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J'ai abordé ce disque en juillet dernier, ce qui, on est d'accord, est relativement récent. Mais il me semblait urgent de réaborder ce disque. Manque d'idées, début d'Alzheimer précoce ? Rien de tout cela. C'est juste que ce disque me hante, au sens littéral, je ne peux m'empêcher d'y penser au moins une fois par semaine, je l'écoute très souvent (pas une fois par semaine, mais pas loin), et je sais qu'à un moment ou à un autre, je n'aurai tout simplement plus besoin de l'écouter, il sera gravé à vie, comme c'est le cas de Berlin, Abbey Road ou Physical Graffiti, sur mon CD-R (recordable but not rewrittable) perso, dans mon cerveau...ou dans mon coeur. Ou les deux. Je ne pense pas que cette modeste chronique, qui s'annonce cependant plus longue que feue la précédente au sujet de l'album, que cette chronique donc pourra rendre justice à ce disque. Je vais essayer, cependant, je vais essayer de parler de ce coin silencieux et de cette scène vide (traduction littérale du titre de l'album, qui est donc The Silent Corner And The Empty Stage). Troisième opus solo du leader de Van Der Graaf Generator, Peter Hammill, ce disque date de 1974. Non, sa pochette ne représente pas un trou du cul encerclé d'un anneau (pour l'anneau, je suis d'accord, il y en à un sur la pochette). J'ignore au juste ce que représente cette pochette, mis à part qu'il me semble que le coin de ladite pochette (coin inférieur droit pour le recto, inférieur gauche pour le verso, dans lequel on voit un Hammill comme éberlué) est en train de se consumer. Cette étrangeté en rajoute au mystère de l'album (à ce sujet, je vous encourage vivement, si vous le pouvez, à lire l'article de Joe Banks, traduit, qui fut publié dans le N°560 (avril 2014, publié donc en mars, chaque numéro du magazine, publié en milieu de mois, comptant pour le mois suivant) de Rock'n'Folk, et qui parle de l'album, en rétrospective pour ses 40 ans ; j'avoue m'en inspirer un peu, cet album m'ayant aidé à y voir un peu plus clair dans l'album).

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Sept titres se cotoîent sur l'album, pour un total de 49 minutes. Comme quasiment tous les albums solo de Peter Hammill (en tout cas, ceux des années 70), il a été enregistré avec les membres de Van Der Graaf Generator au complet, ce qui peut laisser sous-entendre qu'en réalité, les albums solo de Hammill sont des albums virtuels de Van Der Graaf Generator. C'est ainsi que Hugh Banton (basse, claviers), Guy Evans (batterie, percussions) et David 'Jaxon' Jackson (saxophones, flûte) jouent sur ce disque au côté de leur leader Hammill (chant, guitare, claviers, basse). Randy California, guitariste et chanteur de Spirit, participe à un des titres en invité, à la guitare. Il s'agit de Red Shift, morceau de 8 minutes qui paraîtra en single (les deux faces occupées par la chanson, coupée en deux parties), mais ce single ne verra le jour qu'en Italie, pays qui, pour des raisons étranges, aura voué un vrai culte à Hammill et à son groupe (alors que dans son propre pays, le Royaume-Uni, Hammill ne sera jamais une star). Nul n'est prophète en son pays... The Silent Corner And The Empty Stage n'est de toute façon pas un album propice à faire monter dans les charts. Aucun tube ici, aucun morceau destiné à en devenir un, d'ailleurs. Ce n'est pas un album pop, ce n'est pas un disque à écouter en fond sonore d'un repas en famille, ou pour se détendre après une dure journée de boulot. Ce n'est même pas un album idéal pour découvrir la très intéressante (et même, franchement, remarquable ! De 1971 à 1978, rien à jeter, rien) carrière solo de Peter Hammill ; si vous voulez découvrir cet artiste de génie, privilégiez Over ou Nadir's Big Chance. Ou Fool's Mate, son tout premier opus solo, fait alors que Van Der Graaf Generator venait tout juste de se retirer, pour quelques années (de 1971 à 1974). Ce disque-là, en revanche, sous son étrange pochette (et je ne vous parle même pas de l'intérieur de pochette ! D'ailleurs, regardez l'illustration ci-dessous, et vous pigerez pourquoi je me refuse à la décrire : c'est indescriptible, et je ne sais toujours pas avc exactitude que ce cela représente), risque fort d'en décourager certains. Ou pas. J'ai dit que ce n'était pas l'album idéal pour découvrir la carrière solo de Hammill, mais c'est justement avec ce disque que je l'ai découverte ! Et dès la première écoute, ce fut...comment dire...

