Après avoir proposé plusieurs discographies dans ses lignes, Rock Fever vous propose de découvrir celle de Eels, un "groupe" américain fondé en 1995. Le terme de groupe est vraiment à mettre entre guillemets puisque Mark Oliver Everett, alias Mister E, se trouve derrière la quasi intégralité des compositions, à quelques exceptions près. A l'heure actuelle, la discographie de Eels compte onze albums, à condition d'exclure les live et les compilations. La discographie ci-dessus ne comprend que les albums studios.

Beautiful Freak

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En vérité, Beautiful Freak n'est pas la première livraison du groupe. En effet, par le passé, Mark Oliver Everett avait sorti deux précédents opus mais sous le pseudonyme de E. Néanmoins, Beautiful Freak est le tout premier disque à sortir sous le nom de Eels. C'est aussi le plus gros succès du groupe. Sorti en 1996, ce premier effort contient de nombreuses pépites: Novocaine for the soul, Susan's House, My beloved Monster ou encore Your lucky day in hell sont autant de réussites.
Toutefois, Mister E se cherche encore et la production n'est pas toujours irréprochable. Cependant, pour tout fan du groupe, Beautiful Freak fait partie des albums incontournables.

Electro-Shock Blues

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Changement de cap radical dès le deuxième album, intitulé Electro-Shock Blues et sorti en 1998. Indéniablement, Mark Oliver Everett cherche à s'écarter du chemin du gros succès pour signer un disque très personnel et assez difficile d'accès. Les premières écoutes sont assez déconcertantes. Pourtant, à juste titre, Electro-Shock Blues est souvent considéré par les fans comme le sommet de Eels. Personnellement, ce n'est pas mon préféré, mais Electro-Shock Blues annonce l'univers du groupe à la fois marqué par les tragédies (Mister E a notamment perdu sa soeur, morte par suicide), la mort et le deuil. Encore une fois, on trouve de nombreuses pépites: Cancer for the cure, Hospital Food, Last stop: this town, Climbing to the Moon, Dead of winter, The medication is wearing off... Il faudrait finalement tout citer ! Magistral !

Daisies of the Galaxy

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Evidemment après le superbe Electro-Shock Blues, Eels est attendu au tournant. Encensé par les critiques, Mark Oliver Everett se doit de confirmer. Va-t-il poursuivre sur la lancée du précédent album avec des chansons toujours aussi sombres ? Si Electro-Shock Blues se distinguait par son ambiance morbide, Daisies of the Galaxy marque une nouvelle étape pour le chanteur et compositeur: celle du deuil et de cette volonté de poursuivre une carrière prometteuse.
Mission totalement réussie. Très éloigné de la tonalité de son prédécesseur, Daisies of the Galaxy est à mon avis le meilleur album du groupe. Certes, les chansons sont plus faciles d'accès, mais l'album peut s'appuyer sur des chansons tout simplement magnifiques et plus joyeuses qu'à l'accoutumée, notamment Grace Kelly blue, I Like Birds, Flyswatter, It's a motherfucker, Jeannie's Diary ou encore Mr E's beautiful blues. Là aussi, il faudrait finalement tout citer. Une pure merveille, tout simplement !

Souljacker

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Indéniablement, Mark Oliver Everett aime surprendre son monde et varier les hostilités. Preuve en est avec Souljacker, sorti en 2001. Cette fois-ci, on arrête les mélodies teintées de pop et de folk rock pour concevoir un album davantage orienté vers le gros rock qui tâche. Pour annoncer ce changement, Mister E porte désormais la barbe et cache son visage derrière des lunettes noires et une grosse capuche.
Certes, le disque contient encore quelques réussites, entres autres, That's not really funny, le superbe Bus stop boxer, World of shit ou encore Friendly Ghost. Encensé (encore une fois) par les critiques, je dois avouer que je ne suis pas un grand fan de Souljacker.
Dans l'ensemble, je trouve ce disque assez inégal. Personnellement, je n'ai jamais été très gourmand de son premier single, à savoir Souljacker part I., certes efficace, mais assez convenu dans l'ensemble. Toutefois, rien que pour le morceau Bus stop Boxer, l'album justifie son écoute.

Shootenanny !

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A priori, Shootenanny !, cinquième livraison de Eels, et sorti en 2003, n'a pas pour but de renouveler la discographie du groupe. On pourrait presque le considérer comme une synthèse des quatre précédents albums. Certes, la surprise n'est pas vraiment au rendez-vous. Désormais, on connaît la capacité de Mister E à marier le gros rock avec des chansons plus douces et des balades souvent incroyables. Shootenannny ! n'échappe pas à la règle. Curieux que ce disque ne soit pas passé à la radio (tout du moins sur les stations les plus connues). En effet, Shootenanny ! contient de nombreux singles évidents et accessibles au grand public, notamment Saturday Morning, Rock hard times, Dirty Girl ou encore Somebody Loves You. Ce n'est pas forcément le plus grand disque de Eels, mais Shootenanny ! contient de nombreux joyaux. Personnellement, je reste scotché devant le superbe Agony, probablement la chanson la plus réussie de l'album. Tout à fait recommandable donc !

