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Après Nino Ferrer (et avant lui, tant d'autres...), place à Georges Brassens pour ce nouvel article résumant l'intégralité de sa discographie (studio, mais il n'a jamais sorti de lives) ! Compilations exclues, uniquement les albums originaux !

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Georges Brassens Chante Les Chansons Poétiques (...Et Souvent Gaillardes) de Georges Brassens (1952) : Ce premier album de Georges Brassens est, comme les huit suivants, sorti en 33-tours format 25 cm (les anciens 33-tours), ce qui signifie, forcément, qu'il est, tout comme les huit suivants, de très courte durée : tous font entre 20 et 26 minutes, la durée moyenne d'un 25 cm. En l'occurrence, ce premier opus de Brassens, sans vrai titre (ce qui est indiqué sur cet article est ce qui est sur le recto et verso de pochette, mais en réalité, l'album est plus souvent appelé en fonction de sa première chanson, c'est à dire La Mauvaise Réputation, et les autres albums de Brassens aussi sont appelés, globalement, selon leur première chanson), dure la bagatelle de 20 minutes. Pour 8 titres, ce qui est, là aussi, un nombre de morceaux banal pour un 33-tours d'ancien format. 8 titres, et pas moins de 5 classiques du Grand Georges ici, ce qui fait de ce premier album une de ses plus éclatantes réussites : La Mauvaise Réputation, Le Parapluie, Le Petit Cheval (les trois premiers titres !), Le Gorille et, en final, le dévastateur et scandaleux Hécatombe, unique chanson de Brassens avec le mot 'anarchie' dedans. Un pur régal, d'autant plus que les trois autres titres (Corne D'Auroch...) sont superbes aussi.

 

 

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Georges Brassens N°2 (Le Vent) (1953) : Cinq gros classiques ici sur ce disque d'environ 23 minutes : Il N'Y A Pas D'Amour HeureuxBrave Margot, J'Ai Rendez-Vous Avec Vous, Les Amoureux Des Bancs Publics et La Cane De Jeanne. 11 titres en tout, ce qui en fait l'album de Brassens avecle plus grand nombre de titres jusqu'à son tout dernier (de 1976), qui en contiendra 14 (trois autres albums auront aussi 11 titres, mais pas avant la seconde moitié des années 60). Ce deuxième album, sans vrai titre (Le Vent est la première chanson, très bonne), est quasiment aussi bon que le premier, on a quelques morceaux peu connus (Comme Hier, Il Suffit De Passer Le Pont), mais aucun rejet à faire, ce deuxième album est vraiment bon, et il plaira à ceux qui ont apprécié le premier volet, et qui aiment, en général, la bonne chanson française. Même si le style Brassens (guitare sèche, contrebasse, rien d'autre) peut lasser à la longue, c'est monotone, peu varié. Mais bon, c'est son style, aussi !

 

 

 

 

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Georges Brassens N°3 (Les Sabots D'Hélène) (1954) : 10 titres (pour environ 25 minutes, si ce n'est pas 26) et parmi eux, un grand nombre de classiques de Brassens au programme, cet homme a beaucoup livré de classiques dans le début de sa carrière, d'ailleurs : Les Sabots D'Hélène, Chanson Pour L'Auvergnat, P... De Toi, Une Jolie Fleur, Le Mauvais Sujet Repenti, Je Suis Un Voyou. Quand même, vous en connaissez beaucoup, vous, des albums dont plus de la moitié des titres est aussi emblématique ? Oh, bien sûr, il y en à, mais généralement, les albums offrent 2/3 grandes chansons de ce niveau sur 10, pas la moitié (et le reste, comme La Mauvaise Herbe, La Prière ou Gastibelza, est vraiment bon). Ce troisième album de Georges Brassens est meilleur que le précédent, du niveau du premier pour tout dire, autrement dit, un niveau exceptionnel. Essentiel.

 

 

 

 

 

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Georges Brassens N°4 (Je Me Suis Fait Tout Petit) (1956) : Quatre classiques absolus du Grand Brassens ici, Marinette, Auprès De Mon Arbre, Les Croquants et, évidemment, le morceau donnant son nom officieux à l'album (lequel album dure dans les 25 minutes), Je Me Suis Fait Tout Petit. Ce quatrième album de Brassens, sous sa pochette verte, est une belle réussite, les autres morceaux, comme l'amusant Le Nombril Des Femmes D'Agents ou le médiéval La Légende De La Nonne (et Colombine, aussi, sublime) sont très réussis, aucun rejet à faire, encore une fois. Ca ne sera pas forcément toujours le cas par la suite, alors profitez-en encore tant que c'est le cas, les ami(e)s ! En résumé, encore une fois une belle réussite dans le genre.