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Vous savez tout de suite si un album va vous accompagner longtemps ou pas. Que vous aimiez ou pas la première écoute (bon, OK, si ça vous plaît d'emblée, c'est bon signe), vous sentez qu'il se passe un truc, vous sentez que ce disque va vous rester en tête ou pas, vous sentez si vous réécouterez souvent ce disque où s'il risque fort de prendre la poussière sur votre étagère, coincé entre deux autres albums oubliés, achetés par erreur, vite aimés, vite devenus lassants. Oui, ce genre de disques. Quand j'ai écouté The Silent Corner And The Empty Stage pour la première fois, j'ai pris un coup dans la gueule. Et un sévère. Depuis Berlin de Lou Reed, ça ne m'était pas arrivé, et encore, là, ce fut encore plus fort. Les 50 minutes sont passées comme si le disque n'était qu'un simple single de 2,30 minutes. Je suivais les paroles (imprimées en bleu sur fond blanc, en écriture manuscrite, dans le livret CD et le feuillet interne du vinyle), essayant de comprendre où Hammill voulait m'embarquer. Fort heureusement, dans le livret/feuillet, on a des indications sur les thèmes des chansons (ça reste vague, cependant). Modern parle des cités antiques, Forsaken Gardens, de la perte et de l'espoir, par exemple. En fait, directement ou indirectement, l'album parle de Hammill, c'est un disque intérieur, introspectif. Comme quasiment tous ses albums (Over semble marqué par le divorce difficile du chanteur, par exemple). Mais là, il a fait fort. Démarrant par une guitare certes acoustique, mais incroyablement menaçante, Modern, le premier titre, 7,30 minutes, saisit l'auditeur à la gorge. La voix de Peter y est pour beaucoup ; considéré comme le Jimi Hendrix vocal, ce mec possède en effet un timbre particulier, capable des plus belles douceurs (sur le disque, il y en à) comme de grands moments de furie, de tension, des éclats de violence et de folie. Il y en à aussi sur l'album. Hammill signe, aussi, des textes marquants, assez intellectuels et recherchés, assez littéraires. Modern, comme je l'ai dit plus haut, parle des cités antiques, détruites, des cités de mythes ou ayant existé : Jéricho, Babylone, une  allusion à Sodome et Gomorrhe (Don't look back or you'll turn to stone)...l'Atlantide. A prédominance acoustique, le morceau n'en est pas moins féroce, rien de calme et de plan-plan ici. On a droit à de vraies décharges électriques, la voix de Hammill et de belles giclées de guitare offrent à l'auditeur la possibilité de frissonner à de multiples reprises tout le long du morceau (et je ne parle pas du passage instrumental central, assez oppressant et chelou). Quand le morceau se termine, on est épuisés. Modern est d'un niveau tel qu'il serait le chef d'oeuvre de n'importe quel album de n'importe quel autre artiste. Ici, il ne fait qu'ouvrir le bal, et autant le dire directement, bien que cette chanson soit immense, ce n'est pas le sommet de l'album, vous dire...