Blinking Lights and Other Revelations

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Sixième album et premier double disque pour Eels. Le groupe revient à ses premières amours avec Blinking Lights and Other Revelations qui, par sa tonalité, pourrait être une parfaite synthèse entre Electro-Shock Blues et Daisies of the Galaxy. Le disque oscille sans cesse entre une certaine mélancolie et cette volonté d'aller de l'avant.
Bref, Mark Oliver Everett signe à nouveau une petite merveille qui contient son lot de chansons imparables: From which i came, Son of a bitch, Trouble with dreams, Railroad man, Dust of ages, If You See Natalie ou encore What happened to soy bomb, pour ne citer que ces exemples. Pas toujours facile d'accès, Blinking Lights... dévoile ses richesses et toute sa splendeur au fil des écoutes. Encore une merveille !

Hombre Lobo: 12 Songs of Desire

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Quatre ans après le superbe Blinking Lights and other revelations, Eels est de retour avec Hombre Lobo, sorti en 2009. Pas facile de passer après Blinking Lights... Visiblement, Eels se cherche un nouveau style. En l'occurrence, Mark Oliver Everett sort le premier volume de ce qui va constituer la trilogie du loup solitaire. Le chanteur et compositeur adopte à nouveau la grosse barbe.
Certes, ce septième disque contient encore quelques pépites dont Mister E a le secret: Prizefighter, That look you give that guy, In My Dreams ou encore My Time Is Off sont autant de réussites. Toutefois, Hombre Lobo est un peu léger comparé à son prédécesseur. On y trouve aussi des chansons pas forcément nulles ni mauvaises, mais Eels délivre un album parfois assez inégal. En quelques mots: recommandable mais pas indispensable.

End Times

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Second volet de la trilogie du loup solitaire, End Times marque un retour aux grands fondamentaux du groupe. Finalement, End Times est probablement le disque qui se rapproche le plus d'Electro-Shock Blues par la tristesse et la mélancolie qu'il dégage. Seule différence et pas des moindres, End Times est beaucoup plus bluesy dans sa tonalité. Curieusement, il est plutôt oublié et/ou peu cité dans la discographie de Eels. Certes, sur le fond, End Times n'est pas vraiment surprenant mais on y trouve des chansons magnifiques. Bref, un disque vraiment sous-estimé dans son genre !

Tomorrow Morning

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Troisième et dernier volet de la trilogie du loup solitaire, Tomorrow Morning est sorti la même année que End Times, donc en 2010. Tomorrow Morning casse la tonalité de son prédécesseur mais confirme la direction prise par Hombre Lobo, à savoir un disque marqué par la joie de vivre et la bonne humeur. Ce qui a le mérite de surprendre, d'autant plus que Eels cherche ici à se diversifier via des morceaux assez difficiles d'accès et pas toujours évidents à la première écoute.
Visiblement, Mister E cherche à décontenancer ses fans de la première heure. Certaines chansons sont parfois à la limite de l'électronique voire même du trip-hop. Certes, Tomorrow Morning peut s'appuyer sur quelques réussites et a moins le mérite de varier la palette musicale du groupe. Toutefois, on sent que Mark Oliver Everett se cherche encore.
Finalement, Tomorrow Morning résume assez bien cette trilogie du loup solitaire: ce n'est pas forcément la plus grande période de Eels au niveau de l'inspiration. Tout comme Hombre Lobo, Tomorrow Morning est certes recommandable mais pas indispensable non plus.

Wonderful, Glorious

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Mark Oliver Everett est toujours dans sa période "Je vais beaucoup mieux !". D'ailleurs, Wonderful, Glorious, sorti en 2013, affiche une couleur très orangée. Au niveau de la tonalité, c'est probablement l'album qui ressemble le plus à Souljacker avec des morceaux très rock. Seule différence et pas des moindres, Mister E fait appel à différents artistes et plus précisément au groupe avec qui il joue depuis quelques années pour composer tous les morceaux de ce dixième disque.
Indéniablement, c'est une bonne idée, visiblement à renouveler. D'ailleurs, je préfère Wonderful, Glorious à Souljacker. Il s'agit donc d'un album de qualité, qui contient lui aussi son lot de chansons réussies. Néanmoins, malgré des qualités évidentes, Wonderful, Glorious ne fait pas partie (à mon avis) des indispensables du groupe. Cependant, il est plus que recommandable.

The Cautionnary Tales of Mark Oliver Everett

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2014. Eels sort déjà son onzième album, The Cautionnary Tales of Mark Oliver Everett, même pas quatorze mois après Wonderful, Glorious. Retour aux sources et aux fondamentaux du groupe. Oui, Mister E a bien essayé de sourire à la vie. Oui, Mark Oliver Everett a bien essayé d'effacer les fantômes et les démons du passé. En résulte un constat d'échec.
Finalement, les cicatrices sont indélébiles et le chanteur-compositeur nous invite dans un épisode introspectif et dépressif. Clairement, Eels n'est jamais aussi bon que quand il livre des parties très personnelles de lui-même et ce qui l'habite depuis de nombreuses années: la mort de sa soeur, les tragédies familiales, sa solitude et les peines amoureuses. Là aussi, on trouve de nombreuses pépites: Mistakes of my youth, Where i'm at, Agatha Chang, Where i'm from, Dead reckoning ou encore Where i'm going. Bref, un indispensable de plus dans la discographie du groupe.