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Revoilou Brian Warner sur le blog. Brian Warner ? Céki ? Le fiston du big boss de la fameuse compagnie cinématographique ? Queue n'ainie (ah ah ah). Rien à voir, comme tout le monde le sait. C'est bien évidemment de Marilyn Manson que je veux parler ici, pour cet article, le troisième abordant, sur le blog, un des albums du bonhomme. Après Antichrist Superstar (1996), après Holy Wood (2000), place à un album sorti en 1998, soit pile poil entre les deux albums déjà abordés : Mechanical Animals. Un album assez long, mais moins que les deux autres : il ne dure que 62 minutes, pour 14 titres. Manson a fait un peu dans la sobriété ici, on oublie les 99 titres (dont plus de 80 d'une durée de 3 secondes...) d'Antichrist Superstar ! On sent d'ailleurs que Manson veut un peu faire oublier le scandale absolu et blasphématoire de son précédent opus, car Mechanical Animals, tout en étant brut de chez brut, est plus accessible, abordable et 'sage'. Même le livret est 'sage', pas d'imagerie gothique/satanique ici. On voit juste, sur le recto de pochette, Manson à poil, le corps recouvert d'une sorte de laque blanche (et avec un cache-sexe bien placé), un look éminemment androgyne, bowien, glam. Glam, tel est le maître mot de cet album, maillon central d'une trilogie d'albums (les deux autres sont, donc, Antichrist Superstar et Holy Wood) et assurément un des meilleurs albums d'un artiste controversé, scandaleux et que je ne porte pas particulièrement dans mon coeur et mon estime...mais je précise cependant que j'aime beaucoup cette trilogie d'albums, au moins (mais pas le reste de sa discographie, en revanche). Je reparle un petit peu du livret (agrafé et non pas dépliant, contrairement aux autres volets de la trilogie ; mais album commercialisé sous fourreau cartonné, comme les deux autres, en revanche) pour dire qu'il est usant : imprimé dans les deux sens de lecture (deux visuels de pochette différents, l'autre est ci-dessous), il propose les paroles des 14 chansons dans un ordre totalement chaotique, on tourne et retourne les pages dans tous les sens à chaque nouvelle chanson... Les paroles de chaque chanson sont bien dans l'ordre, comme il faut, mais on a la chanson 1 et la chanson 6 (je cite un exemple au pif, ce n'est pas nécéssairement la chanson 6 qui cotoîe la première dans le livret) sur la même page, puis, page suivante, les chansons, on va dire, 4 et 9, puis 12 et 3, et dans l'autre sens du livret, on a d'abord la chanson 2, puis la 5 ou la 8, etc... Usant. Connard de Manson ! A noter, le boîtier plastique, sous le fourreau, est teinté en bleu ; sans doute pour égayer un peu plus l'ensemble !!

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De l'autre côté du livret : le visuel de pochette alternatif

Musicalement, Mechanical Animals ne déroge pas à la sacro-sainte règle Mansonienne de faire du bruit bien industriel et heavy, à la Nine Inch Nails, avec des paroles bien cinglantes, sanguinaires, qui parlent de sexe, de drogues, de déviances... Néanmoins, on sent que l'album est moins barbare que les deux autres de la trilogie. Great Big White World, l'ouverture de l'album, est une fulgurance majeure, au refrain sensationnel (I wish you were queen, just for one day, ça reste immédiatement en tête et ne vous quitte plus ; et, bien évidemment, c'est une allusion à une certaine chanson de David Bowie, vous avez bien évidemment reconnue laquelle, hein ?), et plus 'doux' que ce que l'on pourrait attendre d'une ouverture d'album de Marilyn Manson. Après, oui, Posthuman (très technoïde !), User Friendly, The Dope Show, I Want To Disappear, Disassociative sont bourrines... Mais on a aussi des moments de 'calme relatif' comme Fundamentally Loathsome. On notera un morceau comme Coma White, final remarquable de l'album, à rapprocher d'un morceau au titre similaire se trouvant sur Holy Wood, l'album suivant de Manson (Coma Black). On notera aussi I Don't Like The Drugs (But The Drugs Like Me), qui compte assurément parmi les morceaux les plus mythiques du bonhomme avec, notamment, The Nobodies (sur l'album suivant) ou Mr. Superstar (sur le précédent). Entouré de ses musiciens habituels (Twiggy Ramirez, John 5, Madonna Wayne Gacy... Tous, Manson y compris, ont des pseudos en allusion à des serial-killers légendaires, comme John Wayne Gacy, Charles Manson...), Marilyn Manson est vocalement en très grande forme.

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Mechanical Animals n'est pas un disque que je conseillerai à un amateur de pop/rock calme et sans danger, mais si vous aimez le hard rock ou le rock industriel (généralement assez bourrin), si vous aimez les musiques assez extrêmes (encore qu'il y à plus extrême encore, notamment chez Manson), alors là, oui, je vous le conseille, si vous ne le connaissez pas déjà. J'ai mis du temps à aimer ce disque, tout comme Antichrist Superstar (Holy Wood, ce fut immédiat, l'ayant découvert plus tardivement), et si Holy Wood reste pour le moment mon préféré de cette remarquable trilogie mansonienne, Mechanical Animals est un pur régal, parfois très brutal (The Last Day On Earth, anthologique...), parfois relativement calme, et, dans l'ensemble, musicalement plus recherché que le précédent et le suivant, qui cherchent surtout à offrir des atmosphères lugubres et blapshématoires. Ici, entre rock industriel, heavy metal et glam (rien que la pochette donne le ton !), Marilyn Manson réussit un disque plus varié, accessible tout en étant assez space, et, vraiment, réussi de bout en bout. On ne s'emmerde jamais durant l'heure de musique qu'il contient ! A noter, pour finir, qu'au moment de rédiger la chronique d'Holy Wood, fin août dernier, je n'avais pas réécouté Mechanical Animals depuis facile un an et demi (si ce n'est deux ans), et que mon avis, à son sujet, était alors très sensiblement différent de maintenant ! Comme on le dit souvent, il n'y à que les cons qui ne changent pas d'avis...

Great Big White World

The Dope Show

Mechanical Animals

Rock Is Dead

Disassociative

The Speed Of Pain

Posthuman

I Want To Disappear

I Don't Like The Drugs (But The Drugs Like Me)

New Model N°15

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Fundamentally Loathsome

The Last Day On Earth

Coma White