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De la même manière que In The Court Of The Crimson King, le premier opus de King Crimson, passait d'une chanson féroce (21st Century Schizoid Man) à une ballade bucolique toute en douceur (I Talk To The Wind), le morceau suivant de The Silent Corner And The Empty Stage est Wilhelmina, une chanson plus sobre en durée (5,20 minutes, tout de même ; au fait, le morceau le plus court de l'album dure 4,40 minutes), plus sobre en tout, d'ailleurs. Malgré un petit passage un peu tendu (Try to treat your parents well because they care...), cette chanson est un petit régal de tendresse, dans lequel Peter Hammill dispense des conseils à une petite fille du nom de Wilhelmina, ou Willie comme il l'appelle. Ce n'est pas sa fille. C'est, apparemment, selon les dires de Hammill lui-même dans les notes de pochette de la réédition CD de l'album, la fille du batteur de Van Der Graaf Generator, Guy Evans. Fille qui ne s'appelle pas comme celle de la chanson, mais Tamra. Cette chanson, une sorte de version Hammill et 'petite fille' du Simple Man de Lynyrd Skynyrd (pour le thème, hein, car musicalement, rien à voir du tout) dans laquelle une mère donnait des conseils à son fils pour qu'il ait une belle et bonne vie, cette chanson est une pure merveille, où le piano a une importance capitale. Apparemment, la petite fille de la chanson est un bébé (Meanwhile you're still a baby), l'histoire ne dira pas si elle a eu conscience de ces conseils, dans le cas où ils ne seraient pas juste une invention pour la chanson ! On l'a vu, l'album passe d'une chanson barrée et féroces à une incartade douce et tendre. Le contraste sera encore plus fort avec la chanson suivante, qui s'appelle The Lie (Bernini's Saint Theresa) et est, de l'avis de pas mal de fans du chanteur, la plus grande chanson de Hammill en solo. Une des plus importantes et réussies, en tout cas. Là aussi, le piano (par Hammill) est très important, le morceau, sombre comme la nuit, démarrant par de glaciales coulées de notes. S'inspirant d'une visite que Peter Hammill aurait fait à Rome, dans l'église Santa Maria della Vittoria, où se trouve la statue du sous-titre de la chanson (L'Extase De Sainte-Thérèse, chef d'oeuvre du Bernin, un artiste de la Renaissance italienne ayant, comme Michelange, collaboré à moult reprises avec le Vatican ; mais cette Extase ne plaira pas au Vatican, et sera refourguée dans un coin silencieux d'une église romaine, en dehors de la Place Saint-Pierre...), la chanson dure 5,40 minutes et est interprétée par un Peter au sommet de son art vocal dérangeant. Abordant aussi bien le sexe que la religion, la chanson est blasphématoire, dès ses premiers instants : Genuflexion/Erection in church/Sacristy cloth/Moth-eaten shroud ('génuflexion/érection dans l'église/Vêtement sacré/suaire rongé aux mites'). Quand Hammill chante doucereusement Incautious laughter, en ouverture du second couplet, impossible de s'imaginer, quand on écoute le morceau pour la première fois (quelle claque, alors !), que le After confession qui suit est braillé, glapi, hurlé d'une voix féroce et brutale, piano martelé à l'appui. Ce genre de roller coaster musical est bel et bien la marque de fabrique, le (c) de Peter Hammill, et dans The Lie (Bernini's Saint Theresa), il l'exploite à merveille, et sans en abuser, ce qui est mieux encore. The silent corner haunts my shadow prayers/ice-cold statue/Rupture divine/Unconscious eyes/The open mouth/The wound of love/The LIIIIIIIEEEE. Il faut, pour bien comprendre tout le côté blasphématoire de la chanson, que l'oeuvre du Bernin dont parle Hammill (en fait, il parle de sexe et de religion en se basant sur l'oeuvre du Bernin) est incroyablement osée, on y voit Sainte Thérèse d'Avila, en extase, corps cambré, tête en arrière, yeux fermés, bouche entrouverte, une expression quasiment orgiaque sur le visage, alors qu'un séraphin, un ange de feu, la surplombe, s'apprêtant à la pénétrer de sa lance. Une vraie lance, pas sa queue. Mais quand le Bernin exposera son oeuvre colossale (photo ci-dessous) au Pape d'alors, il se verra refuser qu'on la place en la résidence papale, elle sera exilée. Trop osée, trop équivoque... sans doute exactement ce que le Bernin voulait faire. La chanson, un sommet, sans jamais la citer (sauf dans le passage que je viens de citer, The silent corner haunts my eyes...), rend un bel hommage à cette oeuvre magnifique située dans un coin silencieux d'une 'petite' église de Rome. Le titre de l'album vient donc en partie de là.

