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Claviériste de Pink Floyd, Rick Wright n'aura fait que deux albums solo : Wet Dream en 1978 (aussi l'année du premier album solo de David Gilmour, guitariste du Floyd !) et Broken China, ce disque, en 1996. Il est mort en 2008 et malgré ces deux albums, sera resté malheureusement dans l'ombre des trois ténors du groupe, Syd Barrett le Diamant Fou, Roger Waters le dictateur de poche (qui a viré Wright en 1981) et David Gilmour le brave et gentil guitariste (qui collaborera avec Wright, en album et concerts). Wright aura eu au moins la joie de rejouer avec le groupe pendant les tournées 1988, 1995 et, en 2005, pendant le Live-8, dernière reformation (et au complet, Barrett excepté évidemment) du Floyd (ce fut l'évênement majeur de ce gigantesque concert caritatif et mondial organisé par Bob Geldolf, aussi organisateur du mythique Live Aid originel de 1985). Enregistré, comme son premier album, en France (dans son studio personnel, Studio Harmonie ; le premier opus, lui, fut fait à Super Bear, à Berre-Les-Alpes, dans les Alpes Maritimes, là où le Floyd fera The Wall), Broken China est donc le deuxième album solo de Rick Wright. Tout comme son premier album, il n'obtiendra que peu de succès à sa sortie, peu de retentissement médiatique. Très discret en général, Wright n'a jamais bénéficié du même statut que Roger Waters ou David Gilmour (ou même Syd Barrett). Quant au batteur du Floyd, Nick Mason, n'en parlons pas, il a eu le pot de refaire parler de lui via son autobiographie du groupe (un remarquable livre, très drôle), mais sa carrière solo n'a pas décollé, et n'est d'ailleurs pas vraiment une carrière solo (les quelques rares albums qu'il a fait sont tous en collaboration).

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Pour Wright (qui ne fait participer aucun membre du Floyd ici, pas même Gilmour avec qui il a toujours eu des relations privilégiées ; bah alors, Rico ?), Broken China sera le dernier album solo. Je ne crois pas qu'il jouera sur scène pour promouvoir ces chansons. Discret, le mec, et réaliste ; 1996 est l'année de peu de disques majeurs (Odelay de Beck en est un, cependant), mais ça ne veut pas dire que Broken China avait, rétrospectivement parlant, ses chances. Le disque a été enregistré avec des pointures, cependant : Tim Renwick, Steve Bolton et Dominic Miller aux guitares (Renwick a collaboré, en live, avec le Floyd de la période post-Waters), Pino Palladino à la basse, Manu Katché à la batterie, Anthony Moore aux programmations, Sinéad O'Connor au chant sur deux titres, Sian Bell est au violoncelle, Max Palladino aux choeurs, Kate St John au cor anglais et hautbois, et, bien évidemment, Wright chante, joue des claviers, et fait aussi un peu de programmations. L'album est produit par Wright et Anthony Moore, mixé par James Guthrie (qui a bossé avec le Floyd), la pochette est signée Storm Thorgeson et rappellera des souvenirs émus aux fans du groupe et de l'album Wish You Were Here...Long de 59 minutes, Broken China offre 16 titres, regroupés en quatre blocs de quatre titres (tous ne sont pas chantés). Il ne s'agit pas forcément d'une séparétion pour le vinyle, car je ne sais pas si l'album fut publié sous ce format ; mais l'album, conceptuel, possède quatre parties, tout simplement. Le thème de l'album est la dépression et la sortie de dépression de la femme de Wright, Mildred. L'ambiance est, tout du long, très floydienne, logique, vu que c'est un disque d'un ancien membre du groupe.

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Difficile de parler de l'album en en séparant les morceaux. Et vous m'excuserez aussi (et si vous ne voulez pas m'excuser, pas grave) de ne pas proposer de clips en bas d'articles, je n'en ai pas trouvé de viables sur le Net (à savoir, hormis des versions live de qualité sonore médiocre, ou ne rendant pas vraiment compte de la chanson originale, ou des interviews de Wright au sujet de l'album ou de sa carrière...). L'album offre de vraies merveilles, comme Night Of A Thousand Furry Toys, Breakthrough (chantée par Sinéad O'Connor et sa remarquable voix ; si vous ne connaissez pas trop la carrière de l'Irlandaise au crâne rasé, écoutez donc I Do Not Want What I Haven't Got de 1990, les gars !), Satellite, Woman Of Custom ou Far From The Harbour Wall. Certains titres sont courts (Drowning, Interlude, Breaking Water, Blue Room In Venice), certains sont instrumentaux, d'autres chantés, tous sont sublimes et font de ce disque méconnu et même oublié (sauf des fans) un petit joyau qui mérite amplement la découverte. 12 ans plus tard, Wright nous quittait... Il laisse, outre Pink Floyd, deux albums solo vraiment bons, dont le meilleur indéniablement reste Broken China (ce qui n'enlève rien à Wet Dream, cependant). Magnifique !

Breaking Water

Night Of A Thousand Furry Toys

Hidden Fear

Runaway

Unfair Ground

Satellite

Woman Of Custom

Interlude

Black Cloud

Far From The Harbour Wall

Drowning

Reaching For The Rail

Blue Room In Venice

Sweet July

Along The Shoreline

Breakthrough