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Barry White sur le blog ! Vous n'en avez pas rêvé, il l'a fait quand même ! Bon, je ne sais pas si je ferai beaucoup des albums du crooner soul/funk de 230 kg tout sec sur le blog, mais il y avait un album de lui que je comptais aborder depuis un petit moment, dont acte. Ce disque date de 1974 et est son troisième album. Autoproduit comme les deux précédents (datant de 1973 tous deux), il a atteint le haut du classement des albums de soul/rhythm'n'blues de l'époque (de même que ses deux précédents albums, d'ailleurs !) et il offre 7 titres, pour un total de 31 petites minutes. Parmi ces 7 titres, deux sont devenus assez rapidement des emblèmes absolus de la soul, des classiques, et, bien entendu, des tubes pour monsieur Barry Blanc (impossible pour moi de ne pas penser à Jamel l'appelant ainsi sur Canal +, devant un White hilare, quelques années avant la mort de White). Sous sa pochette bien dans le ton de l'époque (des représentations dessinées/peintes de Barry White, sur fond bleuté, avec diverses formes sphériques autour, ça fait très 70's tout ça), l'album s'appelle Can't Get Enough, et il a été classé, par Rolling Stone Magazine (en 2003), comme le 281ème (sur 500) meilleur album de tous les temps, tous genres confondus.  Faut dire ce qui est, avec cet album, Barry White a atteint une sorte de plateau. Ses deux premiers opus (I've Got So Much To Give et Stone Gon') étaient très bons, et par la suite, d'autres albums seront plus qu'écoutables (Just Another Way To Say I Love You et sa pochette montrant un White coulant de sueur, en train de chanter, et aussi Rhapsody In White, album du groupe The Love Unlimited Orchestra), mais il n'y aura, en fait, qu'un seul album qui sera, par la suite, aussi quintessentiel que Can't Get Enough (et si je dois aborder un autre album de Barry White sur le blog, ça sera celui-là), et ça sera Let The Music Play en 1976, album offrant la fameuse chanson du même nom (et qui offre, en tout, 6 titres pour une durée identique, sans compter les secondes, à Can't Get Enough).

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Can't Get Enough, lui, comme je l'ai dit, offre deux hits absolus. Le premier est en deuxième position sur le disque, situé juste après les quasi deux minutes de Mellow Mood (Part 1), ouverture de l'album (la deuxième partie, située très logiquement en final de l'album, dure 1,20 minute). Après cette ouverture, le premier hit arrive, You're The First, The Last, My Everything. On ne va pas revenir pendant trois jours et six semaines sur cette chanson : prenez une compilation soul des années 70, et vous êtes à peu près sûr, si cette compilation est de qualité (et si elle a au moins deux disques !), de l'avoir dessus. Orchestrations sucrées, luxuriantes, à base de cordes dégoulinantes, et voix chaude et grave de Barry White (le genre de voix capable de rendre une femme enceinte par la magie du son, on a dit à son sujet, il me semble) balançant des paroles sans aucun doute d'une crétinerie absolue sur le thème éculé (mais qu'il a bien utilisé) du je t'aime, tu m'aimes, on s'aime, n'est-ce pas merveilleux ?, viens, baby, allons baiser un coup au coin du feu pour fêter ça, et après, je te ferai l'amour. 4,30 minutes de bonheur, suivies par les 10 minutes (et après ça, changement de face !) du très très bon (mais sans doute un peu long, tout compte fait) I Can't Believe You Love Me (quatre des sept titres ont le mot 'love' dans leurs titres !). Excellent, malgré sa longueur caricaturale (beaucoup d'autres albums de White ont 6 ou 5 titres seulement ! Des albums jamais très longs, aussi). La face B s'ouvre sur l'autre gros hit de l'album, Can't Get Enough Of Your Love, Babe, que l'on ne présente plus, là aussi (même remarque que pour You're The First, The Last, My Everything : ce morceau est tellement anthologique qu'il doit exister au moins une dizaine de compilations soul sur lesquelles on la trouve), 4,30 minutes de bonheur auditif bien sucré en orchestrations lyriques, et Barry qui nous chante de sa voix à tringler par le son qu'il ne peut pas avoir assez de son amour pour sa chérie. Puis Oh Love, Well We Finally Made It (quasiment 4 minutes assez sympa, mais c'est sans doute le morceau le moins bon ici, sans compter les deux parties, servant surtout à ouvrir et fermer le disque, de Mellow Mood), et avant le final de Mellow Mood (Part 2), on a les 5 minutes de I Love You More Than Anything (In This World Girl), chanson vraiment une très bonne chanson bien dans le style des autres, sexuelle, sensuelle, chaude...

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Can't Get Enough est donc un disque très réussi de soul sexuelle, pas un sommet absolu du genre comme l'est Let's Get It On de Marvin Gaye (sorti l'année précédente, on sent une grosse influence de Gaye sur l'oeuvre de White), mais franchement, je pense qu'on n'en est pas si loin que ça. Avec ses deux gros hits et, pour le reste, ses très efficaces chansons (bien que longue, I Can't Believe You Love Me assure vraiment) et sa production emblématique de l'époque et du genre en font un des meilleurs albums de soul des années 70, un disque sans surprises, certes (on sait à quoi s'attendre quand on le glisse dans le lecteur ou qu'on pose le vinyle sur la platine : on va avoir droit à une demi-heure - le disque n'est vraiment pas long, n'empêche... comme Let's Get It On ! - de soul sensuelle, le disque parfait pour la baise, quoi (cette remarque de disque parfait pour la baise sera faite à Let's Get It On, qui est, en effet, un des albums les plus utilisés pour les parties de "bête à deux dos"). A moins d'être totalement réfractaire à ce genre de musique vaguement pré-disco, Can't Get Enough est à écouter. S'il ne vous faut qu'un disque de Barry White, choisissez celui-là. En plus, il n'est généralement pas vendu très cher (faut dire que son édition CD est des plus simplistes, pas de bonus-tracks, pas de livret digne de ce nom) !

FACE A

Mellow Mood (Part 1)

You're The First, The Last, My Everything

I Can't Believe You Love Me

FACE B

Can't Get Enough Of Your Love, Babe

Oh Love, Well We Finally Made It

I Love You More Than Anything (In This World Girl)

Mellow Mood (Part 2)