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Forsaken Gardens, qui suit, 6,15 minutes achevant la face A, est une merveille douce-amère. En 1974, durant les concerts de reformation que Van Der Graaf Generator feront (un an après, avec l'album Godbluff, ils relanceront la machinerie), et au cours desquels beaucoup de morceaux solo de Hammill seront joués, ce morceau sera souvent interprété. D'ailleurs, la plus récente réédition CD de Godbluff en propose une version live (on a aussi un autre morceau de The Silent Corner And The Empty Stage en live), avec une qualité sonore un peu moyenne, mais musicalement, c'est du Grand Art. Morceau magnifique, tout en douceur (relative douceur), avec un passage plus mouvementé en son centre (It's getting colder, wind and rain leave gashes...), passage magnifique agrémenté, comme le final qui en reprend le thème en instrumental, par les saxophones de Jaxon. Pour le reste, c'est du Hammill touchant eten mode non pas apaisé, mais reposé, après la furie de The Lie (Bernini's Saint Theresa), ça fait du bien, quelque part. Les paroles sont magnifiques : Where are all the joys of yesterday ?/When now is the happiness and laughter that we shared ?/Gone like our childhood dreams, aspirations and belief/Time is a thief and he savages our gardens... La face A ne pouvait mieux se fermer que sur un pareil morceau, qui prend aux tripes. La B, elle, s'ouvre sur Red Shift (si vous vous souvenez bien du début d'article, car il commence à être long, cet article, c'est sur ce morceau, sorti en single en Italie et uniquement dans ce pays, que joue Randy California, l'invité, à la guitare). Comme il le dit dans les notes de pochette de la réédition CD, les quelques secondes de bla-bla non-musical en intro de morceau sont quelque chose que Hammill aimerait bien ne pas avoir foutu sur l'album ! Mis à part ça, le morceau, d'une durée de 8,10 minutes, est une tuerie. Avec, selon les notes de pochette, le thème de l'aliénation scientifique (tout un programme), Red Shift, terme qui semble issu du lexique de la science-fiction, est baigné par des saxophones entêtants et une guitare sensationnelle, signée California donc (crédité à la pulsating lead guitar dans les annotations de pochette), tandis que la basse est tenue par Hammill, et bien que ça ne soit pas son instrument de prédilection, il en joue plutôt bien. Montée en puissance remarquable, ce morceau tétanise ; il ne va jamais dans la furie, contrairement à Modern, mais ce lent crescendo, baigné par des paroles sensationnelles semblant parler de la fin de l'Univers (pas joyeux, quoi, mais j'ai déjà dit ici que l'album n'était pas très gai, non ?), n'en est que plus fort. On passe au morceau suivant, Rubicon, morceau le plus court avec 4,40 minutes seulement. Le Rubicon, c'est cette petite (elle n'est vraiment pas grosse !) rivière qui, dans l'Antiquité, symbolisait la séparation, la frontière, entre Rome et la Gaule d'alors. Rivière qu'il était verboten de franchir avec une armée, ce que Jules César a cependant fait, alea jacta est, fameuse locution latine, vient de là. Abordant le thème du choix, la chanson, acoustique, calme (la plus apaisée de l'album), ne parle pas de César, ni de l'Antiquité, malgré des allusions à la mythologie (licorne, Pandore et sa boîte...). Musicalement, vocalement, la chanson me fait furieusement penser à ce que Bowie faisait sur son album Hunky Dory (1971) via des chansons comme Quicksand ou The Bewlay Brothers, une sorte de folk un peu précieux et sophistiqué. Moins chargé en arrangements, cependant, Rubicon étant très sobre. Autant le dire, c'est, des sept chansons de l'album, celle qui, je pense, est la moins grandiose, c'est aussi celle que j'aime le moins, tout en l'aimant beaucoup. Mais elle fait un peu fantôme, coincée entre Red Shift et le morceau suivant, le dernier, le plus long (12,15 minutes), le plus fort, et qui est...

