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En cette veille de Noël, voici un petit cadeau de ma part: la chronique d'un album rare et injustement oublié. C'est un album datant de 1974 et qui porte le même nom que le groupe qui en est à l'origine (autrement dit c'est un éponyme): Badfinger. L'album est sorti sous une superbe pochette représentant une femme habillée façon "années 20" et fumant à l'aide d'un porte cigarette. À l'époque de son enregistrement, Badfinger a déjà entamé sa lente et irréverssible chute : Après quatre albums sortis sous le label Apple, dont le magnifique No Dice, le groupe va signé chez Warner Bros. Cet album éponyme est le premier qu'ils sortent sur ce label et inaugure donc une forme de tournant dans l'histoire du groupe. Le choix de sortir un album éponyme n'est d'ailleurs sans doute pas anodin, on peut supposer que le groupe en choisissant cette option, souhaite montrer qu'il veulent prendre un nouveau départ après être parti du célèbre label des Beatles. Hélas, le destin sera cruel avec Badfinger à partir de ce moment là. Au moins aussi cruel qu'avec Big Star, pour citer un autre groupe des années 70. À l'époque, le groupe ne le savait sans doute pas encore mais ils venaient de sortir leur avant dernier album sous le line up originel du groupe (pour savoir pourquoi, merci d'aller au paragraphe suivant).

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Badfinger est sorti en février 1974 et a été enregistré me semble-t-il entre juin et novembre de l'année précédente. L'album est, comme je l'ai dit plus haut, le premier du groupe sur leur nouveau label, et c'est surtout le premier bide du groupe (enfin je ne crois pas que Ass, le précédent aie été un franc succès lui non plus). Pourtant la recette du groupe n'a pas changé: alternace du chant et des compositions entre Tom Evans et Pete Ham, et un son power-pop du plus bel effet. Si Ass avait pu deconcerté car tirant parfois vers le hard rock, cet album éponyme n'a rien à envier aux premiers albums du groupe. En seulement quarante petites minutes le groupe nous offre un album frais et agréable, une véritable pépite méconnu comptant son lot de grandes chansons: I Miss You, Love Is Easy, Song For A Lost Friend, Lonely You (ma préférée ici),... L'album avait tout pur réussir, malgré une ou deux chansons mineures (Give It Up) mais malheureusement il sera le plus gros bide du groupe qui ne s'en remettra jamais. quelques mois plus tard, ils sortiront un album du nom de Wish You Were, qui, chose amusante, porte le même nom qu'un album de Pink Floyd sorti la même année (et qui lui n'est pas tombé dans l'oubli), et sera lui aussi un échec commercial. Pete Ham, en proie à la déprssion, se suicidera par pendaison le 24 avril 1975, à l'âge fatidique de 27 ans.

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C'est vraiment dommage que ce groupe en général, et cet album en particulier, n'ait pas rencontré le succès qu'ils méritaient. Heureusement depuis peu le groupe commence à refaire surface chez les connaisseurs, un peu comme big star (pour le grand public par contre ne rêvez pas trop...), et leurs albums de Magic Christian Music à Ass inclu ont même étés remasterisé il y a peu. Ils sont donc désormais assez facile à dénicher en magasin, il vous suffit juste de chercher un peu. En revanche pour ce qui est de Badfinger et de Wish You Were Here, là vous pouvez toujours courir avant de les trouver en magasin! Enfin j'éxagère un peu... Disons que c'est pas à la fnac que vous risquez de les trouver. Moi personellement, si je n'ai pas en ma possession Wish You Were Here, j'ai en revanche eu la chance de trouver Badfinger d'occasion et en très bon état à Gibert Joseph, dans le quartier de St Michel à Paris (d'ailleurs si vous ne connaissez pas allez y faire un tour on trouve souvent des perles là bas!). Mais je suppose qu'il doit être facile à trouver sur le net. En conclusion, cet album, s'il n'est pas le sommet du groupe, ni leur second meilleur album, est tout de même une réussite de plus pour le groupe qui, de ce que je connais d'eux, n'a rien raté! Un grand groupe et un grand disque, injustement oublié. Réparez cette erreur au plus vite !

Chronique complémentaire de ClashDoherty :

Sachez, ami(e)s lecteurs/trices du blog, que Badfinger seraà nouveau à l'honneur dans les prochains jours via une chronique de leur deuxième album No Dice, et qu'il y à de fortes chances pour que d'autres opus (Straight Up, notamment) soient abordés ici par la suite. Mais pour ma première chronique concernant ce groupe anglais des années 70, j'avais envie de commencer par un album d'eux que je ne connaissais que de nom jusqu'à ce que, récemment, Buckley92, auteur de la chronique principale ci-dessus, ne me le fasse découvrir en me l'envoyant par mails, en MP3. J'ai tellement aimé que je me suis rué sur un célèbre site de VPC (vente par correspondance, ô ignares que vous êtes si vous ne saviez pas ce que signifiait cette abréviation avant de lire cet intérieur de parenthèses, parenthèse qui, d'ailleurs, se ferme maintenant, la preuve ==>) pour me le procurer. Premier constat : la vache, le prix ! J'avais pas envie de dépenser 25 euro (au mieux, 20) sur Amazon.fr, donc je me suis dit : pas ce site. La FNAC ? Vous rigolez ? EBay, j'ai jamais aimé, donc non. Reste Price Minister. OK, pour même pas 9 euro, je peux l'avoir. Je commande. Je vais le recevoir dans quelques jours, et en attendant, j'use les fichiers MP3, si tant est qu'un fichier MP3 peut s'user (gag idiot - ne riez pas, ça me ferait de la peine). Pourquoi acheter en CD un album qu'on vient de recevoir en MP3 ? Parce que : la pochette est cool ; l'album est cool ; et j'ai envie de l'avoir en vrai, les mecs.

