C1

Ca faisait longtemps que Camel n'avait pas eu les honneurs du blog. Camel ? Pas la marque de clopes, hein (malgré que le logo du groupe, leur lettrage plutôt, soit similaire, voire identique, à celui de la fameuse marque au chameau, marque dont le visuel fut plagié par Camel pour leur album Mirage de 1974), mais le groupe de rock progressif anglais. Un groupe à l'ancienne, c'est à dire, pas du rock progressif métallique ou expérimental à la King Crimson/Van Der Graaf Generator. Camel, dont la discographie n'est pas parfaite (trois grands albums dont celui que je viens de citer et celui que je vais aborder aujourd'hui, qui le suit dans leur discographie, plus l'album encore suivant, Moonmadness), n'est pas un groupe des plus connus, sauf des amateurs de rock progressif, et ce n'est sans doute pas le groupe à découvrir en priorité. Mais de 1974 à 1976, ils étaient vraiment excellentissimes, dans leur Âge d'Or. Le seul reproche qu'on peut leur faire, c'est que les parties vocales ne sont pas toujours des plus parfaites, le chant (quasiment chaque membre du groupe chantait, selon les chansons) n'étant pas leur force principale. Concernant l'album que je vais aborder maintenant, sorti en 1975, ce n'est pas grave, car mis à part quelques vocalises sans paroles, les morceaux, tous très courts (l'album dure 43 minutes, il y à 16 titres !), sont instrumentaux. Ce disque s'appelle The Snow Goose, alias Music Inspired By The Snow Goose (selon les versions).

C3

Ce disque est conceptuel, et s'inspire de L'Oie Des Neiges, un roman pour la jeunesse écrit par Paul Gallico. Ce dernier, apparemment un anti-tabagisme notoire (en même temps, cet argument est contesté, apparemment, il fumait, en réalité...), n'appréciera que très modérément, voire pas du tout, qu'un groupe du nom de Camel (allusion plus qu'évidente, surtout au vu du lettrage de leur logo, aux cigarettes) adapte une de ses oeuvres en album de rock progressif. La raison de son mécontentement serait plus une histoire de copyright qu'autre chose ! Bon, toujours est-il que cet album, sorti donc en 1975 (mais le groupe, sur scène, interprétera, dès 1974, des extraits du concept-album en live), et qui sera un très gros succès commercial - leur plus important, je crois -, est inspiré par le roman de Gallico. A la base, le groupe voulait adapter le Siddharta d'Hermann Hesse (l'auteur du mythique Le Loup Des Steppes, que le groupe envisagera aussi d'adapter), mais finalement, on a vu vers quel livre ils se sont tournés. Les morceaux, aux titres très évocateurs (surtout, j'imagine, si on connait le roman, ce qui n'est pas mon cas), comme FrithaDunkirk, Rhayader, The Great Marsh (en deux versions, une au début, l'autre à la fin) ou Flight Of The Snow Goose, les morceaux, donc, sont dans l'ensemble, courts, et sans paroles. Certains d'entre eux sont de pures merveilles, comme La Princesse Perdue (marrant, ce titre en français, surtout que le morceau est, comme les autres, sans paroles !), le doublé Preparation/Dunkirk, Rhayader Goes To Town ou le morceau-titre. On peut en revanche trouver quelque peu superflus des titres très courts comme Friendship, Sanctuary ou Fritha Alone.

C2

Mais ce qu'il faut savoir, concernant The Snow Goose, c'est que ce disque est en fait un gigantesque morceau de 43 minutes (divisé, certes, en 16 titres, et, pour le vinyle, aussi en deux faces, mais quand même), et qu'il est difficile, voire impossible, d'apprécier ses 16 titres séparément de l'ensemble. On écoute ce disque d'une traite, de même qu'on le fait pour The Lamb Lies Down On Broadway de Genesis ou le plus compliqué à apprécier (en raison de la longueur de ses morceaux : quatre titres de 20 minutes) Tales From Topographic Oceans de Yes. L'album de Camel est à la fois plus facile à pénétrer (car il est simple, contrairement aux deux autres cités) et plus compliqué, car l'absence de paroles rend l'intégration du concept, de l'histoire, difficile (d'autant plus qu'il n'y à pas de texte explicatif dans la pochette, contrairement, là aussi, aux deux autres albums cités). Musicalement, le groupe est en forme et livre une prestation éblouissante, cet album est très riche, passionnant, et si vous aimez le rock progressif, nul doute que vous aimerez The Snow Goose. Après, je préfère encore plus Moonmadness, l'album suivant (1976), mais cet album de 1975 est sans doute le deuxième meilleur du groupe. Et leur plus ambitieux. Recommandé !

FACE A

The Great Marsh

Rhayader

Rhayader Goes To Town

Sanctuary

Fritha

The Snow Goose

Friendship

Migration

Rhayader Alone

FACE B

Flight Of The Snow Goose

Preparation

Dunkirk

Epitaph

Fritha Alone

La Princesse Perdue

The Great Marsh