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A Louse Is Not A Home. Tout comme Forsaken Gardens, on a une version live de 1974 sur la réédition CD du Godbluff de Van Der Graaf Generator. Là, je sèche. Ce morceau est tout simplement le sommet de l'album, une sorte de mini-opéra totalement ravagé et cependant terriblement bien construit, sur la recherche du 'moi' intérieur, sur l'introspection, la folie aussi... Jamais Peter Hammill ne se livrera autant que sur The Silent Corner And The Empty Stage. Plusieurs sections, plusieurs mélodies se chevauchent, la première (qui est reprise en apothéose dans le final) est un modèle du genre. Je suis désolé, mais c'est indescriptible. A Louse Is Not A Home fait partie de ces morceaux qui, comme le Starless de King Crimson (même année, même durée !), ne s'écoute pas, mais se ressent, se vit. On a du mal, après les dernières secondes de l'album (au cours desquelles on entend un orgue s'effacer lentement en tissant une mélodie fantômatique, et Peter Hammill dire, d'une voix apeurée, interrogative, quasiment désespérée, I... ? I... ? I... ?, comme s'il s'interrogeait, avec inquiétude,  sur sa propre existence), à faire autre chose, à penser à autre chose. Personnellement, la seule chose qui m'est venue en tête, après la première écoute, fut puuuuuutain. J'avais envie de remettre le couvert, bien que cette première écoute de l'album fut pour le moins éprouvante (facile d'accès, je le répète, n'est pas une expression utilisable quand on parle de The Silent Corner And The Empty Stage). Sur le vinyle, ça s'arrête là, avec les interrogations inquiétées et troublantes de Hammill. Sur le CD, on a trois bonus-tracks, qui sont des versions live de trois morceaux de l'album : The Lie (Bernini's Saint Theresa) enregistré au cours d'un concert donné en 1978 dans une...église de Kansas City (le son est moyen, mais quelle version !) et deux morceaux enregistrés à la BBC en 1974, Rubicon et Red Shift (son remarquable, et interprétation idem). Pour une fois, des bonus-tracks sont vraiment bons, et en rajoutent au plaisir, même si je pense que les sept morceaux de l'album original se suffisent amplement, et je conseille surtout de stopper le CD après la fin de A Louse Is Not A Home. Voilà donc un album prodigieux, monumental. Je pense avoir dit à son sujet tout ce que je voulais en dire, pardon si j'ai été parfois un peu irritant, répétitif, mais comme je l'ai dit en intro, ce disque me hante, il est plus qu'important pour moi (je me le suis payé en vinyle, d'occasion, très peu de temps après le CD, ce qui est un détail), il m'est ultra-très important. Je ne peux que vous conseiller son écoute si vous ne le connaissez pas encore. Vu que The Silent Corner And The Empty Stage fait partie de ces monuments cultes et peu connus des masses, je pense que pas mal d'entre vous, sauf les calés en rock, ne le connaissent pas. Rattrapez ce retard ! D'ailleurs, tant que les liens Youtube marcheront, vous trouverez en bas d'article l'intégralité, dans l'ordre, des sept morceaux de cet album que je n'hésite vraiment pas à qualifier de gigantesque.

FACE A

Modern

Wilhelmina

The Lie (Bernini's Saint Theresa)

Forsaken Gardens

FACE B

Red Shift

Rubicon

A Louse Is Not A Home