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Vous l'avez sûrement constaté: depuis quelques temps, il est beaucoup question de grunge, d'Alice In Chains et de Jerry Cantrell sur ce blog ! Vous aimez le grunge et surtout Alice In Chains ? Alors, clairement, vous allez en bouffer ! Aujourd'hui, je vous propose de décortiquer le deuxième album solo de Jerry Cantrell, à savoir Degradation Trip, sorti en 2002.
Après un premier album solo encourageant, donc Boggy Depot, sorti en 1998, Alice In Chains est toujours en stand-by. Jerry Cantrell dément les rumeurs de séparation. En même temps, le guitariste et la seconde voix du groupe de Seattle commence à désespérer les longues absences de Layne Staley, trop camé pour enregistrer un hypothétique quatrième album ou réaliser le moindre concert.

Le cul entre deux chaises, Jerry Cantrell entame une carrière solo, histoire de faire patienter les fans. Degradation Trip sort dans un contexte particulier. En effet, ce deuxième effort doit sortir en avril 2002. Hélas, le même mois, le cadavre de Layne Staley est retrouvé dans son appartement de Seattle. La sortie de Degradation Trip est évidemment repoussée.
L'album est également dédié à la mémoire du chanteur. Certes, Layne Staley est mort mais son fantôme hante ce disque, souvent considéré par les fans comme le quatrième album d'Alice In Chains. Quant à Jerry Cantrell, le musicien a beaucoup souffert durant la conception de Degradation Trip: plus de maison, plus de groupe, plus de femme, plus d'argent... Bref, bienvenue dans Degradation Trip !

Psychotic Break ouvre les hostilités. Contrairement à Boggy Depot, qui cherchait parfois à explorer d'autres facettes musicales, Degradation Trip affiche d'emblée sa tonalité. C'est du Alice In Chains, quoi. Sauf qu'il n'y a plus Layne Staley.
Introduction ravageuse et refrain qui ne l'est pas moins, Jerry Cantrell est de retour et propose une chanson à la fois rageuse, plombée et définitivement torturée. Psychotic Break est tout simplement une excellente entrée en la matière. Par contre, aucune surprise au tableau de bord ! Encore une fois, c'est du Alice In Chains pur jus !

Bargain Basement Howard Hughes: un titre assez long et dur à prononcer, mais quel titre ! En quelques mots, Bargain Basement "Mes Couilles" (désolé, j'essaie de mettre un peu d'humour dans un album aussi noir) se situe dans la tonalité de son prédécesseur.
Encore une fois, il s'agit d'un morceau sombre, torturé aux riffs plombés et aux guitares saturées. Au passage, j'en profite pour souligner que vous lirez souvent les expressions "plombé", "torturé" et "saturé". Du Alice In Chains pur jus en somme !

Anger Rising ou l'ange en train de monter au ciel. Allusion plus que claire et directe à Layne Staley. Contrairement aux deux morceaux précédents, Anger Rising ralentit un peu la cadence, mais le son d'Alice In Chains est toujours présent.
Au niveau de la tonalité, Anger Rising oscille entre des moments plus calmes voire parfois acoustiques, et des moments beaucoup plus metal et torturés. Dans son genre, Anger Rising est tout simplement une grande réussite. La troisième sur ce disque.

Angel Eyes: avec Angel Eyes, Jerry Cantrell poursuit son hommage à Layne Staley. Si Anger Rising était déjà brillant, Angel Eyes se révèle encore plus abouti et réussi. Angel Eyes est également un morceau poignant, écrit et composé avec les tripes.
Très sincèrement, je ne comprends pas certains détracteurs qui considèrent ce morceau (voire l'album dans son intégralité) comme du "sous-Dirt".

Solitude est probablement le morceau le plus calme mais aussi le plus mélancolique de Degradation Trip. C'est aussi un titre assez difficile d'accès. Il vous faudra plusieurs écoutes pour l'apprécier sur la durée. Pourtant, l'évidence se fait encore une fois rapidement.
Solitude vient s'ajouter aux nombreuses réussites de l'album. La voix de Jerry Cantrell est vraiment touchante et bouleversante. 

Mother's Spinning in Her Grave (Glass Dick Jones) est un titre particulièrement entêtant, qui vous poursuit très longtemps après son écoute. J'adore l'introduction et les nombreux passages à la basse pour mieux accélérer par la suite, via un refrain très metal, plombé et torturé. Bref, Jerry Cantrell fait ce qu'il sait faire le mieux, donc du Alice In Chains.

