surgery qui dit ça, donc...).

FACE A

The Great Marsh

Rhayader

Rhayader Goes To Town

Sanctuary

Fritha

The Snow Goose

Friendship

Migration

Rhayader Alone

FACE B

Flight Of The Snow Goose

Preparation

Dunkirk

Epitaph

Fritha Alone

La Princesse Perdue

The Great Marsh