M1

 

Lemmy. Non mais Lemmy, quoi. Attendez, vous savez de qui on parle, hein, juste du Mec, du Gars, du Titan absolu du heavy metal international. Un look de Hun qui a perdu son Attila mais en veut beaucoup quand même à ses adversaires, une voix de gravier violé par du béton armé, un jeu de basse frétillant (il en joue comme d'une guitare rythmique, pas comme d'une basse, généralement, en résulte un son terrible), une attitude parfaite... Ce mec est un Dieu, une légende vivante (avec tout ce qu'il s'est enfilé dans le pif et le sang, alcool, came, clopes, il est toujours vivant, à 60 balais, même s'il paraît qu'il est en petite forme, actuellement, un peu fatigué). Il a fait partie d'Hawkwind, groupe de spatiards (en tant que bassiste, chanteur occasionnel), il fut, avant cela, roadie pour, notamment, Hendrix. Il fut viré d'Hawkwind en 1976, a fondé son propre groupe, Bastards, rapidement renommé du nom d'une chanson d'Hawkwind : Motörhead. Avec des trémas, pour faire barbare. Premier album (éponyme) très correct, deuxième album (Overkill) définitif, puis Bomber qui est vraiment bon, et Ace Of Spades qui dévaste, puis un live anthologique, puis, au pif, des albums tels que 1916, Orgasmatron, Iron Fist... Certes, Motörhead a fait aussi des albums moins réussis, et il y à la fameuse critique que les anti-Motörhead font sans cesse : rien ne ressemble plus à un album de Motörhead qu'un autre album de Motörhead. On les empifpaffe avec le bras droit de leur frère aîné, ces gens (ah ah ah). Depuis quelques années, le trio infernal (Motörhead a quasiment tout le temps été un trio guitare/basse-chant/batterie, minimaliste, mais à trois, ils font du boucan comme douze) avait déçu son monde, des albums un peu moyens, comme Motörizer... Heureusement, ils reviennent avec un nouvel album, un disque à la fois généreux et court (47 minutes, ça pourrait être plus long, oui mais il y à 14 chansons), sorti sous une pochette bien dans la norme, et portant un titre adéquat : Aftershock.

M2

Torpillé disque du mois de Rock'n'Folk (n° de novembre 2013, sorti en octobre, bref, le numéro le plus récent au jour d'écriture et de parution de cet article) alors qu'octobre est aussi le mois de sortie des derniers Arcade Fire (lundi prochain) et Paul McCartney (la semaine dernière), Aftershock est sorti le 21 octobre, le jour de mon anniversaire, on ne saurait trouver meilleur cadeau (faites moi penser à remercier Lemmy). Ne vous attendez pas à de la révélation, à du changement de style. Non, avec ce disque, Motörhead ne va pas faire de la folk ou de la country. Tout au plus Lost Woman Blues (remarquable chanson, par ailleurs) est un bon gros beulouze comme on les aime. Le reste va vous faire sauter au plafond, production dévastatrice (un char d'assaut musical !), chansons tuantes, Heartbreaker, Coup De Grace, Paralysed, Death Machine, Going To Mexico... Mikkey Dee (batterie) et Phil Campbell (guitare) assurent totalement avec la basse de Notre Père Lemmy. Après, les détracteurs iront rajouter un couplet à leur fameuse chanson Rien Ne Ressemble Plus A Une Chanson De Motörhead Qu'Une Autre Chanson De Motörhead (fonctionne aussi avec AC/DC comme victime), mais fuck 'em all. Oui, Motörhead fait du Motörhead, et s'il est vrai que de ci de là, on pense reconnaître des riffs connus (celui de (We Are) The Road Crew, chanson de 1980, par exemple, semble avoir été réutilisé, revampé, ici sur le disque), il n'empêche qu'on prend un plaisir de fou à écouter ce disque. Difficile de dire quelle est la meilleure chanson : Queen Of The Damned, Lost Woman Blues, Heartbreaker, Knife ? Toutes ? Une autre ? Celle-là ? Non, celle-là, plutôt, me dites-vous ? C'est vous qui voyez.

M3

Ce qui est aussi sûr que le beurre ça fond si on le met sur un barbecue allumé, en revanche, c'est qu'Aftershock est un grand disque de heavy metal burné, le genre de truc qui renvoie pas mal de concurrents sous le tapis. Est-ce le meilleur album du groupe, je ne sais pas, car Overkill et Ace Of Spades (1979, 1980, tout de même !) sont quand même bien grandioses, et restent parfaits après de nombreuses écoutes (et le live de 1981 No Sleep 'Til Hammersmith reste un grand moment de carnage jouissif comme on les aime - si on aime ce genre musical), mais c'est un grand cru motörheadien, ça, c'est évident. Je ne vois aucune mauvaise chanson ici sur les 14, aucun rejet à faire, aucun point négatif, les mecs ont même été mettre les paroles dans l'épais livret (épais car 14 chansons et c'est pas écrit en minuscule dedans !), ce qui est bien, même si on ne se penchera jamais sur Motörhead pour la qualité des textes. Au final, Aftershock ('contrecoup') est une monstruosité absolue, un disque tueur, qu'un fan de heavy metal (et de Motörhead, notamment) se doit d'avoir chez lui. Sincèrement, ça vaut totalement le coup, et même mieux : c'est démentiel, surpuissant. Lemmy n'a rien perdu de sa voix, une voix à faire trembler la tour Montparnasse sur ses fondations... Et pour les ceusses qui crieraient au scandale nazi en voyant les photos de Lemmy, qui pose avec une croix de fer allemande au coup, sachez que c'est le modèle qui fut utilisé par l'armée allemande jusqu'au milieu des années 1910, soit bien avant les nazis... C'était pour le détail sans importance et rapport avec la (grande) qualité musicale de ce nouvel album de Motörhead. Stone dead forever !!!

Heartbreaker

Coup De Grace

Lost Woman Blues

End Of Time

Do You Believe

Death Machine

Dust And Glass

Going To Mexico

Silence When You Speak To Me

Crying Shame

Queen Of The Damned

Knife

Keep Your Powder Dry

Paralysed