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Actualité des plus bouillantes pour le retour en activité du blog : tellement bouillante, cette actu, qu'elle en est en ébullition, l'album que j'ai décidé d'aborder étant sorti tout juste hier, 12 mai ! Une pochette bleu et rose, en spirale, hypnotique, et qui fout sacrément mal aux mirettes (et est, aussi, assez mystérieuse sans pour autant exploser d'originalité : entre le Tyranny And Mutation du Blue Öyster Cult et le Directions To See A Ghost des Black Angels, pour le citer qu'elles, il y en à d'autres, des pochettes à spirales multicolores de ce genre !), voici le huitième (onzième si on inclus les EPs The Six Parts Seven, The Moan et Chulahoma : The Songs Of Junior Kimbrough, et douzième si on inclus l'album Blackroc, fait en collaboration avec plusieurs artistes de rap/hip-hop album des Black Keys, ce duo de rock minimaliste et bluesy originaire d'Akron (Ohio). Il dure la bagatelle de 45 minutes, pour 11 titres, et porte le nom d'une de ses chansons : Turn Blue. Le titre de l'album peut être une allusion à sa pochette (ou l'inverse), mais c'est aussi une expression argotique signifiant 'mourir' (voir la chanson du même nom, mais totalement différente, d'Iggy Pop, sur Lust For Life). De même que d'autres albums des Clés Noires (Attack & Release de 2008, El Camino de 2011 et une partie de Brothers en 2010), Turn Blue est produit et co-écrit par Brian 'Danger Mouse' Burton, un producteur de génie spécialisé dans les sonorités soul, funk et hip-hop. Danger Mouse est très présent, une fois encore, sur ce nouvel opus, où il est officiellement crédité en tant que troisième membre du groupe (claviers). Sinon, les Black Keys sont Patrick Carney (batterie, percussions, quelques claviers) et Dan Auerbach (chant, guitares, basse, claviers).

BKs

Fan des Black Keys depuis Brothers, et l'étant encore plus depuis El Camino (assurément un des mes albums préférés au monde, et mon préféré du groupe ; il l'est encore, Turn Blue ne l'a pas détrôné pour le moment), vous vous imaginez bien qu'en apprenant la sortie, tant attendue et espérée, de leur nouvel album, je me suis rué comme un malade dans le magasin culturel le plus proche de chez moi pour l'acquérir. Sa pochette hypnotique m'appelait du parking, pour tout dire, je l'entendais (mais pas dans les hauts-parleurs du rayon CD/DVD du magasin, qui diffusait en boucle la dernière arnaque post-mortem de Michel Jaxon ; hé bien, vous savez quoi ? Je ne l'achèterai pas, même si la Terre devait exploser en cas de refus de l'acheter de ma part, alors préparez vos abris de survie). Directement en rentrant chez moi, je le déballe, et avant de le glisser dans le lecteur, je regarde le livret, qui est dépliant. Frustration, il ne s'agit que du visuel de la pochette, en grand (format plus grand qu'un vinyle) et, au dos, du bleu, que ça (logique vu le titre, mais dommage qu'ils n'aient pas mis les paroles, ce qui n'était pas le cas d'El Camino aussi, mais l'était pour Brothers). Bon, pas grave, je ne l'ai pas acheté pour son livret. Je met le CD dans le lecteur. L'absence de minutage des 11 morceaux sur la pochette ou le CD m'empêche dans un premier temps de savoir que le premier titre, Weight Of Love dure quasiment 7 minutes, c'est rare qu'un morceau des Black Keys soit aussi long, je me demande même si ce n'est pas leur record (on a bien un morceau de plus de 20 minutes sur leur premier opus The Big Come Up, mais il ne dure en fait que 2/3 minutes, le reste, c'est du silence). Heureusement vu la durée du morceau, Weight Of Love est une petite tuerie, un morceau dans la droite lignée des deux précédents opus, et il ouvre magnifiquement le bal. Le reste de l'album est de durée plus sobre (3/4 minutes par titre), et on notera de vraies merveilles : Fever qui était déjà connue (je ne l'avais cependant pas écoutée, n'ayant pas envie - et j'avais fait la même chose avec la chanson-titre du Reflektor d'Arcade Fire sortie en avant-première - de la connaître avant le reste du disque), Bullet In The Brain, Year In Review, le très boogie It's Up To You Now (une des deux chansons produites par le groupe au lieu de Danger Mouse), et deux immenses, immenses chansons : Gotta Get Away (l'autre chanson produite par le duo) qui achève l'album en beauté, c'est digne de These Days (Brothers) et Mind Eraser (El Camino), et surtout Turn Blue, qui m'a sciée.

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Oui, je continue de préférer l'album précédent, le magistral El Camino de 2011 dont je ne me lasserai sans doute jamais (depuis le temps et le nombre d'écoutes, si je devais m'en lasser, ça serait déjà le cas !), mais je pense que Turn Blue est un excellentissime opus des Black Keys, et qu'il se bonifiera encore plus avec le temps. 45 minutes pas totalement parfaites de prime abord (pas excessivement fan de Waiting On Words et 10 Lovers, mais rien de honteux dans ces deux titres situés vers la fin d'album, et se suivant l'un l'autre), mais le positif l'emporte aisément sur le négatif, la production de Danger Mouse est éclatante (la production du duo sur les deux titres non produits par Danger Mouse est également éclatante au passage), c'est plutôt varié, dans le style des précédents, Auerbach chante très bien, et on a quand même une belle accumulation de chansons dignes d'être retenues, comme la chanson-titre, Fever, Gotta Get Away, In Our Prime... Non, vraiment, Turn Blue est un remarquable album, au moins du niveau de Brothers (qui était plus généreux en terme de durée et de nombre de morceaux, et sans doute même trop généreux, au final, il faisait 55 minutes), ce qui, franchement, n'est pas rien. Bref, ami(e)s amateurs des Black Keys, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Weight Of Love

In Time

Turn Blue

Fever

Year In Review

Bullet In The Brain

It's Up To You Now

Waiting On Words

10 Lovers

In Our Prime

Gotta Get Away