GR1

Après une carrière cartonneuse avec son groupe Louise Attaque (trois albums studio franchement réussis, des tubes, et on n'attend qu'une chose d'eux : qu'ils se reforment, chose apparemment pas d'actualité) et un début de carrière solo remarqué via le carton plein de son premier album Ginger (là aussi, des tubes, et une Victoire de la Musique à la clé) en 2010, on attendait une chose de Gaëtan Roussel : qu'il remette ça. Et vite. Lui qui avait auparavant brillé en parolier, chez Bashung (pas mal des titres de Bleu Pétrole sont de lui), avait surpris, après Louise Attaque, avec son petit projet Tarmac, et a repris, récemment, sur scène, tout Play Blessures de Bashung, se devait de briller, encore une fois, en solo, de sortir un nouvel album au moins aussi bien que Ginger. Et, si possible, surpasser Ginger, ce qui n'est pas si simple. Mais comme le dit le titre de la première chanson de ce nouvel album (La Simplicité), ça semble si simple, en fait, quand on s'appelle Gaëtan Roussel, ce genre de prouesses ! La preuve avec ce nouvel album, donc, un disque bien sobre (37 minutes, 11 titres, les plus longs font tout juste 4 minutes), à la pochette assez arty (et au livret assez space, plein de couleurs et de formes rappelant souvent les mires de TV), du nom d'Orpailleur, qui vient tout juste de sortir (le 30 septembre dernier). Un album qui se paie le luxe, en plus d'être plus réussi que Ginger, d'être assez différent de lui. Ginger, c'était un disque de pop/rock, avec des morceaux assez dansants (DYWD, Tokyo), des pépites douces-amères (Dis-Moi Encore Que Tu M'Aimes, Mon Nom, Les Belles Choses), de la pure pop/rock (Help Myself (Nous Ne Faisons Que Passer), ce hit).

GR2

Orpailleur, tout en conservant certaines teintes de Ginger, va plus loin. Roussel va chercher son or (allusion au titre de l'album) très profondément, ici, il se risque, à la Bashung dans un sens, dans des sonorités nettement moins accessibles. Et le résultat ? Ca marche ! Et ce, direct dès le premier titre, La Simplicité donc, petite chanson (de 4 minutes quand même) très joyeuse, agrémentée de choeurs féminins, une petite pépite d'or pop/rock qui n'aurait pas dépareillé sur le précédent opus. Eolienne, qui est le premier single utilisé par Gaëtan, suit, et on sent quand même un changement de style. Ce que, par la suite, Matrice, Orpailleur ou Poésie viennent confirmer. Hum Hum Hum est assez touchante, La Barbarie se paie le luxe de parler de barbarie sans prononcer une seule fois ce mot (et est une complainte d'une sobriété et d'une élégance - et d'une pudeur - rares), Cha Cha Cha est un morceau dansant, le plus virevoltant et débridé de l'album (et pas le moins réussi), We Will Be Strong démarre de la même manière que le précédent titre Face Aux Etoiles pour ensuite passer à toute autre chose, Par-Dessus Tes Epaules prouve que Roussel n'a rien perdu de son talent d'écriture (en même temps, c'est le cas de tout le disque)... Orpailleur passe très bien l'écoute, on peut juste dire qu'il est moins évident que Ginger, il faut plusieurs écoutes pour bien l'apprécier. Ginger, lui, c'était quasiment du tout-cuit dès la première écoute !

GR3

Pas sûr que ce nouvel album de Roussel remporte lui aussi la Victoire de la Musique suprème (album) comme ce fut le cas de Ginger, mais Orpailleur n'en aurait pas besoin, en même temps. Musicalement, artistiquement, cet album est vraiment réussi, Gaëtan Roussel a vraiment du talent et confirme, ici, qu'il peut faire de grandes choses en solo. Ce n'est pas évident, déjà, de faire un deuxième album, ça l'est encore plus quand le premier a eu un tel succès, un tel retentissement. En apprenant que Roussel allait en sortir un bientôt, je me suis dit super, faut pas oublier de l'acheter, j'ai trop hâte, mais j'avais aussi un peu peur d'être déçu, ayant vraiment aimé Ginger. Au bout de trois écoutes (déjà ! On est, après tout, à même pas une semaine après la sortie de l'album, que j'ai acheté le jour-même), je peux d'ores et déjà affirmer deux choses : Orpailleur est meilleur que Ginger (parce que plus recherché et abouti, Roussel va plus loin), ce qui n'enlève cependant rien à ce dernier, et, deuxième chose : je le préfère nettement à Ginger, aussi. Après, est-ce que le disque va aller dans le temps, va durer, va faire date, je ne sais pas. L'an dernier, Raphaël m'avait scotché avec son Super-Welter, disque auquel on peut penser en écoutant Orpailleur. Je continue d'aimer Super-Welter, mais on peut parler de bide commercial, concernant ce disque, on n'en a pas beaucoup parlé (ce qui est dommage). Espérons que cet Orpailleur de très haute qualité ne connaisse pas lui aussi ce sort peu enviable, je ne peux que vous conseiller son écoute !

La Simplicité

Eolienne

Par-Dessus Tes Epaules

Cha Cha Cha

Poésie

Orpailleur

Matrice

Hum Hum Hum

Face Aux Etoiles

We Will Be Strong

La Barbarie