Foo-Fighters-There-Is-Nothing-Left-to-Lose

Après la mort de Nirvana et surtout celle de Kurt Cobain, Dave Grohl poursuit sa carrière musicale. Après un premier album éponyme de grande qualité, le chanteur et guitariste a prouvé qu'il n'était pas qu'un simple faire-valoir. Il va donc falloir compter les Foo Fighters parmi les grandes formations rock du moment, d'autant plus que le groupe a confirmé tous les espoirs placés en lui avec leur seconde livraison, The Colour and the Shape.
Plutôt prolifique, Dave Grohl et sa bande sont donc de retour deux ans plus tard, donc en 1999, avec There Is Nothing Left To Lose.

Pour l'anecdote, ce nouvel album est marqué par le départ du guitariste Pat Smear en 1997. Franz Stahl, ancien guitariste de Scream, devient le temps d'une tournée membre des Foo Fighters. C'est finalement sans ce dernier, mais bien à trois, qu'ils enregistrent There Is Nothing Left to Lose. Chris Shiflett complète le groupe pendant une tournée.
La pochette du disque est pour le moins anecdotique puisqu'on y voit une nuque tatouée sur laquelle est inscrite "FF", comme Foo Fighters.

Ce troisième effort se décompose en 11 titres et s'étale sur une durée de 46 minutes et 30 secondes environ. Il ne faut pas l'oublier: après la mort de Nirvana, Foo Fighters constitue la nouvelle référence rock des années 90. Les disques du groupe se vendent très bien.
L'effet Nirvana est toujours présent, d'autant plus que le son des Foo Fighters surfe sur la vague grunge, tout en mélangeant habilement gros rock, singles en puissance et rock alternatif. Pourtant, malgré leurs qualités, les Foo Fighters n'est pas vraiment un groupe à part entière.

Clairement, Dave Grohl semble porter cette formation à lui tout seul. Les singles des différents disques visent avant tout l'efficacité. Reconnaissons que cette formule fonctionne plutôt bien. Paradoxalement, en dehors du premier album, les disques des Foo Fighters se révèlent assez impersonnels dans l'ensemble. En résumé, les Foo Fighters n'est pas un groupe particulièrement attachant.
Force est de constater que la formule est peu ou prou la même: trois ou quatre chansons hyper efficaces, deux ou trois autres morceaux sympathiques mais sans réelle saveur et quatre autres titres qui font office de remplissage.

There Is Nothing Left To Lose est la parfaite caricature de cette formule éculée. Certes, Stacked Actors, qui ouvre les hostilités, est un putain de single, le genre de chanson qui fait secouer la tête. Oui, l'album contient plusieurs titres d'une grande efficacité, entre autres, Generator, Aurora ou encore Learn To Fly. Mais There Is Nothing Left To Lose contient également des morceaux un peu gênants, notamment vers la fin qui, sans être forcément mauvais, sont un peu quelconques.
En résumé, There Is Nothing Left To Lose est un disque terriblement formaté.

Sur le fond, le disque est un peu trop propre, notamment au niveau de la production, pour susciter l'adhésion sur la durée. Ensuite, les morceaux sont assez répétitifs, à tel point que l'on a parfois l'impression d'écouter plus ou moins le même titre, même si certaines balades (par exemple, Aurora) viennent ralentir un peu la cadence.
Certes, les fans des Foo Fighters apprécieront sans aucun doute cette troisième livraison. Les autres commenceront peut-être à se lasser de cette musique certes efficace, mais qui manque singulièrement de fraîcheur. Clairement, Dave Grohl est un musicien et un compositeur compétent. Hélas, il manque aux Foo Fighters la présence d'un grand nom, comme un Jerry Cantrell ou un Josh Homme, capable d'apporter cette âme supplémentaire qui fait la réputation d'un grand groupe.
Et c'est exactement ce qui manque à ce disque assez quelconque mais pas honteux non plus.

Liste des titres:

Stacked Actors
Breakout
Learn to fly
Gimme Stitches
Generator
Aurora
Live-In Skin
Next years
Headwires
Ain't it the life
M.I.A.