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Non, ce n'est pas parce que ce mec partage le même prénom que moi que j'ai acheté (un peu tardivement : je l'ai en effet acheté il y à deux semaines, or l'album date d'il y à 11 berges...) cet album. L'artiste ? Damien Rice, un chanteur et musicien (il joue de pas mal d'instruments, essentiellement guitare, basse et claviers) irlandais, un artiste folk intimiste, très intimiste, et dont ce disque est le premier album. Sorti, en 2002 (vu que c'était il y à 11 ans, comme je l'ai dit), l'album possède une pochette très sobre et intimiste, austère même, qui ne donne pas spécialement envie d'écouter l'album : blanc cassé, avec deux personnages dessinés et les inscriptions you et me au-dessus de chacun d'eux. La pochette, cartonnée, s'ouvre, et l'intérieur est pour le moins sobre, c'est blanc cassé, sans rien, aucune inscription, pas de motif, R.I.E.N., quoi. A quoi ça sert de faire une pochette ouvrante dans ce cas... Le titre de l'album est lui aussi très sobre et à part : O. O, tout simplement. L'album offre 10 chansons pour un peu plus d'une heure, et le dernier est long de 21 minutes car il offre une paire de titres bonus après des minutes de silence. L'album est du genre à ne pas écouter si on a un trajet autoroutier à faire de nuit, genre Paris-Lyon, et qu'on est du genre à s'endormir à chaque berceuse. Comprenez que c'est pas du nerveux-nerveux, quoi.

DR2

Mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas joli, oh que non. Avant d'acheter l'album, je connaissais Rice de nom et l'album de visu (l'ayant déjà vu dans des magasins ou sur le Net), et je connaissais déjà une des chansons présentes ici, Cold Water, probablement ma préférée avec la première (Delicate), et chanson (Cold Water) se trouvant dans la bande originale du film Les Petits Mouchoirs de Canet (elle colle d'ailleurs bien à la scène dans laquelle Canet l'a placée, pas la scène la plus follement joyeuse du film). Tout l'album est de ce genre de folk intimiste, vaguement dépressif (clairement, O n'est pas joyeux ; ce n'est pas du Sparklehorse, mais par moments, ça y ressemble quand même un peu), voix fragile, arrangements sobres (enfin, parfois luxuriants aussi : Amie, par exemple, rappelle le meilleur de Nick Drake période Five Leaves Left/Bryter Layter), alternance sublime de voix entre Damien Rice et Lisa Hannigan, musiciens très bons, ambiance acoustique et triste à souhait... Les chansons sont dans l'ensemble toutes sublimes : Volcano, Older Chests, I Remember, Eskimo, The Blower's Daughter (je trouve que le 'refrain' de la chanson puise un peu trop sur le Can't Take My Eyes Off Of You de Frankie Valli, cependant...), Cannonball...

DR3

Voici donc un très bon album. Je ne sais pas ce que vaut l'album suivant de Damien Rice (qui s'appelle 9), mais je sais que ce premier opus, O, est vraiment une belle petite réussite dans son genre, à ne pas écouter trop souvent pour ne pas s'en lasser, mais si vous aimez ce genre de musique à la Nick Drake/Syd Barrett (sans la folie et le psychédélisme)/Leonard Cohen, vous devriez apprécier cet album. Dommage que le dernier titre soit si long, même si l'ensemble des 21 minutes comprend la chanson plus du silence, plus des titres bonus (qui sont pas mal, mais pas aussi excellents que le reste). En résumé, un disque très très beau, à part, qui distille une atmosphère assez incomparable, bucolique, triste, mélancolique. Et quelle voix, aussi ! Sobre, élégante, pas la plus grande voix qui soit, mais elle colle bien au style des chansons, un peu comme Jacco Gardner ou Nick Drake.

Delicate

Volcano

The Blower's Daughter

Cannonball

Older Chests

Amie

Cheers' Darlin'

Cold Water

I Remember

Eskimo