 

 

 

 

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Georges Brassens N°5 (Oncle Archibald) (1957) : Trois des 9 titres (26 minutes approximativement) de ce cinquième album sont issus de la bande-son du fim Porte Des Lilas : Le Vin, L'Amandier et Au Bois De Mon Coeur, seul le second de ces trois titres (et le premier à apparaître sur l'album) est réussi, les deux autres étant, en effet, anecdotiques, moyens, pas mauvais (je ne sais pas si on peut qualifier une chanson de Brassens de mauvaise), mais passables. Le reste de l'album est en-dehors de cette bande-son, et les morceaux sont dans l'ensemble d'un bon niveau (Oncle Archibald, Les Philistins), mais aucun gros classique, Oncle Archibald excepté peut-être, ici, contrairement aux quatre précédents albums. Bref, ce cinquième cru de Brassens est une petite déception, c'est pas mal, ça s'écoute sans souci, mais c'est quand même difficile de le comparer avec les précédents sans éprouver un peu de frustration. Sur la pochette, Brassens semble lui-même un peu décontenancé, j'ai l'impression...

 

 

 

 

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Georges Brassens N°6 (Le Pornographe) (1958) : La première chanson, qui donne son titre, Le Pornographe (c'est bien illustré par la pochette, les paroles disant J'suis l'pornographe du phonographe), est de loin la plus réussie ici. N'allez pas croire que le reste est mauvais (encore une fois, ce terme ne s'applique pas vraiment à Brassens ; au pire, c'est moyen, quoi), mais tout comme le précédent album, ce sixième cru est assez plat, sans grande originalité et saveur. Bonhomme est moyen, La Ronde Des Jurons est amusant, cocasse, mais ne va pas loin, La Femme D'Hector est gaillard, mais son refrain à rallonge est saoûlant à la longue, Comme Une Soeur ne me plaît pas... A la rigueur, Le Cocu est réussi, mais c'est quand même difficileme,t comparable avec les meilleures chansons des quatre premiers opus. Ce dernier album des années 50 est donc, aussi, une belle déception, sans doute même le moins bon des 9 albums 25 cm de Brassens (qui, par la suite, seront compilés en divers 33-tours format 30 cm, le format définitif)...

 

 

 

 

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Georges Brassens N°7 (Les Funérailles D'Antan) (1960) : Le niveau remonte - un peu. Avec Les Funérailles D'Antan et L'Orage, Brassens retrouve un excellent niveau, même, mais hélas, dans l'ensemble, ce septième album, sous sa très niaise pochette (Brassens pris en photo pendant qu'il chante, ou posant pour faire comme si), est du même niveau que les deux précédents : Brassens semble avoir un peu de mal à se renouveler, à écrire des textes frappants, et pour une chanson aussi remarquable que L'Orage, on a ici Embrasse-Les Tous, Le Père Noël Et La Petite Fille ou Le Verger Du Roi Saint-Louis (un poème de Théodore de Banville que Brassens a juste mis en musique) qui ne sont pas parmi ce que le Grand Georges a fait de mieux, on peut le dire... Troisième album frustrant de suite, ça commence à inquiéter.

 

 

 

 

 

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Georges Brassens N°8 (Le Temps Ne Fait Rien A L'Affaire) (1961) : Ah, ouf, le retour du Grand Georges ! Pour cela, un disque plus court que de coutume, 20 minutes, autant que le premier opus, mais la qualité  est là, bien là, et ça rattrape la courte durée. Ce huitième opus possède quelques chansons majeures de Brassens : Le Temps Ne Fait Rien A L'Affaire (popularisée notamment par son utilisation comme générique dans Le Dîner De Cons), Dans L'Eau De La Claire Fontaine, La Ballade Des Cimetières, Tonton Nestor, quatre remarquables chansons. Le reste est moins grandiose, mais tout de même d'un meilleur niveau que sur les albums de 1957, 58 et 60, je pense notamment à La Traîtresse ou La Fille A Cent Sous. Ce n'est pas encore un disque aussi quintessentiel que les quatre premiers, mais c'est tout de même un très très bon cru, à conseiller aux amateurs !

 

 

 

 

 

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Georges Brassens N°9 (Les Trompettes De La Renommée) (1962) : Neuvième album, et le dernier à paraître en 25cm (par la suite, et avant la sortie de l'album de 1966, les premiers opus seront réédités, compilés, en sept 33-tours au format 30 cm, ce qui explique que le onzième album, celui de 1966, soit numéroté 9 sur la pochette), cet album est une réussite totale, le meilleur de Brassens depuis, allez, le troisième album, si ce n'est même depuis le premier. Les Trompettes De La Renommée est une chanson grandiose (et longue : avec 5,10 minutes, c'est la plus longue de Brassens pour l'époque, qui fera plus long de 2 minutes en 1966 avec la fameuse Supplique... ), aux paroles cinglantes, parfois osées (il y parle de salopes, de ses parties génitales...), sur la célébrité. D'autres chansons sont immenses : Jeanne, La Guerre De 14-18, La Marguerite, Les Amours D'Antan... En résumé, ces 25 minutes sont tout simplement géniales !

