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Nous sommes en 1989 et le grunge en est encore à ses premiers balbutiements. Ce n'est que deux ans plus tard que la vague déferlera à travers les Etats-Unis et le monde entier. Nirvana sort son tout premier disque, donc Bleach sous le label Sub Pop.
Kurt Cobain et les siens sont loin de se douter du phénomène qu'ils vont engendrer par la suite, avec Nevermind, qui sortira en 1991 et qui connaîtra un immense succès. D'ailleurs, en 1989, Nirvana n'est pas vraiment la priorité de Sub Pop.

L'enregistrement de ce tout premier disque se déroule dans la discrétion la plus totale. Financée pour à peine 600 dollars, la production de Bleach est suivie par une tournée de 19 dates à travers les Etats-Unis. Par la suite, et malgré une promotion quasi inexistante, Nirvana effectue quelques concerts en Europe. Nirvana commence à faire parler un peu de lui.
Hélas, le groupe connaît de nombreux changements de batteur à l'époque. A l'origine, Bleach devait s'intituler Too Many Humans, mais le groupe a peur d'être étiquetté comme une simple formation punk rock.

Le nom « Bleach » (« Eau de Javel ») leur vient finalement lorsqu'ils sont à San Francisco où ils voient des affiches préconisant l'utilisation d'eau de Javel pour nettoyer les seringues et ainsi éviter la propagation du SIDA. Bleach connaît donc un certain succès critique mais le disque se vendra surtout après la sortie de Nevermind. En 1991, Nirvana devient un véritable phénomène.
Les fans se précipitent alors sur leur premier disque. Bleach s'écoule à 1.9 millions d'exemplaires. La pochette est une photographie de Tracy Marrander, la petite amie de Kurt Cobain de l'époque, prise lors d'un concert.

En noir et blanc, violente et sobre, elle met en scène le leader et le bassiste du groupe jouant de leur instrument et Jason Everman, bondissant sur le devant. D'une durée de 42 minutes et trente secondes environ, Bleach se décompose en 13 titres.
Il s'agit également de l'album studio le plus court de Nirvana. C'est aussi le moins bon. Attention, Bleach est loin d'être un mauvais disque pour autant. Clairement, Kurt Cobain et les siens cherchent encore leur son et hésitent entre gros rock, punk et des moments beaucoup plus calmes.

Mais déjà, Bleach contient plusieurs grands classiques, entre autres, Blew, About a girl ou encore School. Certes, la production, très modeste par ailleurs, fait penser à un groupe qui aurait enregistré dans son garage. Mais indéniablement, Bleach possède un certain potentiel.
C'est aussi un disque sous-estimé, pas forcément dément (on est loin de la qualité d'In Utero par exemple). En même temps, le groupe en est encore à ses débuts. Reste que Bleach se révèle profondément attachant.

On sent que Kurt Cobain a mis ses "couilles" sur ce disque et que l'enregistrement s'est déroulé dans la souffrance, tout du moins, d'un point de vue financier. Sur le fond, Bleach est un album plus punk que véritablement grunge. Kurt Cobain semble bercé par plusieurs influences.
Bleach n'est pas sans rappeler certaines livraisons des Melvins, un groupe régulièrement cité par Cobain parmi ses favoris. Simple, efficace et sans concession, Bleach reste un disque assez agréable à écouter. Toutefois, rien d'exceptionnel non plus. Clairement, l'arrivée de Dave Grohl par la suite va apporter ce petit plus qui manque (parfois) cruellement à ce disque. En deux mots: pour fans. Ce n'est pas un album indispensable non plus.

Liste des titres:

Blew
Floyd the barber
About a girl
School
Love Buzz
Paper cuts
Negative Creep
Scoff
Swap Meet
Mr. Moustache
Sifting
Big Cheese
Downer