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Avec le couple Harrison

Parlons un peu de Badfinger, maintenant. Du groupe, plus connu pour avoir été accompagnateur de John Lennon (sur l'album Imagine), de George Harrison (sur les albums All Things Must Pass et The Concert For Bangla Desh), d'avoir été découvert par les Beatles qui les ont signés sur Apple Records, que pour leurs chansons. Après un premier opus très réussi (Magic Christian Music) en 1970, avec la chanson Come And Get It écrite par Paul McCartney, le groupe se reforme quelque peu, et livre, en 1970 aussi, No Dice, une tuerie rock avec au moins deux chefs d'oeuvre dessus, No Matter What et Without You (qu'Harry Nillson, puis cette conna**e de Mariah Carey, reprendront avec plus de succès que la version originale), et le tout, sous une très belle pochette. Puis Straight Up, en 1971, très bon (et même leur plus gros succès commercial, je crois). En 1973, Ass, un disque au titre rigolo ('cul') et à la pochette amusante mais moche (une grosse carotte dans le ciel, devant un âne, couleurs criardes). A l'époque, le groupe est encore et toujours chez Apple Records (1973, c'est d'ailleurs la limite d'Apple Records, qui cessera bientôt son activité), et ça se passe assez mal, ils se sentent comme des ânes à qui on brandit des carottes pour les faire avancer, d'où la pochette... Le groupe quitte son label, et signe pour Warner. En 1974, ils sortent leur cinquième album (enregistré en 1973), lequel, à la base, devait s'appeler For Love Or Money. Ledit titre sera rejeté par le label au moment de l'enregistrement, et le groupe, n'ayant plus d'idées, choisira...de ne pas choisir, et l'album sera sans titre. Badfinger, donc. La pochette est, comme l'a dit Buckley92, superbe, une femme vêtue à la super-plus-énième mode années folles, fume-cigarette, monocle, chapeau, redingote, canne et autres accessoires, le tout, sur fond blanc classe, et de profil. Même le nom du groupe est en lettrage de police type Broadway, emblématique de l'époque représentée.

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Amusante affiche promotionnelle d'époque pour l'album

En une quarantaine (quasiment pile-poil) de minutes et une douzaine de chansons, Badfinger sera un échec commercial et critique, la lente descente amorçée par le groupe avec Ass (un son plus heavy et tendu, moins pop et facile ; Ass aussi ne sera pas un carton) se prolonge. Ce cinquième album, sans titre officiel, offre quand même des chansons remarquables : Love Is Easy, I Miss You, Island, My Heart Goes Out, Where Do We Go From Here ? (rien à voir avec la chanson de Chicago du même titre ; les Badfinger sont les champions des chansons du même nom qu'une autre, mais sans rapport, No Dice contient un Love Me Do qui n'est pas une reprise des Beatles, et l'album qui suivra Badfinger, en 1975, s'appelle Wish You Were Here, et en cette même année, le Floyd sortira aussi un disque de ce nom !) ou bien encore Lonely You, la préférée de Buck' sur le disque (voir plus haut), et pas loin d'être la mienne aussi (mais j'avoue un gros penchant pour Love Is Easy, sortie en single, et Island). Il est vrai aussi, comme le dit Buck', que Give It Up est moyenne, mais ça passe quand même bien. Au final, cet album sans titre officiel est peu connu, difficile à trouver (tout comme le suivant, il n'a pas été réédité, la faute au changement de label ; les quatre premiers opus, eux, ont eu droit à de belles rééditions Apple Records/EMI/Capitol, avec bonus-tracks et livrets riches en anecdotes - des rééditions récentes et pas données -, mais pour le reste, c'est les anciennes éditions CD des années 80, dures à trouver, et souvent à prix d'or si on ne farfouille pas assez), et possède une réputation assez mitigée, son absence de hits et de succès l'ayant quelque peu marginalisé. Mais Badfinger est vraiment un très très bon album, le genre d'album qu'on est content d'avoir et d'apprécier, car on se dit que peu de personnes, au fond, le connaissent vraiment. Un album culte, peut-être pas, mais un excellent album méconnu et sous-estimé, ça oui !

FACE A

I Miss You

Shine On

Love Is Easy

Song For A Lost Friend

Why Don't We Talk?

Island

FACE B

Matted Spam

Where Do We Go from Here?

MyHeart Goes Out

Lonely You

Give It Up

Andy Norris