 

 

 

 

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Georges Brassens N°10 (Les Copains D'Abord) (1964) : Avec 40 minutes, ce disque est donc le premier 30 cm (format 33-tours classique, quoi) de Georges Brassens. 11 chansons, parmi elles Vénus Callipyge, Les Deux Oncles, Les 4 Z'Arts, Le Mouton De Panurge et, évidemment, Les Copains D'Abord, issu de la bande-son du film du même nom, et ouvrant le disque. Peut-être pas le meilleur album de Brassens (non pas parce qu'il est trop long, ceci dit), mais en rien un album moyen, ce 10ème album (déjà ! et 12 ans de carrière !) est un petit régal en soi. 11 très bonnes (ou grandioses, c'est selon les titres) chansons, sublimement bien interprétées.

 

 

 

 

 

 

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Supplique Pour Être Enterré A La Plage De Sète (1966) : Comme je l'ai dit plus haut, bien qu'estampillé N°9, ce disque est le onzième opus de Brassens. Sorti en 1966 sous une pochette d'une sobriété exemplaire, il est long (50 minutes !) et a été enregistré au TNP (Théâtre National de Paris), pas en live ceci dit, et est, selon les notes de pochette, un 'document' plus qu'un album. Que de grandes chansons ici, comme le long (7,10 minutes) morceau-titre dont les paroles se retrouveront sur la tombe sétoise de Brassens. Ou comme Les Quatre Bacheliers (Brassens y fait allusion à un épisode sombre de son adolescence, il sera arrêté par la police pour avoir participé à de petits cambriolages ; son père ne lui fera pas de reproches, tout en ayant été sans doute déçu, et Brassens a fait cette chanson en son hommage ; par respect pour lui, il attendra la mort de son père pour la chanter), La Non-Demande En Mariage, L'Epave, Le Grand Chêne, Le Moyenâgeux, Le Fantôme, La Fessée... Tout est immense sur ce qui est, pour moi, le sommet de Brassens, voilà, c'est dit.

 

 

 

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Misogynie A Part (1969) : 12ème album (mais avec le N°10 dessus, pour les mêmes raisons que plus haut), avec sa pochette similaire (les couleurs exceptées) à celle du précédent opus, Misogynie A Part est encore une fois un très bon disque, plus court (un tout petit peu moins de 40 minutes, 9 titres) que le précédent, et, quand même, osons le dire, moins remarquable dans l'absolu. Mais ne boudons pas notre plaisir, car rien que pour Misogynie A Part, La Religieuse, Sale Petit Bonhomme et L'Ancêtre, ce disque est à écouter. Brassens a fait mieux, il a surtout fait "pire" (si on peut dire ça de lui), il a fait plusieurs albums moins convaincants que celui-ci de 1969. Pour amateurs de bonne chanson française !

 

 

 

 

 

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Fernande (1972) : Le dernier chef d'oeuvre de Georges Brassens, album assez long (46 ou 47 minutes) offrant 11 titres, et parmi eux, Quatre-Vingt-Quinze Pour Cent, Les Passantes, A L'Ombre Des Maris, Mourir Pour Des Idées, l'immortel et gaillard Fernande, Sauf Le Respect Que Je Vous Dois et La Ballade Des Gens Qui Sont Nés Quelque Part. Soit plutôt pas mal pour un seul album, non ? Ce disque est du niveau de celui de 1966, de celui de 1962, de celui de 1952, de celui de 1954, bref, un niveau tellement exceptionnel qu'on ne peut que tomber admiratif devant un tel génie de la rime. Sans vrai titre, on l'appelle Fernande rapport au fait que c'est sa première chanson, comme de juste. Un album essentiel (de plus) !

 

 

 

 

 

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Nouvelles Chansons (Trompe-La-Mort) (1976) : En revanche, ce disque possède un titre, Nouvelles Chansons, mais il est souvent surnommé Trompe-La-Mort, du titre de sa première chanson, laquelle est une des meilleures des 14 titres (pour environ 52 minutes, l'album studio officiel le plus long de Brassens, mais pas de beaucoup). Un dernier album, sorti en 1976, Brassens mourra 5 ans plus tard. Contrairement à Brel qui, à peu près à la même époque (un an plus tard), livrera un ultime album anthologique, Brassens, lui, est en petite forme. De bonnes chansons (le salace Mélanie, Trompe-La-Mort, La Messe Au Pendu, Tempête Dans Un Bénitier, Don Juan), mais le reste de l'album est globalement décevant, frustrant, moyen. Oui, ce Nouvelles Chansons est sans doute le moins bon album de Brassens, en concurrence avec le sixième album, de 1958, tout de même. Dommage de finir sa carrière là-dessus...