Hellbound sera choisi comme second single pour représenter Degradation Trip, le premier étant She Was My Girl. C'est d'ailleurs un choix un peu surprenant. Franchement, vu la dose de titres excellents sur ce disque, Hellbound apparaît comme un titre certes plus qu'honorable, mais qui fait un peu office de remplissage. Ensuite, Hellbound est assez long et s'étale sur une durée de 6 minutes et 45 secondes. A la rigueur, Jerry Cantrell aurait pu se dispenser de ce titre et le refourguer sur Degradation Trip Volume 1 § Volume 2. Toutefois, attention, ce n'est pas un titre honteux non plus, loin de là, mais c'est sûrement le ou l'un des morceaux que j'aime le moins.

Give It a Name: retour au calme avec Give It A Name qui, après Solitude, est sans aucun doute le titre le plus calme et le plus mélancolique de Degradation Trip. Encore une fois, le refrain et la voix de Jerry Cantrell prennent littéralement les tripes.
Plutôt court (enfin, quatre minutes quand même), Give It A Name marque également un moment de pause dans Degradation Trip, surtout après les tempêtes que forment Mother's spinning in her grave et Hellbound.

Castaway: Gloups... J'ai avalé de travers... Par là, comprenez que Castaway est un morceau sombre, sombre, sombre, mais sombre... A tel point qu'il serait difficile de décrire la noirceur totale et la mélancolie terminale de Castaway.
D'ailleurs, il m'a fallu du temps pour l'apprécier. Castaway s'adresse avant tout aux fans d'Alice In Chains et aux initiés. Clairement, Castaway n'a rien à envier à la noirceur d'un titre comme Frogs, présent sur l'album éponyme.

She Was My Girl sera le tout premier single choisi pour représenter Degradation Trip. Contrairement à Hellbound, c'est un excellent choix. C'est aussi le ou l'un des morceaux les plus accessibles du disque. Force est de constater que She Was My Girl possède (encore une fois) un refrain entêtant et d'une redoutable efficacité. Du tout bon, donc ! 

Chemical Tribe est tout comme Castaway un titre étrange et plutôt inaccessible. Morceau très noir et dans la grande tradition d'Alice In Chains, Chemical Tribe est loin d'appartenir à mes favoris. D'ailleurs, personnellement, je le place au même niveau que Hellbound.
Sans pour autant être mauvais, loin de là, Chemical Tribe n'a rien d'extraordinaire non plus et fait surtout office de remplissage.

Spiderbite fait partie des gros titres de Degradation Trip. Toutefois, attention, dans son genre, c'est du lourd ! Même remarque que pour Castway, Spiderbite s'adresse avant tout aux initiés. Il s'agit donc d'un titre difficile d'accès, encore une fois, dans la pure tradition d'Alice In Chains.
Lourd, mélancolique, torturé, sombre et désespéré, Spiderbite est sans aucun doute le titre la plus noir de Degradation Trip. Il m'a fallu du temps pour l'apprécier mais aujourd'hui, il fait partie de mes grands favoris.

Locked On se situe dans la tonalité de ses prédécesseurs. Au risque de me répéter, c'est du Alice In Chains, mais sans Layne Staley. Franchement, Jerry Cantrell devait vraiment être au fond du trou pour composer des morceaux aussi sombres à l'époque.
Sinon, je n'ai pas grand chose à rajouter sur Locked On, si ce n'est que c'est un bon morceau, tout du moins, dans la lignée de Degradation Trip.

Gone: Retour au calme et à l'acoustique pour conclure Degradation Trip. Gone est encore une allusion directe à Layne Staley. Il s'agit également d'une balade poignante, bouleversante et qui ressemble bel et bien à un chant d'adieu, même si Jerry Cantrell donnera une suite à Alice In Chains après la mort de Staley.

Voilà pour les grandes lignes de Degradation Trip ! Clairement, ce second album solo mérite beaucoup mieux que l'indifférence générale et n'a pas à rougir de la comparaison avec les précédents disques d'Alice In Chains. Hormis deux titres, donc Hellbound et Chemical Tribe, qui font office de remplissage, Degradation Trip est tout simplement irréprochable.
Mieux encore, il s'agit d'un excellent disque à l'univers plombé, désespéré et torturé. Clairement, Jerry Cantrell a souffert pour composer cet album... Enormément souffert... Impossible de ne pas être touché par ce personnage et par ce qu'il véhicule à travers ses chansons, à savoir cette âme supplémentaire qui fait le talent d'un artiste et/ou d'un grand groupe. D'ailleurs, Jerry Cantrell reprendra les choses en mains en 2005. Le retour d'Alice In Chains sera vivement critiqué.
Le groupe donnera la meilleure des réponses avec Black Gives Way To Blue et dernièrement, The Devil Put Dinosaurs Here. Jerry Cantrell a décidé qu'Alice In Chains ne se tairait plus, plus jamais...