Bruce-Springsteen-Tunnel-Of-Love-Delantera

Ah la la, je suis bien emmerdaillé, avec cet album-là : le classer en rock, ou en 'ratages' ? Ben, j'ai finalement choisi : la seconde catégorie. En même temps, le choix n'a pas été si dur que ça, car s'il faut bien avouer une chose au sujet de cet album, sorti en 1987, c'est qu'il est vraiment peu réussi, voire même franchement médiocre. Pour ma part, c'est même à partir de là que la carrière de Bruce Springsteen va sérieusement partir en noix de cajou, la suite, et ce, jusqu'à The Ghost Of Tom Joad (1995), sera des plus nulles, j'ai déjà eu l'occasion ici de parler de la paire d'albums de 1992, Human Touch et Lucky Town, sortis le même jour, et totalement complémentaires (pochettes, sonorités, musiciens - et encore, pas trop de ce côté-là - et niveau musical général). Mais en 1987, le Boss sort un album qui, tout en ayant été un gros succès commercial (ce que je n'essaierai même pas d'expliquer, ne pouvant me résoudre à trouver une explication rassurante et logique à ce succès), sera un vrai pas en arrière. J'ai nommé Tunnel Of Love. Le titre fait penser à du Dire Straits, mais rien à voir. C'est avec ce disque que Springsteen commence à se détacher de son groupe, le E-Street Band (dès l'album suivant, et il s'agira de la paire de merdes de 1992, ils ne seront plus là). Tous ou presque apparaissent sur le disque, mais, sauf erreur de ma part, rarement ensemble sur un seul et même morceau. C'est après cet album, et là aussi sauf erreur de ma part, que le Boss épousera celle avec qui il vit toujours, Patti Scialfa, choriste. C'est probablement la seule bonne chose que Brucie a conservé, en souvenir, de l'album, car il ne joue que très rarement, pour ne pas dire jamais, de morceaux issus de Tunnel Of Love sur scène, et ce, depuis belle lurette...

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12 titres (pour quelque chose comme 46 minutes) composent cet album sorti trois ans après le carton plein de Born In The U.S.A., cet album ayant totalement changé la donné pour le Boss (au point de le transformer en pop star absolue). Le moins que l'on puisse dire, c'est que rien (hormis, à la rigueur, la chanson-titre, qui est, il est vrai, très belle), sur Tunnel Of Love, n'arrive aux lacets de pompes de Born In The U.S.A., la production, plus sobre que celle de l'album de 1984 (qui jurait, il est vrai, par des sonorités bien bourrines, batterie tuante, claviers bien présents, etc), est tout de même un peu datée, et les chansons ne sont pas très convaincantes (When You're Alone...). Ain't Got You, courte (2 minutes !), ouvrait plutôt convenablement le disque, avec son ambiance assez rock'n'roll à l'ancienne, mais la suite n'a vraiment pas réussi à me convaincre, Tougher Than The Rest, Spare Parts, Walk Like A Man, Two Faces, Brilliant Disguise...hormis, donc, la chanson-titre, ce Tunnel Of Love vraiment réussi ouvrant avec panache la seconde face. Ce n'est pas de la faute du Boss, qui semblait plutôt croire à ce qu'il faisait : il chante au moins aussi bien que sur les précédents opus, et les paroles sont, allez, très correctes. Mais quand la sauce ne veut pas prendre, elle ne prend pas...

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Bref, et désolé pour cette chronique plus courte que de coutume, je ne conseille Tunnel Of Love qu'aux grands fans de Bruce Springsteen, lesquels, s'ils sont vraiment de grands fans, doivent cependant déjà connaître cet album qui, je le rappelle, a vraiment bien marché à sa sortie. Sorti en une année, qui plus est, assez médiocre (1987... OK, c'est l'année du Appetite For Destruction des Guns'n'Roses et du Cloud Nine de George Harrison, deux grands albums s'il en fut en cette année, mais c'est, dans l'ensemble, une année à peine meilleure que la précédente, et ce n'est pas peu dire...), cet album ne révolutionne rien (il n'a pas été conçu pour ça, de toute façon : le Boss fait tout sauf se mettre en danger, ici, contrairement à Nebraska de 1982 ou même à son dernir opus en date, l'excellentissime High Hopes de cette année, qui a pu frustrer certains fans à cause de sa stature un peu étonnante, à moitié des reprises, à moitié des chansons issues de sessions d'anciens albums, à moitié des nouvelles versions d'anciennes chansons ou des chansons jouées live depuis des années, mais jamais en studio), et n'entre vraiment pas dans la légende springsteenienne pour moi. A oublier ? Oui, on peut le dire ! A la rigueur, les deux albums suivants (la paire de 1992) sont pires, mais au moins, on a des choses à dire à leur sujet, même en négatif ; là, c'est, tout simplement, insignifiant, ce qui est dramatique. J'avais même pas envie de l'aborder, à la base, mais bon, histoire de le faire, voilà, c'est fait...

FACE A

Ain't Got You

Tougher Than The Rest

All That Heaven Will Allow

Spare Parts

Cautious Man

Walk Like A Man

FACE B

Tunnel Of Love

Two Faces

Brilliant Disguise

One Step Up

When You're Alone

Valentine's Day