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Comme vous avez pu le constater, Rock Fever évoque beaucoup le groupe Sparklehorse depuis quelques temps. Véritable coup de coeur pour Clash (je pense ne pas me tromper en parlant de "coup de coeur") et nouveau classique en devenir pour notre ami Buckley, Sparklehorse reste encore aujourd'hui (et hélas) un groupe beaucoup trop méconnu... Enfin... Groupe... Le mot est grand puisque c'est le génial Mark Linkous qui se trouve derrière toutes les compositions, même si ses potes et des musiciens l'accompagnent sur ses disques. Aujourd'hui et depuis 2010, Mark Linkous, alias Sparklehorse, appartient désormais au passé.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le compositeur a rendu l'âme en se tirant une balle en plein coeur. Mark Linkous était âgé de 47 ans. Silence... Mark Linkous laisse derrière lui une discographie riche de cinq disques: Vivadixiesubmarinetransmissionplot, Good Morning Spider, It's A Wonderful Life, Dreamt for light years in the belly of a mountain et Dark Night of the soul.
Le dernier disque cité est avant tout une collaboration entre Sparklehorse, Danger Mouse et le réalisateur David Lynch. Cet album est aussi un prétexte pour réunir toute une floppée d'artistes aux noms prestigieux (Flaming Lips, Franck Black, Vic Chessnut, Suzanne Vega et j'en passe !).

Triste ironie du sort, Dark Night of the Soul sortira quelques mois après la mort de Mark Linkous. En ce sens, il constitue la dernière épitaphe de ce musicien de génie. Néanmoins, Dreamt For Light Years in the Belly of a Mountain, sorti en 2006, est sans aucun doute l'album testament de Sparklehorse. Premier constat: l'artiste a le chic pour sortir des albums avec des titres super longs et difficiles à prononcer. La palme revient évidemment à Vivadixiesubmarinetransmissionplot.
Si vous n'avez pas éternuer en le prononçant, c'est que vous n'êtes pas humain ! A la rigueur, It's a wonderful life, titre plutôt court, fait bien sûr exception.

Dreamt for light years... fait suite au terrible It's Wonderful Life, encore plus cafardeux que les précédentes livraisons de Sparklehorse, qui brillaient déjà par leur mélancolie terminale. Cinq ans ont passé depuis It's a wonderful Life.
Cinq années pour le moins terribles puisque Mark Linkous a vécu une dépression sévère, minée par l'alcool et la drogue. Le compositeur pense sérieusement à mettre un terme à sa carrière. Heureusement, ses amis le soutiennent et lui suggèrent de se remettre à l'écriture. C'est ce que fait Linkous afin de mettre en musique ses douleurs et ses cicatrices du passé.

En résulte Dreamt for Light Years in the Belly of a mountain. C'est le quatrième disque de Sparklehorse et c'est aussi le plus beau. Oui, je sais... Dernièrement, sur la chronique de It's a wonderful life, je parlais du sommet du groupe.
Très sincèrement, j'avoue hésiter entre le dernier disque mentionné et Dreamt for light Years... Si quelqu'un me mettait un couteau sous la gorge et une pompe à vélo dans le derche (pour ne pas dire dans le fion) en me disant: "Alors, tu dois choisir entre It's a wonderful life et Dreamt for Light Years...", j'avoue que je serais très embêté et pour le moins indisposé (déjà au niveau de l'anus).

Plus sérieusement, après un premier disque de grande qualité, un deuxième d'excellente facture, un troisième album qui s'apparente bel et bien à un chef d'oeuvre, on se demandait si Mark Linkous n'allait pas connaître une petite baisse de régime.
Ce qui arrive à tout artiste, même aux meilleurs. Pas chez Linkous. Vous l'avez donc compris: Sparklehorse signe à nouveau un disque superbe, d'une tristesse absolue mais d'une beauté époustouflante.

Personnellement, j'aime beaucoup la pochette du disque, assez psychédélique en l'occurrence, puisqu'elle représente la tête d'un bébé affublée d'une couronne. Le moutard porte également une robe très longue, au bout de laquelle se trouvent six pieds.
Cette pochette fait également référence aux précédents disques de Sparklehorse puisqu'on y reconnaît le clown de Vivadixiesubmarine... et l'oiseau de Good Morning Spider. En vérité, il s'agit d'un dessin ou alors d'une peinture. La main droite du bébé tient une feuille (ce qui est probablement une référence à l'abum It's a wonderful life) et la main gauche tient une pomme.

Certes, Mark Linkous clamsera quatre ans après la sortie de Dreamt for light Years... Pourtant, impossible de ne pas y voir un album testament tant la mort, la douleur et le mal de vivre sont omniprésents de ce disque.
Pourtant, à l'époque, Mark Linkous est encore vivant. Après les ténèbres, vient la lumière (le morceau See the light)... Tout du moins pour peu de temps... Moins expérimental que le premier disque et plus accessible que It's a wonderful life, Dreamt for light Years... s'ouvre sur le magnifique Don't take my sunshine away.

Clairement, ce disque contient un grand nombre de chansons qui auraient tout à fait leur place sur les ondes radios. Que ce soit le superbe Shade § Honey, Ghosts in the sky, la balade Morning Hollow à tomber par terre (non, je n'exagère pas), Some Sweet Day ou encore It's no so hard (encore une fois, il faudrait citer tous les morceaux !), Sparklehorse termine sa carrière avec un album parfait, lyrique, poètique et totalement bouleversant.
Enfin, le disque se conclut sur le morceau titre qui, à priori, devait annoncer un retour à des heures moins obscures. Aussi paradoxal que celui puisse paraître, la chanson est d'une noirceur absolue. D'ailleurs, elle ne comporte aucune parole. C'est toute la tristesse de Mark Linkous qui transpire. Que dire de plus ? Ah si, vous pourrez écouter le morceau-titre en cliquant sur le lien suivant: http://www.youtube.com/watch?v=TgcIdlO0V9o Le morceau dure plus de 10 minutes mais quelle claque, franchement, quelle claque !

Chronique complémentaire de ClashDoherty :

Avec cet article, tous les albums de Sparklehorse auront été abordés, et j'y aurai été de mon petit pissou sur chacun d'eux (chronique principale pour Good Morning Spider, chronique complémentaire pour les autres). Sorti en 2006, Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain (chapeau le titre à rallonge qui ne donne pas vraiment envie d'écouter le bordel) est le quatrième album de Sparklehorse, le dernier sorti du vivant de Mark Linkous (thinking head du 'groupe', dont il est grosso merdo l'unique vrai membre), qui s'est suicidé en 2010. Peu après son suicide, sortait Dark Night Of The Soul, disque fait en collaboration avec le producteur Danger Mouse, et avec une vraie fuckitude de stars telles Iggy Pop, Julian Casablancas, David Lynch ou Suzanne Vega. Quatre ans avant, Sparklehorse bossera déjà avec Danger Mouse, pour quelques unes des chansons de cet ultime album sorti du vivant de son leader. Long de quelques 53 minutes, Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain (qui se traduit à peu près par 'avoir rêvé d'années-lumière dans le ventre d'une montagne') est un disque dans la grande tradition sparklehorsienne, à savoir amis de chansons joyeuses, fuyez, sans jamais vous retourneeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerrrrrrr... (dit-il en hurlant, mais sa voix se perdit dans le lointain, il faut dire qu'il y avait du vent, ce soir-là)

Autrement dit, c'est pas joyeux. Mais putain de sa race de caleçon fleuri et à pois jaunes, que c'est beau ! L'album se finit sur un coup d'éclat instrumental de 10 minutes donnant son nom à l'album (ou l'inverse), et rrrrrrrrien que ce morceau final suffit à faire de l'album une vraie pépite, sans doute un des tous meilleurs albums de 2006. 12 pépites sur cet album, certaines sont un peu rock, mais dans l'ensemble, c'est du bon vieil allume-gaz made in j'me sens pas bien, vous pouvez me croire, Linkous a eu une vie assez difficile, des mauvais moments en pagaille (ça devait être dur, pour lui, de faire le Top Five de ses pires moments), sinon, pourquoi se serait-il suicidé, hein ? De Don't Take My Sunshine Away à l'instrumental-titre pianistique et beau à pleurer dans sa bière en cannette, tout est beau, ici. Ghost In The Sky, Mountains, See The Light, Knives Of Summertime ('les couteaux de l'été', oh putain, comment qu'il voit cette belle et chaude saison, lui...), Morning Hollow, Getting It Wrong... Tout, j'vous dit.

J'ai essayé de mettre un peu d'humour dans la chronique histoire de contrebalancer un peu le fait que Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain n'est clairement pas un disque drôle, vous risquez de vous sentir tout chose en l'écoutant (si jamais vous vous êtes fait rayer le casque ou venez de vous récolter un PV, ne l'écoutez pas, ça n'ira pas mieux). Mais derrière la profonde tristesse, la noirceur dépressive, on sent vraiment la beauté majestueuse des arrangements, des voix (celle, fragile, de Linkous, des voix féminines, aussi)... A noter, la participation, sur un titre (ou deux, je ne sais plus), de Tom Waits au piano ! Pour résumer, mais Alice In Oliver a encore une fois tout dit là-haut, c'est vraiment un splendide album à découvrir absolument.

Don't take my sunshine away
Getting it wrong
Shade and Honey
See the light
Return to me
Some Sweet day
Ghosts in the sky
Mountains
Morning Hollow
It's not so hard
Knives of summertime
Dreamt for light years in the belly of a mountain